Garfield Darien

Garfield Darien a remporté le meeting de Montgeron.

 

L’athlète double vice-champion d’Europe (2010 et 2012) du 110 m haies a signé ce dimanche une rentrée convaincante lors du meeting de Montgeron. Absent des joutes internationales en 2016 à cause d’une blessure, Garfield Darien semble cette saison en pleine possession de ses moyens. Déjà auteur des minima pour les Championnats du monde de Londres (4-13 juillet), le Lyonnais a faim de courses et de sensations. Interview.

– Garfield, pouvez-vous revenir sur votre performance de Montgeron (victoire en 13’’33 avec +1,3), synonyme de minima pour les Championnats du monde de Londres (13’’35) ?

« Je suis content pour les minima mais je suis déçu car on veut toujours mieux faire. Je suis bien parti mais quand j’ai commencé à pouvoir mettre un gros rythme, à partir de la cinquième haies, je n’ai plus eu de jus. Je pensais vraiment pouvoir faire un très bon chrono et battre le record de la piste que j’avais fait il y a deux ans (13’’20 en 2015). Mais dès que j’ai senti que je n’avais plus de jus, j’ai compris que ça ne passerait pas. Je me connais, je sais que les premières courses sont souvent comme ça. Je n’avais plus d’essence dans le moteur. J’ai les jambes pour courir très vite mais malheureusement, je n’ai pas encore la caisse et l’expérience des 110 m haies cette saison. On sait que c’est une discipline super nerveuse et ça, ça se travaille avec les répétitions. Au bout de quatre, cinq 110 m haies dans les pattes, je finirai beaucoup mieux.

« Je suis déjà performant au niveau mondial »

– Signer les minima pour les Mondiaux dès une première sortie est toujours une bonne nouvelle.

Faire les minima c’est toujours une petite pression en moins dans la tête. Mais on sait qu’on est beaucoup et qu’il faudra aller aux Championnats de France en étant fort. Mais on voit que l’année dernière, Dimitri (Bascou) fait une médaille aux Jeux en 13’’24 (-0,1). Là, je suis en 13’’33 (+1,3) dès ma première compétition donc ça veut dire que je suis déjà performant au niveau mondial. C’est cool de se dire que je suis performant en étant tout seul. Car c’est sûr qu’on n’a pas la même motivation que lorsqu’il y a des mecs comme Pascal (Martinot-Lagarde), Aurel (Manga) ou Dimitri (Bascou). C’est un bon chrono à confirmer sur les prochaines courses.

– Vous vous êtes blessé la saison dernière et avez manqué les grandes échéances. Cette année, vous semblez en pleine forme. On peut dire que quand votre physique va, tout va.

Pour le moment tout va bien physiquement. C’est vrai que par le passé, j’ai eu des soucis physiques. Par chance, je n’ai jamais eu de gros pépins donc ça me permet de toujours revenir très fort. En fait, ce qui est marrant, c’est que quand je suis là, on sait que je suis fort. Quand je pouvais courir, je n’ai jamais manqué un grand championnat. Maintenant, il faut faire attention à la santé. J’ai 29 ans, j’ai plus d’expérience, je fais un peu plus attention, quitte à en faire un peu moins à l’entrainement et de repousser le pic de forme. On joue la prudence cette année pour être fort quand il le faudra.

« C’est déjà un kiff de courir devant des gens qui t’encourage »

– Vous devez néanmoins avoir une grosse envie de courir après votre saison blanche ?

J’ai très faim car j’étais très fort la saison dernière et je n’ai pas pu courir à cause d’une petite déchirure mal soignée (mois de mai à l’ischio-jambier). C’est un truc de rien du tout mais on m’a fait un protocole qui a n’a pas marché et qui a prolongé la cicatrisation. Et je me suis retrouvé bien en juillet quand tout était terminé. Donc là j’ai les crocs. Mais c’est déjà un kiff de venir, de courir en France, avec un public qui t’encourage, qui demande des photos. Pour ma part, je fais du sport pour vivre ces moments là. Les performances c’est super pour soi-même, pour récompenser le travail qu’on a accompli. Mais le partager avec les gens, c’est le plus beau.

– Quelle est la suite de votre programme ?

Je vais faire les Interclubs ce dimanche (avec son club du Clermont Athlétisme Auvergne) et ensuite je vais courir au meeting de Montreuil (1er juin). Là-bas, ça sera ma première course à la bagarre. Je sais que j’en ai dans les jambes, maintenant il ne reste plus qu’à descendre les chronos ! »

Retrouvez notre compte-rendu du meeting de Montgeron.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment