Gautier Dautremer

Gautier Dautremer a terminé troisième du Championnat méditerranéen sur 200 m.

 

Troisième du Championnat méditerranéen sur 200 m ce dimanche (5 juin), Gautier Dautremer (21 ans) est de retour au premier plan. Cadet très prometteur, il s’était fait oublier quelques années avant de signer cet hiver un convaincant 20‘’92 sur le tour de piste lors des Championnats de France Elite en salle à Aubière.

A l’aube de la saison 2014-2015, après une année conclue par un doublé sur 100 et 200 m aux Championnats de France juniors à Valence, Gautier Dautremer a décidé de changer de cadre d’entraînement. Il a donc rejoint l’INSEP pour s’entraîner sous les conseils d’Olivier Vallaeys, dans un groupe de sprinters et hurdlers notamment composé de Stella Akakpo et de Simon Krauss. Un pari réussi pour cet étudiant en mathématiques, qui jongle au quotidien entre Vincennes et l’université Pierre et Marie Curie de Paris dans le 5ème arrondissement. « C’est ma deuxième année à l’INSEP mais je vis toujours chez mes parents dans le Val d’Oise. Grâce à un aménagement des horaires, j’ai le temps de concilier sport et études, même si cela m’impose quelques allers-retours entre Vincennes et Jussieu. »

Olivier Vallaeys après Antony Yaïch

Un emploi du temps chargé, avec entre six et huit séances hebdomadaires. L’occasion de passer du temps avec ses partenaires d’entrainement et son coach. « Olivier est très à l’écoute et très pédagogue. C’est vraiment agréable de travailler avec lui. Je prends beaucoup de plaisir avec mes partenaires d’entraînement, on est tous dans l’optique de se tirer vers le haut. »

A l’INSEP, Gautier Dautremer a beaucoup développé l’aspect technique et revu de nombreuses choses dans sa façon de courir, ce qui a nécessité un temps d’adaptation, d’où des performances en retrait en 2015 (21’’87 sur 200 m). Aujourd’hui, il semble avoir assimilé cette nouvelle méthode d’entraînement, axée sur la qualité plus que sur la quantité. Une préparation différente de celle de son ancien mentor Antony Yaïch (l’entraineur notamment de Yoann Rapinier et Mickaël Hanany), qui, lui, misait davantage sur un travail physiquement exigeant. Mais le sprinteur n’a pas oublié ses enseignements, et dit « essayer de piocher dans les deux styles pour trouver le meilleur et pouvoir progresser ».

« Il ne me manque pas grand-chose pour franchir un palier »

Et à l’heure où les meilleurs athlètes se livrent bataille en meetings, le Franconvillois revient du Championnats méditerranéen espoirs (4-5 juin) avec une médaille de bronze sur 200 m et un nouveau record personnel en plein air (21’’03). Une entame de saison qui aurait difficilement pu être meilleure, même s’il ne se satisfait qu’à moitié de sa performance tunisienne. « Je bats certes deux fois mon record mais il y avait de très bonnes conditions. Quand on part en sélection, il y a une grosse ambiance car tous les membres de l’équipe sont surmotivés. Dans la chambre d’appel, tu n’as qu’une seule envie, c’est d’en découdre. Je sens qu’il ne me manque pas grand-chose pour franchir un palier donc c’est intéressant. Maintenant il faut que je me repose un peu et que je me soigne. J’ai ressenti des douleurs aux ischios en série (21’’05) et j’ai enchaîné deux déplacements très rapprochés avec le relais de la Diamond League de Rome (2 juin). »

Malgré des performances particulièrement encourageantes, Gautier Dautremer ne se projette pas trop vers l’avenir et, au moment d’évoquer ses ambitions, l’athlète reste prudent. Ainsi, il admet n’avoir jamais eu d’objectif défini, que ce soit en terme chronométrique ou de place en championnat. Bien qu’entouré d’athlètes en préparation pour Amsterdam ou Rio, ces événements ne sont pas au cœur de ses préoccupations. « Ça ne change rien pour moi, je me suis toujours dit que l’athlé ça durerait un certain temps et qu’il faudrait passer à autre chose le moment venu, que ça soit à cause d’une blessure, de ma vie professionnelle ou familiale. Mais tant que je m’amuse, je ne me vois pas arrêter. »

L’athlétisme pour s’évader

Davantage poussé par le plaisir de courir vite que par l’attrait de la performance, il considère que l’athlétisme a toujours été pour lui un moyen de s’évader. C’est d’ailleurs grâce à cette envie qu’il a pu garder le cap sans jamais perdre sa motivation malgré plusieurs saisons difficiles.

En effet, après avoir participé aux Championnats du monde cadets à Villeneuve-d’Ascq en 2011 (demi-finaliste sur 100 m, éliminé en série du 200 m) et remporté les titres de champion et vice-champion de France cadets sur 200 et 60 m en salle en 2012, il a connu deux coups d’arrêt, avec une désinsertion de l’ischio-jambier gauche au début de l’été (2012), puis la même blessure à droite l’année suivante (2013). « Je n’ai jamais pensé arrêter à partir du moment où je prenais du plaisir sur la piste. J’ai tendance à penser que le travail paie et que si ce n’est pas pour aujourd’hui, ce sera pour demain ».

Un futur proche où il s’alignera encore sur 200 m à l’occasion du meeting de Genève ce samedi 11 juin, puis à celui d’Hérouville (16 juin). Avant de mettre le cap sur les Championnats de France Elite (24-26 juin).

Evidemment, toujours sans se prendre la tête.

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Journaliste stagiaire chez Track and Life.

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