Kévin Menaldo

En franchissant 5,80 m, Kévin Menaldo a réalisé les minima olympiques lors des Championnats de France Elite.

 

Alors qu’il n’avait ressauté en compétition officielle que la semaine dernière à Moulins (5,35 m), Kévin Menaldo a réalisé aujourd’hui (26 juin) les minima olympiques (5,70 m) en franchissant 5,80 m, pour terminer deuxième des Championnats de France Elite derrière le roi Renaud Lavillenie (5,95 m).

Voilà un come-back étonnant. Absent des sautoirs en compétition depuis le 31 janvier et un meeting dans la salle allemande de Zweibrucken, Kévin Menaldo avait, depuis, plus fréquenté les cabinets médicaux que plié ses perches. Victime de trois déchirures musculaires à l’ischio-jambier droit depuis janvier, l’athlète de l’INSEP croyait apercevoir le bout du tunnel en reprenant l’entrainement il y a à peine deux mois. Mais manque de bol, dès le lendemain de sa reprise, c’était le mollet de la même jambe qui disait déjà stop. « Je me suis dit “c’est bon je peux reprendre“. Le lendemain d’un entrainement de perche, je me blesse lors d’une séance de course. Le verdict était une déchirure de grade 2 sur le mollet. Le médecin m’a dit qu’il fallait compter six semaines et qu’il me resterait donc une semaine pour reprendre avant les France. »

Six semaines d’entrainement intensif

Dès l’autorisation des médecins, Menaldo a donc pris son étui à perches et a sauté à Moulins le 18 juin (5,35 m), histoire de prendre quelques enseignements en vue du rendez-vous national. Mais pas de quoi en faire un candidat crédible aux minima olympiques. « Ca faisait cinq mois que je n’avais pas fait de compétitions, après quatre déchirures. Je voyais tous les concurrents faire leur record. J’ai fait six semaines d’entrainement intensif. Je me suis entrainé vraiment très dur, avec une hygiène de vie irréprochable. J’ai essayé de tout mettre de mon côté. C’était vraiment très difficile mentalement et physiquement. Je n’avais qu’une envie, c’était de retordre de la perche. »

Pour retordre de la perche, il ne s’est pas gêné. Après s’y être pris à deux fois pour effacer sa barre d’entrée dans le concours à 5,35 m, il a tout franchi au premier essai (5,55 m, 5,65 m et 5,70 m), jusqu’à son épatant bond vers Rio à 5,80 m (minima 5,70 m). « J’ai commencé bas parce que je manquais de repères, expliquait Menaldo. J’arrive sur deux foulées de moins par rapport à mon élan complet avec ma plus grosse perche de compétition. Ca veut dire que je suis plus fort physiquement. Et je finis le concours sans être blessé ! »

« Je pense que je gagne ma place pour les JO »

Absent des radars olympiques, Kévin Menaldo a surtout réussi le parfait hold-up de ces championnats (2e). « J’étais tellement dans la haine et dans l’envie de sauter que je voulais juste prendre du plaisir. J’ai réussi à me libérer. J’avais une pression énorme car je suis un humain. Mais au fond de moi, je savais que j’avais ce qu’il faut. Et j’aime bien être au pied du mur. La veille de la finale des Championnats du monde (à Pékin en 2015) je n’arrivais pas à sauter (il faisait un blocage au moment du piqué). Là c’était encore plus dur avec un manque de compétitions et une reprise seulement la semaine dernière. Mais l’envie et le cœur étaient là. »

Une performance qui devrait lui permettre de prendre l’avion pour Rio, éjectant par la même occasion Valentin Lavillenie (5,71 cette saison), seulement cinquième aujourd’hui avec 5,55 m (Renaud Lavillenie avec 5,95 m et Stanley Joseph 5,75 m et 3e aujourd’hui seront également aux JO). « Je pense que je gagne ma place pour les Championnats d’Europe et les Jeux olympiques, lâche Menaldo. Je me suis entrainé comme un chien, à vomir sur les séances. Je pense que j’ai mérité ce qui se passe aujourd’hui. Je vais continuer ma préparation comme je l’ai fait jusque-là. Mettre deux foulées de plus (il a sauté avec deux foulées de moins par rapport à sa course d’élan habituelle), prendre des perches encore plus grosses et de là d’où je reviens, je ne vois pas ce qui peut m’arriver pour les compétitions à venir. »

Une ambition retrouvée

Peut-être une nouvelle médaille continentale comme il y a deux ans du côté de Zurich. En tout cas, il devrait se préparer pour. «  Je vais continuer comme ça. Car j’ai une nouvelle structure d’entrainement qui me convient bien (avec Gérald Baudouin et Renaud Longuèvre). J’ai eu une médaille aux derniers Europe (3e). Donc j’aimerais aller en chercher une autre. Je pense que c’est complètement ouvert. »

Dorénavant sa seule priorité réside dans le fait de rester en bonne santé et de racheter des perches plus dures. Ensuite, un nouveau hold-up sera possible. Mais dorénavant, les autres sont prévenus.

Retrouvez tous les résultats des Championnats de France Elite.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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