Francky Mbotto

Une photo souvenir de choix pour Francky Mbotto avec la légende Usain Bolt (Photo Francky Mbotto).

 

Le Franco-Centrafricain Francky Mbotto était au départ hier des séries du 800 m des Jeux olympiques. Une compétition que le Breton d’adoption vit comme un rêve alors qu’il n’a débuté l’athlétisme que depuis 18 mois. Récit.

Même en rêve il n’aurait jamais pu imaginer ça. Hier (12 août) aux alentours de 16h (heure française), Francky Mbotto a pris le départ de la série 7 du 800 m des Jeux olympiques aux côtés, entre autres, du recordman de France Pierre-Ambroise Bosse et du champion du Monde 2013 Mohammed Aman. Un rêve pour la plupart des demi-fondeurs de son âge. Mais pour lui c’était bel et bien la réalité.

Moins de 1’52 au 800 m pour aller aux JO

Car, depuis deux mois, le Franco-Centrafricain Francky Mbotto vit dans les étoiles. Parmi les meilleurs juniors français (8e au bilan national sur 800 m) après seulement 18 mois d’athlétisme, le Breton d’adoption (il a vécu jusqu’à l’âge de 11 ans en République centrafricaine avant d’arriver en France à Ploufragan) s’est vu proposer une sélection aux Jeux olympiques par son pays d’origine au courant du mois de juin. « Après avoir couru 1’53 (1’53’’20 le 15 juin), j’ai eu un petit article dans le Ouest-France, explique Francky Mbotto. De là, cela a été relayé sur les réseaux sociaux et c’est remonté jusqu’au président de la Fédération centrafricaine. »

Celui-ci lui demande s’il serait intéressé pour représenter la République centrafricaine aux Jeux olympiques. Mais pour cela, l’élève de Vincent Le Dauphin (10e des Jeux olympiques d’Athènes sur 3 000 m steeple) à l’UA des Côtes d’Armor doit courir moins de 1’52. « Il fallait que je montre que j’étais le meilleur car un autre athlète était déjà sur la liste. Vincent m’a amené dans une course en Belgique (Courtrai le 9 juillet) et tout s’est déroulé parfaitement (1’50’’84). » Tellement parfait, que le 5 août dernier, Francky Mbotto a défilé avec sa délégation de la République centrafricaine (composée de six sportifs dont 2 en athlétisme, 2 en natation, 1 en boxe et 1 en taekwendo) lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. « J’ai la chance de pouvoir profiter de l’ensemble des Jeux olympiques, savoure-t-il. Je suis même passé à la télévision ! »

Manger avec Justin Gatlin

Logé dans l’un des appartements du village olympique avec, entre autres, les sélections camerounaise, autrichienne et iranienne, ce dernier vit l’aventure pleinement. « Le village c’est très convivial. J’ai vu tout le monde ! Que ce soit Teddy Riner (judo), Tony Parker (basket) ou Nikola Karabatic (handball). Et encore, je dois louper pas mal de stars d’autres pays car je ne connais que les Français. »

Par contre, pour ce qui est des stars de l’athlétisme mondial, son radar n’a rien loupé. « J’ai croisé plusieurs fois David Rudisha (recordman du Monde du 800 m) que ce soit au self ou sur le stade d’entrainement. Il est très abordable. Et j’ai pu manger en face de Justin Gatlin (champion olympique du 100 m en 2004). » Même le maître Usain Bolt ne lui a pas résisté. « Mon entraineur connaît le manager d’Usain Bolt donc j’ai pu négocier une photo avec lui. »

« Je n’ai pas couru à mon niveau »

Evidemment, Francky Mbotto était avant tout venu pour courir. Et de ce côté là, tout ne s’est pas passé comme il l’avait souhaité. « J’espérais une course rapide pour pouvoir battre mon record, regrette-t-il. Mais devant ç’a temporisé avant de relancer. Je suis déçu par rapport au chrono. Je n’ai pas couru à mon niveau. » Malgré sa septième place en 1’52’’97, Francky Mbotto préférait retenir le positif. « C’est un rêve qui se réalise. J’ai eu l’opportunité de courir avec des champions. »

Un champion qu’il souhaite devenir dans les années futures . « Pour le moment j’ai la confiance de ma Fédération. Mais mon but, dès l’année prochaine, est de tout faire pour aller le plus haut possible. Je veux regoûter à ce genre de compétitions en ayant le niveau pour. » De là à regretter son choix de nationalité ? « Ca serait bête d’avoir des regrets. J’ai pensé au fait que je ne pourrai pas porter le maillot de l’équipe de France, je pouvais décliner l’offre. Mais je me sens aussi Centre-africain. Je défendrai les couleurs de ce pays jusqu’au bout. »

Une notoriété naissante

Pour l’heure, Francky Mbotto a encore dix jours au Brésil pour en profiter un maximum. « Je reste jusqu’à la fin des Jeux olympiques. Je vais pouvoir assister à toutes les épreuves d’athlétisme. Pour aller voir d’autres sports il faut réserver des places auprès de notre Fédération qui a des quotas de places. »

Ensuite, il sera temps de rentrer en France et de découvrir sa notoriété naissante. « Sur les réseaux, j’ai atteint des scores énormes. J’ai reçu plein de messages de soutien. En plus, j’ai été pas mal relayé dans les médias locaux et je suis même passé sur France 3. »

Un vrai rêve. Et c’est encore mieux quand on le vit éveillé.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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