Hugo Hay

Troisième du cross de sélection, Hugo Hay a terminé 7e des Championnats d’Europe de cross juniors.

 

Septième des Championnats d’Europe de cross et grand artisan de la victoire par équipes des juniors Français, Hugo Hay (19 ans) a signé son retour en équipe de France ce dimanche à Chia. Après une dernière saison difficile, l’athlète du Sèvre Bocage athlétisme semble revenu sur les rails du succès.

Au mois de juin dernier, après avoir terminé loin des minima pour les Mondiaux juniors sur 5 000 m au meeting de Carquefou (14’22’’82 contre 14’10), Hugo Hay devait se dire que la route allait être longue pour retrouver ses copains de l’équipe de France. Pourtant, en six mois, l’athlète du Sèvre Bocage a retrouvé pleinement sa place au sein de la génération dorée. Troisième des sélections à Gujan-Mestras (voir article), le spécialiste du 5 000 m a parfaitement géré son rendez-vous européen (7e) pour permettre à la France de conserver son titre par équipes. « Mon plan de course était de partir en retrait et d’accélérer pour revenir, explique-t-il. J’ai eu un peu de mal sur le début contrairement à d’habitude. Sur le premier kilomètre, j’ai eu l’impression d’être tout de suite un peu saturé, d’être lactique. Je me suis dit que ç’allait être une course galère mais après c’est revenu dans les autres boucles.»

Génération 97

Bien placé en embuscade derrière la meute d’Espagnols (3 coureurs), le Français attendait son heure dans le dernier tour avant de régler au sprint tous ses compagnons de route, de quoi donner de précieux points à son équipe. « Je n’étais pas sûr de pouvoir tous les battre sur le finish. Mais j’ai mis une grosse boite et c’est passé ! »

L’occasion de vivre une belle Marseillaise avec ses potes de l’équipe de France. « C’est super, même si on s’y attendait un peu, avoue-t-il. C’est très fort de pouvoir partager un podium tous ensemble. Ca confirme que la génération 97 est une génération énorme ! On est tous en tête des bilans européens que ce soit sur 800, 1 500, 3 000, 5 000 ou 3 000 m steeple. Et là, on a confirmé tout ça. »

De son côté, Hugo Hay a confirmé que sa place était bel et bien avec les cadors de son âge. Meilleur Français aux Championnats du monde de cross 2015 alors qu’il n’était que première année (47e) et sixième quatre mois plus tard aux Championnats d’Europe sur 5 000 m, il semblait installé dans cette équipe de France. Mais l’année dernière, la faute à une forme précaire, il ne verra ni Hyères (la France Championne d’Europe de cross à domicile), ni les Mondiaux de sa catégorie à Bydgoszcz, laissant ses amis s’émanciper sans lui. « J’ai eu une saison difficile l’année dernière. Ca fait du bien de revenir en équipe de France car c’est sûr qu’au bout d’un moment le doute s’installe. Mais j’ai vite digéré ces déceptions. J’ai été un peu blessé avant le meeting de Carquefou et j’ai donc dû couper trois semaines. Je savais que ç’allait être mort pour les Monde. »

La mayonnaise n’a pas pris à Lille

Monté à Lille pour suivre ses études (Fac d’éco avec option journalisme à l’ESJ de Lille) en septembre 2015, Hugo Hay avait décidé de tenter l’aventure au sein du groupe d’Alain Lignier, quittant son entraineur Abel Jamain. Mais la méthode nordiste ne lui a pas vraiment réussi. En cours de saison (mi-février), il a donc décidé de revenir aux sources. « Je n’étais pas dans la structure qui me convenait. J’ai augmenté la charge d’entrainement un peu trop tôt. Du coup, mon corps a peut-être mal réagi. C’était forcément plus dur que ce que je faisais avant. J’ai eu un peu de mal à assimiler. Je n’ai pas voulu prendre trop de retard et j’ai préféré partir. Mais c’est une expérience qui m’a servi dans la connaissance de mon corps. »

De nouveau entrainé par Abel Jamain, mais cette fois à distance, Hugo Hay a donc repris sa marche en avant, terminant la saison avec un 14’04’’97 sur 5 000 m, quatrième meilleure performance européenne 2016 chez les juniors. Un retour au premier plan qu’il vient de valider du côté de la Sardaigne. Maintenant, place à un peu de récupération, puis il se tournera vers la saison de cross long pour aider son équipe de Sèvres Bocage, qui s’annonce très compétitive. « Je vais faire le cross long mais sans trop insister sur les spé cross. Car il est compliqué d’avoir plusieurs pics de forme dans la saison entre les Europe de cross, les France de cross et l’été. »

France de cross long et Euro espoirs

Pour l’été, il aura évidemment les Championnats d’Europe espoirs dans le viseur sur 5 000 m. Mais sa médaille de bronze sur 1 500 m aux Championnats de France juniors en juillet dernier lui a donné quelques idées. Dans tous les cas, il sera attendu, contrairement à cet hiver, où les réseaux sociaux l’avaient un peu oublié dans leurs pronostics. « Les autres ont buzzé avec le titre à domicile à Hyères l’année dernière. C’est normal ! Moi, j’ai fait mon truc dans mon coin. Je savais que j’avais le niveau pour revenir en sélection. Mais j’ai forcément moins de capital sympathie que certains car je suis moins sur les réseaux sociaux que d’autres. Mais ce n’est pas grave. »

Sa performance à Chia a parlé pour lui et sa place est bel et bien au sein de cette génération doublement dorée.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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