PhilippeChapus

Philippe Chaput, animateur des 10 et 20 km de Tours, ainsi que du marathon, admet que les mesures de sécurité limitent l’affluence des courses tourangelles.

 

Philippe Chaput, le speaker officiel et acteur de l’organisation des 10 et 20 km de Tours, revient pour Track and Life sur les derniers jours compliqués au sein de l’organisation de l’événement tourangeau, support des Championnats de France de marathon cette année. Après avoir frôlé l’annulation, l’organisation revoit toute sa logistique pour répondre aux demandes sécuritaires des autorités. Interview.

– Track and Life : Philippe, où en êtes-vous  concernant l’organisation du Marathon de Tours ainsi que des 10 et 20 km (18 septembre), finalement maintenus ?

« Les derniers jours sont très compliqués. Nous avons dû modifier les parcours des 10 et 20 km pour répondre aux exigences sécuritaires des autorités. Nous n’avons eu l’accord de la préfecture que vendredi dernier (2 septembre). Habituellement, cette période pré-événement est l’occasion de faire les derniers fignolages. Là, on a beaucoup moins de temps pour ça.

« On ne pourra pas faire ça tous les ans »

– Comprenez-vous ces demandes des autorités pour une sécurité maximale ?

Je comprends les autorités qui veulent mettre un maximum de sécurité. Nous nous sommes beaucoup battus cette année pour maintenir l’épreuve. Mais on ne pourra pas faire ça tous les ans. On a dû remesurer les parcours, tout reflécher, alors que tout était prêt depuis le mois de mai. C’est même dommage d’un point de vue sportif car nous souhaitions labelliser le 20 km cette année. On s’était rendu compte que l’édition 2015 avait été parmi les plus rapide au monde avec la deuxième meilleure performance mondiale sur 20 km (Norbert Kigen en 58’31). On comptait donc accentuer la communication sur ça pour améliorer le plateau cette année. Mais là, comme ç’a changé, ce n’est pas évident.

– Quelles étaient les demandes de la préfecture en terme de sécurité ?

Clairement, il faut un jalonneur et une autre personne avec un véhicule quasiment à chaque intersection du parcours. Les 170 voitures on les a eues grâce à la solidarité des gens. On a d’ailleurs doublé le nombre de bénévoles par rapport aux précédentes éditions avec 1 300 personnes mobilisées.

« Il ne faudrait pas que quelqu’un ait une mauvaise idée »

– Vous n’êtes d’ailleurs pas la première épreuve touchée par ces obligations sécuritaires.

J’essaie de rentrer en contact avec nos camarades qui organisent d’autres événements pour les tenir informés des demandes que la préfecture nous a faites. Mais ça dépend des préfectures. Il y a des circuits qui sont plus faciles à sécuriser que d’autres. Pour les 10 km et le semi-marathon de Rennes (9 octobre) par exemple, cela semble en bonne voie. Finalement, ça tombe sur les grandes courses de septembre. Nous sommes les premiers à essuyer les plâtres comme Lille, qui a été annulé, ou le Médoc (10 septembre), où c’est chaud également pour l’organisation. Alors que les organisations qui ont lieu un peu plus tard peuvent anticiper. Nous, nous n’avons été prévenus de ces problèmes qu’après le 15 août.

– Vous qui êtes régulièrement sur les événements, comment vivez-vous ces moments délicats liés à l’insécurité engendrée par les attentats terroristes ?

Je pense souvent à la possibilité d’un acte terroriste sur un événement. Je suis quelqu’un de sensible donc ça me touche beaucoup. Lors des derniers Championnats de France Elite d’athlétisme à Angers, je me suis dit plusieurs fois, en me retournant vers les tribunes : “il ne faudrait pas que quelqu’un ait une mauvaise idée“. D’ailleurs, ce week-end, je vais animer la course Odyssea à Brest (11 septembre). Le matin, lors de l’échauffement, avec plus de 10 000 personnes devant moi, je suis sûr que je vais y penser.

« Les gens ne veulent plus s’inscrire en avance »

– Ce phénomène de peur se reporte-t-il sur les inscriptions à ces courses ?

Oui, il y a eu une chute du nombre d’engagés cette année. Les gens ont attendu le feu vert de la préfecture pour s’inscrire. On le sent sur l’ensemble des courses : il y a une certaine réticence. Mais c’est valable pour beaucoup de courses comme les 20 km de Paris (9 octobre) ou Paris-Versailles (25 septembre) où ils restent encore des dossards disponibles alors que ce n’est pas le cas d’habitude à cette période. Les gens ne veulent plus s’inscrire en avance par peur de voir la manifestation annulée.

Pour tout savoir sur le marathon  et les 10 et 20 km de Tours.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Post a comment