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L’ex-internationale Fabé Dia continue de prendre du plaisir sur les pistes. (copyright : Fabé Dia.)

 

L’ex-internationale vit depuis plus de dix ans en Italie où sa vie continue d’aller à cent à l’heure, entre ses activités professionnelles, sa vie de famille et le stade d’athlétisme qu’elle fréquente encore un petit peu.

Début janvier, Fabé Dia bouclait un 60 m en 7’’68 à Dolo en Italie. Un temps canon, surtout pour une athlète de 38 ans, qui s’entraine seulement deux fois par semaine. « Avec ce temps je suis qualifiée pour les Championnats d’Italie, rigole-t-elle. Dans ma course, il y a même une jeune fille qui m’a demandé si mon âge était le bon car j’avais le même que sa mère. (rires) »

Encore auteure d’un chrono de 7’’54 il y a deux ans – « avec trois entrainements par semaine », précise-t-elle – Fabé Dia ne court plus pour la montre mais seulement pour le plaisir. « L’athlétisme est aujourd’hui un divertissement. Après mon accouchement, je suis allée à la salle de musculation pour perdre du poids. Mais j’avais besoin du contact de la piste. J’ai repris tranquillement. Mais je n’ai plus d’objectifs comme avant que ce soit en terme de chrono ou de qualification pour des grands championnats. Je veux juste passer du bon temps. Je vis ça différemment. Je n’ai plus le stress de la performance et ça me permet d’avoir un peu de temps pour moi. »

Une médaille olympique oubliée

Une philosophie loin de celle d’une athlète de haut niveau qu’elle a été pendant quinze ans. Vice-championne d’Europe juniors du 200 m en 1995, la Creilloise d’origine a tout connu, des Championnats d’Europe en individuel aux relais des Mondiaux et des Jeux olympiques (23’’02 sur 200 m en 1999). « Mon plus beau souvenir reste les Jeux de Sydney. C’était vraiment incroyable ! » Quatrième de la finale du relais 4×100 m, la France termine à 24’’ centièmes d’une équipe américaine emmenée par la sulfureuse Marion Jones. Convaincue quelque mois plus tard de dopage, celle-ci se verra retirer toutes ses médailles individuelles (or sur 100 et 200 m, bronze à la longueur) et sera exclue également du relais, insuffisant pour que les Françaises récupèrent le bronze. « Les Américaines n’ont jamais voulu rendre leurs médailles, disant qu’elles n’y étaient pour rien dans le dopage de Jones. »

Membre du relais français pendant de nombreuses années, la protégée de Guy Ontanon était également de la fête parisienne en 2003 (4×100 m féminin champion du monde). Mais dans un rôle de remplaçante qu’elle a souvent occupé, et qu’elle a quasiment toujours accepté. « A Paris, je savais que je n’allais pas courir. Le programme permettait aux filles de courir les deux tours du relais malgré leurs épreuves individuelles. Courir chez moi aurait été un rêve. Mais il faut ouvrir les yeux, je n’avais pas ma place sur la piste. Il y avait déjà une équipe de feu (Christine Arron, Muriel Hurtis, Patricia Girard et Sylvianne Félix). C’était déjà grand d’être dans ce collectif de très haut niveau. »

« Le rôle de remplaçant dans un relais n’est pas un problème »

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Aujourdhui, Fabé Dia travaille pour la marque Diadora. (copyright : Fabé Dia.)

Le seul regret de son histoire avec le relais, Fabé Dia le pointerait sur les Championnats d’Europe de Munich en 2002. « Le rôle de remplaçant dans un relais n’est pas un problème si les choses sont bien faites en amont avec les entraineurs. Tous les schémas étaient prévus à l’avance selon les résultats individuels et le programme du relais. Mais à Munich, j’avais ma place en finale du relais mais je n’ai pas couru. J’ai été frustrée. »

Une petite frustration dans une longue carrière de haut niveau qui s’est arrêtée en 2010 à la naissance de son petit garçon. « Quand j’ai eu mon fils, j’ai perdu en motivation, avoue Fabé Dia. Pour faire du haut niveau il faut s’entrainer tous les jours, avoir le temps de récupérer, ce n’était plus mon cas. Et je ne me voyais pas continuer pour faire des temps moyens. Ce que j’ai donné, je l’ai donné. J’ai toujours détesté me faire battre, mais encore plus par des filles avec des chronos moyens. »

« Plus de 200 mètres ! »

Une philosophie qu’elle a omise lors des Interclubs la saison passée avec Martigues. « Je me suis éclatée à faire la longueur (5m34) mais sur le 200 m je n’ai pris aucun plaisir (25’’50). J’ai vraiment galéré. Quand tu as un passé sur une discipline c’est dur de te voir régresser. Donc je veux bien faire de la longueur, du 100 m mais plus de 200 m ! »

Et aussi un peu de 60 m en salle, distance sur laquelle elle devrait s’aligner aux Europe Master qui se dérouleront en Italie (du 29 mars au 3 avril à Ancône). Un petit intermède dans un emploi du temps surchargé entre des cours de crossfit dans deux salles de musculation et son emploi au service marketing de la marque Diadora dont le siège est à Trévise. « J’ai travaillé pendant deux ans pour relancer la marque en France. Maintenant, je suis sur un gros projet autour de la femme. On sponsorise 150 manifestations dans lesquelles je dois créer un événement autour de la cause féminine. »

Des médailles égarées

Installée en Italie (Piove di Sacco) depuis 2004 pour suivre Andrea Longo (ex-international italien sur 800 m), l’Isarienne a gardé un contact avec l’athlétisme français. « L’athlétisme est ma passion. Je suis toujours les résultats des « anciens » comme Kafétien (Gomis) ou Ladji (Doucouré). J’ai participé au jubilé de Muriel (Hurtis) l’année dernière et j’ai revu Christine (Arron) lors d’un événement organisé par Diadora. »

Des contacts qui lui rappellent sa carrière, à défaut des médailles ou autres trophées dont elle a perdu la trace. « Des fois on me demande de montrer mes médailles mais je ne sais pas où elles sont, sûrement chez ma mère. Mon mari c’est l’inverse. Sa mère lui a construit une belle vitrine éclairée où toutes ses récompenses sont exposées (rires). »

Une vitrine qui pourra peut-être un jour servir pour le fils du couple, bientôt six ans et déjà en avance. « Il est plus doué que les enfants de son âge, avance Fabé Dia. Il a quelque chose en plus. » Sa mère le verrait même sur le tour de piste. « C’est vrai qu’il pourrait être un bon coureur de 400 m avec une mère spécialiste du 200 m et un père du 800 m. »

L’athlétisme et Fabé Dia, un plaisir loin d’être terminé.

Diadora de retour en France
Depuis quelques années, la marque italienne refait parler d’elle dans l’univers du running sous la direction marketing de Gelindo Bordin, champion olympique de marathon en 1988 à Séoul. « La marque avait quasiment disparu dans les années 2000, explique Fabé Dia, qui travaille au service marketing. Elle était pourtant très présente dans le running dans les années 90.  Mon but a été de la relancer en France. Le premier distributeur a été le magasin TopPerf de Compiègne, puis on a réussi à signer avec Lepape, la Boutique Marathon et d’autres. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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