François Barrer

François Barrer s’est imposé sur le 5 000 m des Championnats de France Elite.

 

Dans une première journée des Championnats qui a eu du mal à se lancer, Eloyse Lesueur a signé son retour à la longueur alors que François Barrer a confirmé son statut de numéro un français sur le 5 000 m.

Heureusement que la journée s’est accélérée sur la fin, car avant l’entrée des spécialistes du 400 m haies vers 19h, la première journée des Championnats de France Elite avait été un long chemin de croix, où l’ennuie faisait écho au Mistral, qui soufflait fort sur le Stade Delort. Heureusement d’ailleurs que l’étape du Tour de France remportée par le Français Warren Barguil est venue mettre un peu d’ambiance en tribune de presse. Car pour le reste, la chaleur, le programme et l’absence de public donnaient l’impression qu’on assistait à une compétition régionale. L’interminable attente entre les essais de chaque concours à cause de problèmes de mesure ne faisait qu’amplifier l’impression que rien ne se passait.

Blessure pour Basile Rolnin

Pourtant, il y avait du beau monde sur la piste, à l’image du vice-champion olympique du décathlon Kévin Mayer. Habitué à jouer l’intermittent du spectacle sur les France, Mayer faisait néanmoins le job en signant les troisièmes performances au 100 m (11’’20, -1,6) et au poids (14,90 m). D’ailleurs, son impasse à la longueur était sûrement une bonne idée à la vue du dénouement du concours. Touché à l’adducteur, Théo Rouai se voyait réconforter dans le sable par ce même Mayer, alors que Basile Rolnin, prétendant aux Mondiaux cet été, s’arrêtait lui aussi, victime d’une déchirure à l’ischio-jambier droit à la réception de son troisième essai. Les larmes de détresse de l’Amiénois ne faisait qu’alourdir une atmosphère déjà atone.

Finalement, heureusement que les concours de javelot avaient été relocalisés sur le stade principal (voir article), puisque le spectacle est venu de là. Grâce à un sixième essai, Jean-Baptiste Collet remportait son premier titre de Champion de France Elite avec 70,00 m, alors qu’Alexia Kogut Kubiak, avec 55,90 m, mettait fin à la série de Mathilde Andraud, championne de France en titre depuis 2012.

Bigot toujours plus loin

Ensuite, tout s’accélérait avec Quentin Bigot qui signait son meilleur lancer de l’été avec 77,87 m. « La régularité est en train de monter, se félicitait le Messin. La forme ne fait que monter. Je suis dans le timing, c’est l’un de mes meilleurs concours de ma vie. » Et alors que sa collègue féminine Alexandra Tavernier se contentait d’un 64,76 m, il fallait se tourner vers le demi-fond pour voir enfin le stade se remuer.

Quentin Bigot

Quentin Bigot a battu sa meilleure marque de la saison au marteau.

D’ailleurs, les trois courses ont fait parler la logique puisque les trois favoris ont gagné. Sur 3 000 m steeple, Maëva Danois s’est envolée à mi-course pour s’adjuger le premier titre élite de sa carrière en 10’01’’65. « C’était un nouveau défi de faire ce genre de course, livrait Danois. L’année dernière, je n’avais pas pu le faire à cause de trop de timidité. Donc aujourd’hui le but était d’assumer ce statut. Défi relevé. »

Westphal à sa main

Un défi qui était également relevé par Liv Westphal. La championne d’Europe espoirs 2015 du 5 000 m a attendu 1200 m avant de s’envoler seule face au vent (victoire en 16’08’’51). « C’était assez nouveau d’arriver avec le statut de favorite car ça faisait longtemps que je ne l’avais pas eu, expliquait Westphal accompagnée sur le podium par l’expérimentée Samira Mezeghrane et la néophyte à ce niveau Mélanie Doutart. Evidemment, il a fallu gérer ça. Et le vent a remis en cause tous mes plans d’avant-course. Je suis donc partie tranquillement avant d’accélérer car on était quand même en footing. »

Maëva Danois

Maëva Danois s’est imposé assez facilement sur le 3 000 m steeple.

Une tactique qu’a également appliquée François Barrer chez les hommes. Favori après son chrono de Carquefou (voir article), le Rémois patientait dans le peloton jusqu’à un kilomètre de la ligne. De là, il prenait les commandes pour ne plus les lâcher alors que l’international Félix Bour chutait à 600 m, crocheté par un concurrent. A 200 m de la ligne, Barrer en remettait une couche et pouvait en profiter dans la dernière ligne droite (14’23’’12) qu’il franchissait devant Benjamin Choquert (14’27’’55) et l’espoir Yann Schrub (14’30’92) encore médaillé dans un championnat cette saison. « Contrat rempli, jubilait Barrer. Jai fait ce qui était prévu avec le coach. Avec le vent, on ne pouvait pas se permettre de mener. Cela aurait été une faute professionnelle. A la cloche j’ai attaqué violemment. Et quand je me suis retourné à 150 m j’ai pu bien profiter dans la dernière ligne droite. »

Lesueur heureuse

Un premier titre également pour Barrer qui arrivait au même moment qu’un nouveau titre pour Eloyse Lesueur. Mais cette médaille à la longueur avait une saveur particulière pour la championne du monde en salle 2014, de retour après deux années de galère. « J’ai pris beaucoup de plaisir aujourd’hui, souriait Lesueur. Je suis tellement heureuse d’être là en pleine possession de mes moyens physiques. Je n’ai jamais été aussi forte physiquement. » Un physique qui l’a portée à 6,93 m mais avec +4,3 m de vent. « C’est un record personnel mais ça ne compte pas, riait-elle. Je suis un peu frustrée car je suis vraiment en forme. Donc c’est dommage que ça ne se concrétise par une performance avec un vent régulier. Mais le principal c’est de savoir que je suis de retour. »

Un retour que Lesueur va prolonger dimanche avec la finale du triple saut. Et c’est une bonne nouvelle pour le spectacle.

Tous les résultats.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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