Jacqueline Gandar

De retour de blessure, Jacqueline Gandar (208) s’est alignée sur le 5 000 m de Carquefou.

 

La recordwoman de France espoirs du semi-marathon (1h13’00 en 2016) vient d’enchainer trois fractures de fatigue depuis le mois d’octobre. Des blessures délicates qui ont remis en cause sa belle progression depuis plusieurs saisons. Mais, avec le sourire toujours aux lèvres, la Normande continue d’avancer. Et après seulement quelques semaines de reprise, elle a signé un encourageant 16’41’’83 du côté de Carquefou (23 juin), synonyme de retour, même si maintenant, elle a décidé de prendre son temps. Rencontre.

Ne comptez pas sur Jacqueline Gandar, – « Jacquotte » pour les intimes -, pour se cacher dans les pelotons. Quand elle prend le départ d’une course, en forme ou pas, la Normande ne lésine jamais sur les efforts. Vendredi dernier, lors du 5 000 m du meeting de Carquefou (voir article), l’internationale française est souvent apparue en tête du groupe de chasse derrière Samira Mezeghrane-Saad (première française à l’arrivée) avant de péricliter dans les derniers tours et finir 16e en 16’41’’83. « A Carquefou, mon objectif était de me qualifier pour les France Elite, lâche-t-elle. Je suis quand même contente de ma course même si j’aurais préféré être mieux sur la fin. »

Premier arrêt en octobre 2016

Quand on sait d’où Jacqueline Gandar revient, ce résultat est presque inespéré. Retour en arrière. Après une saison 2016 exceptionnelle, qui l’a vue terminer deuxième des Championnats de France de cross, conquérir le record de France espoirs du semi-marathon (1h13’00) et terminer 16e des Championnats d’Europe de la discipline pour sa première chez les grands, les blessures lui tombent dessus. Dès l’automne, une première fracture au niveau du bassin la coupe dans son élan. « J’avais repris pour le match international de 10 km (9 octobre 2016) et c’est là que les pépins ont commencé. Dans la semaine avant la compétition, j’avais eu un peu mal au dos mais on pensait que ce n’était rien. Finalement, c’était une fracture du cadre obturateur (bassin). »

Premier arrêt, deux mois de repos, puis une légère reprise, avant de retomber plus bas. « Je me suis fait une pré-fracture au pied droit au bout de trois semaines de reprise, explique-t-elle. Pourtant, on avait vraiment décidé de reprendre prudemment. » Résistant au long effort, le corps de Jacqueline Gandar était devenu en quelques mois un corps en cristal, capable de casser à tout moment. « Pendant cette période, je me suis interrogée sur ce que je pouvais faire. Car il y avait forcément des raisons. »

Nouvelle blessure après les France de cross

De retour au mois de janvier, elle prépare les France de cross sans vraiment y penser et se retrouve finalement 13e du cross long à Saint-Galmier, un premier miracle qui ne dure pas. « Quatre jours après la course, une nouvelle fracture m’a été décelée au niveau du bassin. » En ajoutant, une premier fracture apparue en 2014, Gandar en est à quatre fracture en moins de trois ans, autant dire qu’il y avait urgence. « On a cherché en faisant des tests osseux, des tests de biomécanique. On s’est rendu compte qu’il y avait vraiment une surcharge du côté droit de mon corps. C’était une surcompensation liée à une malformation osseuse que j’ai du côté gauche. »

Des premières réponses à ses questions qui lui permettent de repartir du bon pied. « Il faut que je fasse un meilleur suivi médical, lâche celle qui avait tendance à juste courir, sans vraiment s’écouter. Là, je fais beaucoup d’exercices de souplesse pour améliorer ma posture. »

Et alors qu’elle n’a repris qu’en mai, on l’a déjà vue dépanner son club sur un 3 000 m (9’56’’12) et sur 1 500 m (4’41’’16) avant ce retour dans le grand bain à Carquefou. « Ca me manquait de retrouver les autres filles en compétition, avoue-t-elle. A partir du moment où je sais que ce n’est pas dangereux pour moi, j’y vais. » Et même si elle n’est pas à son meilleur niveau. « Je n’ai pas peur de me retrouver loin. Je cours avant tout pour moi. Je sais d’où je viens. Maintenant je veux progresser en repartant de là. »

Adoption de l’aquajogging

Un nouveau départ qu’elle espère pouvoir prolonger pour éviter de nouveau ces nombreuses semaines de galère. « C’a été une période compliquée car je me posais plein de questions. On avait du mal à trouver les causes de mes problèmes donc ce n’était pas évident. Mais il y a des choses bien plus embêtantes dans la vie. »

Relativiser, voilà la formule choisie par Jacqueline Gandar pour retrouver les premières places. D’ailleurs, la jeune athlètes de 23 ans, qui avait déjà commencé à le pratiquer, a décidé, de conserver la pratique de l’aquajogging, qu’elle a pratiqué intensément ces derniers mois pour garder la forme. « Je suis les précieux conseils de Laurence Vivier. Je recommande ça à tous les athlètes ! »

Parole de connaisseuse.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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