France Elite

Jean-Marc Pontvianne a réalisé 17,13 m au triple saut lors des Championnats de France Elite.

 

La deuxième journée des Championnats de France Elite en salle a permis à de nombreux athlètes de réaliser les minima pour les Europe de Belgrade.

Il y a des moments comme ça où tout s’emballe. Peu avant 17 heures, alors qu’il a déjà le concours de triple saut en poche, Jean-Marc Pontvianne s’élance pour son ultime essai. Rapide, solide, limpide, l’athlète de l’Entente Nîmes athlétisme rebondit à 17,13 m, et fait son entrée dans le gotha français. « Sur le dernier saut, la clac a fait la différence, lâche Pontvianne. J’ai demandé au speaker : « Soit tu arrêtes tout le monde et on fait une vraie clac soit je ne saute pas ». Le saut je suis allé le chercher au mental. Je suis aux anges, c’est beaucoup de travail, de sacrifices, et de déceptions. Et aujourd’hui le travail a payé. Je suis tellement heureux. »

Luron devant Compaoré

Le travail et les sacrifices ont aussi été le lot de Kévin Luron ces dernières années. Mais cette fois, la roue a tourné de son côté, contrairement à sa cheville qui l’avait lâché l’été dernier lors des Elite à Angers. Deuxième avec 16,72 m, le Manceau a réussi à monter dans l’avion pour Belgrade au dernier moment (minima 16,65 m). « Cette année je n’ai pas eu de pépins physiques, j’ai pu m’exprimer. Les minima ne sont qu’une partie du travail. Le plus important c’est ce que je peux faire. C’est une petite porte de franchie. »

La porte, Melvin Raffin l’avait défoncée dès son premier concours de l’hiver en battant le record de France de Teddy Tamgho (17,04 m, voir article). Mais cette fois, le junior s’est contenté d’un sprint dans le bac à sable, afin de préserver ses adducteurs qui avaient sifflé la semaine dernière à Nantes. Il devrait néanmoins voir Belgrade, à l’inverse des tauliers Benjamin Compaoré (16,62 m), Yoann Rapinier (16,59 m) et Harold Correa (16,57 m), restés en-deçà des minima. «Je n’ai pas de problème physique, tranchait Raffin. C’était juste par prévention. »

Manga trouble l’ordre établi

Une prévention qui était également de mise dans le camp de Garfield Darien. Absent de la finale, l’athlète du Clermont Auvergne a laissé les autres jouer sans lui. Et aux haies, un hurdleur en cache toujours un autre. Cette fois, c’est Aurel Manga qui est sorti du chapeau. En retrait depuis le début de l’hiver, il a remporté sa série en 7’’54 (minima européens), avant de gratter un centième en finale (7’’53) pour échouer sur les talons de Pascal Martinot-Lagarde (7’’52). « Je n’ai pas beaucoup couru cet hiver car c’était compliqué de tout caler dans le programme, notamment avec mes cours, expliquait Manga. Aujourd’hui, ça reflète ce que je fais à l’entrainement. Le coach me dit de courir contre un fantôme imaginaire à l’entrainement et de répéter ça en compétition.»

A la perche, le fantôme de Renaud Lavillenie planait évidemment sur le vélodrome de Bordeaux. Mais comme en 2014, quand le patron n’est pas là, c’est Kévin Menaldo qui prend le relai. Vainqueur avec 5,78 m (minima européens), le Bordelais d’origine pouvait se targuer de s’être imposé « à la Lavillenie » puisque Stanley Joseph terminait deuxième 28 centimètres plus bas (5,50 m). « Le premier objectif était le titre et le deuxième était les minima. Deux objectifs remplis. En plus je réalise de très belles tentatives à 5,86 m donc c’est vraiment bon signe pour Belgrade. »

Menaldo en route vers Belgrade

A Belgrade, Menaldo visera une médaille, tout comme Jeanine Assani-Issouf, à l’économie aujourd’hui au triple saut (13,92 m) ou Morhad Amdouni, le tout frais recordman de France du 5 000 m en salle (voir article). Dans un premier temps obligé de s’aligner sur une course aux France (le 1 500 m par défaut), Amdouni a fait le déplacement à Bordeaux (il est parti à 4h du matin de Birmingham) mais a laissé ses pointes dans le sac, ses mollets demandant plus qu’un jour de récupération. En son absence, Sofiane Selmouni a montré qu’il faudra également compter avec lui à Belgrade. Mal embarqué dans un 1 500 m très tactique, le Mulhousien a trébuché sur un plot à 150 m de la ligne avant de faire son retard sur Samir Dahmani dans la dernière ligne droite (3’55’’04 contre 3’55’’20 derrière le Marocain Anou). « C’est une satisfaction, ça faisait un bout de temps que je tournais autour de ce titre, avouait Selmouni. Premier titre en salle, avec une grosse densité, c’est bien pour la suite, pour le moment je gagne mon pari sur le passage du 800 m au 1 500 m (voir article). »

France Elite

Kévin Menaldo a franchi 5,78 m pour s’imposer lors des Championnats de France Elite.

 

Un passage d’une distance à l’autre qu’a réalisé Elodie Normand en un week-end. Facile vainqueur du 1 500 m hier, l’athlète de la SCO Sainte-Marguerite a réédité aujourd’hui sur le 3 000 m, une distance qu’elle découvre (9’23’’76 contre 9’25’’76 pour Lucie Lerebourg). « Je suis surprise parce que je ne m’attendais pas à ce que la course soit aussi lente, avouait Normand. Je suis donc partie assez vite seule en tête. Je m’étais donné l’objectif de battre mon record personnel (9’35). La première fois que j’avais couru en salle, j’étais vraiment toute seule, là ça m’a aidé d’avoir des filles avec moi. L’année prochaine j’espère refaire des 3 000 m avec plus de densité. »

De la densité, tous les sélectionnés pour les Europe en auront à Belgrade. Et à la vue des performances des Championnats de France, plusieurs breloques devraient tomber dans l’escarcelle bleue.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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