Predea Manounou

Qualifié aux Championnats du Monde juniors, Predea Manounou a été disqualifié après sa série du 400 m haies qu’il avait pourtant remportée.

 

Vainqueur du 400 m régional ce samedi soir en avant-première du meeting de Paris au Stade de France, Predea Manounou (19 ans) a conclu de la meilleure des façons une très belle saison 2016, qui l’aura vu réussir le doublé national chez les juniors sur 400 m haies et découvrir le niveau mondial, malgré une disqualification en série. Rencontre.

La première fois que nous avions rencontré Predea Manounou – prononcer « Predy » – ce grand échalas enchaînait les tours de piste, torse nu, dans la salle Jesse Owens de Val-de-Reuil. Nous étions venu pour son compère d’entrainement Mickaël meba Zeze (voir article), auteur d’une saison en salle probante et qui allait quelques mois plus tard participer aux Jeux de Rio.

« Mon rêve c’était de courir sur le terrain de foot du Stade de France »

Lui, était champion de France juniors du 400 m haies (vice-champion de France juniors du 200 m en salle également) et lorgnait sur les Mondiaux de Bydgoszcz. Nous l’avons retrouvé ce samedi soir, tout sourire, à la suite de son 400 m victorieux (48’’75, record personnel) lors du pré-programme du meeting de Paris au Stade de France, avec toujours la même voix roque et ce ton timide. « Mon rêve c’était de courir sur le terrain de foot du Stade de France, avouait-il. Aujourd’hui, c’était sur la piste, mais ça fait quand même plaisir. C’est géant le Stade de France quand tu es au milieu. J’avais le stress, j’avais vraiment peur de courir ici. »

Un sourire que le garçon a quasiment porté toute la saison. Auteur de 52’’02 dès le deuxième tour des interclubs sur 400 m haies, le protégé de Pierre Grondin répondait présent aux Championnats de France à Châteauroux pour remporter son second titre dans la catégorie et valider son ticket pour les Championnats du Monde juniors. « Tous les objectifs que mon coach m’avait donnés en début de saison je les ai tous atteints, donc je suis vraiment content ! »

50’’95 en série des Mondiaux avant d’être disqualifié

Il a même failli faire mieux en Pologne. Placé couloir 9, le Normand réalisait une série incroyable pour boucler la ligne en 50’’95, record personnel explosé et un couloir idoine pour la demi-finale des Championnats du Monde juniors le lendemain. Malheureusement, ce dernier se voyait disqualifié à cause d’un passage illicite d’une haie (voir article). « J’ai su que j’étais disqualifié plusieurs minutes après la course, se souvient-il. J’étais vraiment dégoûté. Même aujourd’hui je suis encore dégoûté. Dans la course, je ne me suis pas rendu compte que j’avais fait une erreur car j’étais à fond dedans. J’avais vraiment fait ce chrono facilement donc j’étais vraiment content mais ce n’est pas grave, c’est la vie.  Ca fait partie de la carrière. Cette année je ne me suis pas beaucoup entrainé techniquement sur les haies, on a plutôt préparé un vrai schéma de course. Et l’année prochaine, on va bosser la technique et j’espère que ça va aller plus vite. »

Des snapchats de Rio

Mais en attendant 2017, il fallait terminer 2016. Un temps en discussion pour courir sur le 400 m haies du meeting de Zurich, Predea Manounou s’est rabattu sur le Stade de France, faute de place en Suisse. Une compétition bien lointaine quand on sait que les Mondiaux juniors se sont terminés le 24 juillet. « J’étais tout seul à l’entrainement. Vers la fin je voulais arrêter la saison tellement c’était chiant ! Mais là je vais pouvoir en profiter pendant un mois et demi et je reprendrai en octobre. »

D’ici là, il aura le temps de penser aux Jeux olympiques qu’il a pu vivre un peu de l’intérieur avec les snapchats de son ami Mickaël meba Zeze, qualifié à Rio sur le relais 4×100 m. « Mickaël m’a envoyé des snaps. L’ambiance était magnifique, j’aurais aimé y être. J’ai regardé les 400 m haies en m’intéressant aux schémas de course des athlètes. J’ai un peu appris. J’espère qu’en 2020 ou 2024 je serai là. »

Dans tous les cas, il se souviendra de cette folle saison 2016 où en plus du côté sportif, il a décroché son BAC et son permis. Un quasi sans faute !

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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