Guy-Elphège Anouman

Quatrième des derniers Championnats de France Elite sur 100 m, Guy-Elphège Anouman fera partie du relais français lors des Championnats d’Europe.

 

Annoncé comme l’une des pépites du sprint français depuis ses années cadets, Guy-Elphège Anouman a mis du temps pour éclore au plus haut niveau à cause de nombreuses blessures. Quatrième des derniers Championnats de France sur 100 m, il semble être revenu sur les chemins dorés qu’on lui prédisait.

Guy-Elphège Anouman a fait son entrée dans l’histoire du sprint français en 2011. Quand, lors des Championnats de France Elite en salle (Aubière), il avait remporté le 200 m à 16 ans, faisant de lui le plus jeune champion de France Elite de l’histoire. Avec un chrono de 21’’13, il avait d’ailleurs réalisé la meilleure performance mondiale de tous les temps chez les cadets. Beaucoup avaient alors vu en lui la future star du sprint français. Pas de quoi l’affoler. « Je n’ai pas mal vécu la pression, pour moi ça n’a rien changé. Même si ce que j’avais fait était bien, il fallait que je continue à m’entraîner. J’étais bien entouré, et ça n’a pas influencé mon comportement, même si je sentais qu’il y avait des attentes autour de moi. »

Freiné par les blessures

Malheureusement, sa progression a souvent été freinée par des blessures, et la pression est un peu retombée. « Je ne suis pas de nature à me montrer, j’aime bien faire mon sport dans mon coin. Si on me pose des questions, je vais bien sûr y répondre. Après, ça me semble normal que les gens m’oublient puisque beaucoup ont progressé. »

Rentré, à l’origine, dans le groupe d’Antony Yaïch pour faire du triple-saut (15,17 m en cadets 1 en 2010), il s’est vite orienté sur le sprint et la longueur (10’’48 et 7,59 m en 2011) à cause de blessures. Mais, bien que plus emballé par la course, il a dû se résoudre à se concentrer sur la longueur, qui était moins risquée pour lui (déchirure lors d’un 200 m en 2011 qui lui fit rater les Championnats du monde cadets, alors qu’il figurait parmi les premiers dans la hiérarchie mondiale). La stratégie s’avérait payante puisqu’il remportait en 2013 une médaille de bronze à la longueur aux Championnats d’Europe juniors de Rieti (avec 7,60 m).

Il a ensuite connu une saison 2014 presque blanche (10’’62 lors de son unique compétition, avant de se blesser à nouveau). Mais il ne s’en est pas inquiété. « Comme ma mère m’a souvent dit, un jour ça sera toi qui sera devant, un jour ça sera les autres. Je vis ma vie et il ne faut pas avoir de regrets. »

 Un changement de cadre de vie

Ayant depuis intégré l’INSEP (rentrée 2014), il a totalement arrêté la longueur, la faute à des douleurs au genou. Il fait en sorte de se soigner avec l’idée de retrouver un jour les sautoirs. Sans se presser toutefois, puisqu’au sein de son nouveau groupe d’entraînement, celui de Guy Ontanon (composé notamment de Jimmy Vicaut, Stuart Dutamby et Teddy Atine-Venel), sa courbe de progression est remontée (10’’32 et 20’’86 en 2015). Une méthode d’entraînement qu’il décrit comme variée « avec des cycles basés sur la compréhension. Par périodes on travaille le virage, la sortie de virage, ou encore la technique. »

Un changement de cadre qui s’est concrétisé par une nouvelle sélection en équipe de France, cette fois-ci à l’occasion des Championnats d’Europe espoirs de Tallinn, en Estonie (2015). Il en est revenu avec deux médailles, en bronze sur 100 m (10’’39) et en or sur 4×100 m. Une réussite qui lui a permis aussi de faire partie du relais 4×100 m lors des derniers Championnats du monde de Pékin (cinquième de la finale en 38’’23).

Guy-Elphège Anouman

Partenaire d’entrainement de Jimmy Vicaut et Stuart Dutamby entres autres, Guy-Elphège Anouman a retrouvé le chemin de la progression.

 

Ses progrès à l’INSEP, il les attribue d’abord à l’amélioration de son hygiène de vie. Son approche a changé, il est devenu plus sérieux. « Avant je pouvais manger trois jours de suite au grec ou au KFC. Aujourd’hui je fais plus attention à l’alimentation et à la récupération car je me suis rendu compte que je me tirais des balles dans le pied. »

Une démarche plus professionnelle qui pourrait l’amener plus haut. « Je n’ai pas vraiment de perspectives de carrière. Il y a des chronos que j’aimerais faire dans ma vie, si j’y arrive tant mieux, et sinon tant pis, c’est la vie. Mais je ferai tout pour y arriver. »

Nouvelle blessure et nouvelle sélection en équipe de France

Malheureusement en athlétisme, on n’est jamais à l’abri d’une blessure, et Guy-Ephelge Anouman a été de nouveau touché lors d’un stage à la Réunion, en avril dernier. Mais pas de façon rédhibitoire, puisqu’après cinq semaines d’arrêt, il a pu rechausser les pointes et reprendre la compétition au meeting de Montreuil, le 7 juin. Une bonne rentrée pour lui puisqu’il coupait la ligne en 10’’40 (+1.8).

De quoi rêver à une saison qui pourrait se prolonger jusqu’en août. « Je prendrai ce qui est à prendre. Cette saison est plus compliquée puisque je reviens de blessure. Si je ne suis pas dans le relais, je serai déçu mais je comprendrai pourquoi. Si les autres sont meilleurs que moi, ils méritent leur place. »

Finalement, après deux semaines de compétition, le voilà quatrième du 100 m des Championnats de France Elite à Angers en 10’’35 (+1.9), lui offrant une place dans le relais 4×100 m pour les Championnats d’Europe d’Amsterdam. Sur le plan individuel, la suite de sa saison devrait laisser place à quelques 200 m, puisqu’il estimait jusque-là, n’avoir pas assez d’entraînements dans les jambes pour s’aligner sur le demi-tour de piste.

Après quelques doutes, son été est pleinement lancé.

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Journaliste stagiaire chez Track and Life.

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