marathon de Paris

Hassan Chahdi a terminé premier français au marathon de Paris.

 

Pour son deuxième essai sur la distance, Hassan Chahdi a terminé premier Français du marathon de Paris en 2h10’20, signant la douzième meilleure performance française de tous les temps. Derrière lui, les internationaux Benjamin Malaty et Yohan Durand ont également réussi de belles performances.

Hassan Chahdi avait annoncé vouloir passer sous la barre des 2h10. Pour vingt secondes, l’international français a échoué dans sa quête mais le résultat pour son deuxième essai sur la distance reine, est une réussite. Douzième en 2h10’20 d’un marathon remporté par le Kenyan Paul Lonyangata en 2h06’08 », Chahdi, qu’on sait fait pour la distance, a mis le chrono en face de ses ambitions, signant sans conteste la plus belle performance de sa carrière.

1h04’10 au premier semi-marathon

Parti sur des bases plus élevées que prévues (1h04’10 au semi contre 1h04’30), en compagnie notamment des Français Benjamin Malaty et Jean-Damascène Habarurema, il fut celui qui résista le plus longtemps dans le clan tricolore sous cette barrière mythique des 2h10 que seuls huit Français ont franchi. «  Au 28e kilomètre, j’ai essayé de trouver mon propre rythme et de ne pas paniquer. J’avais des souvenirs de Rotterdam (2h15’59 en 2016 pour son premier marathon, voir article) où j’avais couru à 12 km/h sur la fin. Là je me disais que j’étais mieux. »

Mieux préparé, Chahdi l’était assurément. Et même si finalement il échouait de peu sur son objectif malgré un sprint rageur, le Français est entré dans une nouvelle dimension. « Musculairement j’ai senti très vite que ç’allait être dur, avouait-il. Je m’attendais à être un peu mieux. Je sens que j’ai encore du travail à faire au niveau du kilométrage car j’ai souffert assez vite dans la course. C’a été très dur sur la fin mais je me suis battu. Il me faudra encore un ou deux ans. Car j’ai peut-être les qualités mais il faut encore du travail. »

Contrats remplis pour Malaty et Durand

Du travail, Benjamin Malaty en avait fait beaucoup depuis quatre saisons mais n’avait jamais retrouvé ses jambes des années 2012-2013, quand il avait signé son record personnel (2h12’00 en 2013). Souvent blessé, il avait décidé de remettre la machine doucement en route en début de saison avant de monter en puissance (voir article). Une recette qui lui a réussi puisque la forme était là aujourd’hui dans les rues de Paris. Un temps hésitant sur la marche à suivre, il avait décidé finalement de coller aux basques de Chahdi avant de connaître un coup de moins bien sur le deuxième semi.

Marathon de Paris

Yohan Durand et Benjamin Malaty ont tout donné.

 

Mais comme le travail et la persévérance paient toujours, c’est dans le chrono de 2h13’06 que le Talençais a bouclé la ligne (15e). « Je n’ai pas de regrets, lâchait-il. 2h13, ça fait quatre ans que je n’ai pas fait ça. En partant un peu plus prudemment, peut-être que j’aurais été autour de mon record. J’étais bien à l’entrainement, j’étais venu pour tenter. J’avais envie de recourir au niveau de 2012 et 2013. 64’10 c’était vite. J’ai voulu tenté. Ca me rassure. Ca fait du bien. »

Un bien-être –mental et non physique évidemment – que ressentait également son grand copain Yohan Durand. Parti plus prudemment, l’international français réussissait son pari de courir une nouvelle fois autour des 2h14 (16e en 2h14’07). « Je visais les moins de 2h14’00, je fais 2h14’07. Je suis content. Mais comme ma première année ici à Paris, je me retrouve tout seul à partir du 25e kilomètre. Du coup, je fais les 17 derniers tout seul. Par rapport à la stratégie de course que j’avais mis en place, je suis content, j’ai respecté mon plan et ça s’est bien passé. »

Pas de Mondiaux pour Chahdi

Un constat également fait par le champion de France en titre, Paul Lalire (voir article), très satisfait de son nouveau record personnel en 2h17’55 (18e) comme Elodie Navarro, deuxième Française (11e en 2h41’33) derrière Martha Komu (8e en 2h35’29), malgré un jour sans. « J’ai eu des jambes du 25 au 30, expliquait Navarro. Le corps a eu du mal à se réveiller. Et après j’ai souffert de la chaleur. Je n’ai pas eu les ravitos que je voulais. Mais je suis vraiment fière de finir et de battre mon record. J’ai fait ce que j’ai pu et je suis contente d’avoir passé la ligne. »

Marathon de Paris

Elodie Navarro a signé son record personnel.

 

Un sentiment que des milliers de personnes ressentiront aujourd’hui dans les rues de Paris. Mention particulière pour Lahcen Chahdi, père d’Hassan, qui a été accueilli sur la ligne par son champion de fils après 2h55’17 d’effort à 56 ans. De quoi fêter le succès du fils en compagnie également de l’entraineur de ce dernier Jean-Claude Vollmer. « Je pense qu’on a trouvé la bonne formule pour Hassan. Maintenant il va évidemment aller faire plus de bornes mais il ne fera jamais 200 km par semaine. »

Pour l’heure, le nouveau petit prince français de la route va avoir le droit à du repos (1 mois) avant de regarder tranquillement vers l’avenir. Mais, alors qu’il a réussi les minima pour les Mondiaux (2h12’00), Chahdi ne sera pas à Londres. « Les Mondiaux ce n’est pas dans l’air. Je sens que j’ai besoin de me reposer. Il y a encore du travail pour acquérir la distance et pour jouer avec les meilleurs mondiaux. Je vais prendre mon temps. »

Le temps il peut le prendre, surtout à la vitesse où il le raccourcit en courant le marathon de Paris.

Victoire en couple

Les Kenyans Paul Lonyangata (2h06’08) et Purity Rionoripo (2h20’55, record de l’épreuve) ont remporté l’épreuve chez les garçons et les filles. Chose peu commune à ce niveau de compétitions, ces deux athlètes sont mariés.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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