Europe de cross

L’équipe juniors masculine (avec de bas en haut, Jimmy Gressier, Mohamed-Amine El Bouajaji, Louis Gilavert, Clément Leduc et Hugo Hay) sera l’atout médaille numéro un pour l’équipe de France.

 

Suite aux différents cross de sélection, l’équipe de France d’athlétisme connaît ses armes à l’approche des Championnats d’Europe de Chia (11 décembre, Italie). Retour sur les chances de médailles de cette délégation avec les deux entraineurs nationaux Philippe Dupont et Pascal Machat.

Sauf incroyable désillusion, la plus grande chance de médaille pour l’équipe de France lors des prochains Championnats d’Europe de cross repose sur les jeunes épaules des juniors garçons. Malgré la forme moins pétillante du vice-champion d’Europe en titre Fabien Palcau (voir article), seulement huitième des sélections, la formation tricolore possède de sérieux atouts qui ne peuvent que lui permettre de monter sur la boîte, voire conserver son titre. « Chez les juniors, on a une belle équipe, on peut être champions d’Europe, avance Pascal Machat, responsable national du demi-fond jeunes. Le problème c’est qu’on va rencontrer les Italiens chez eux, qui ont aussi une belle génération. »

Gressier peut viser une médaille

Deuxième à Hyères en 2015, les Italiens seront en effet survoltés cette année en Sardaigne. Mais contrairement à l’équipe française, les Transalpins ont perdu Crippa (1er en 2015) et Ettaqy (5e en 2015), deux de leurs meilleurs coureurs, montés dans la catégorie supérieure. Et même si Pietro Riva (10e à Hyères et auteur de 29’25’’09 cet été sur 10 000 m) et Yohans Chiappinelli (20e à Hyères et 8’32’’66 cet été sur steeple) seront des adversaires redoutables, les Bleus ont gardé la même ossature avec Fabien Palcau, Mohamed-Amine El Bouajaji (7e à Hyères) et surtout Jimmy Gressier (4e à Hyères). « Jimmy est en pleine dynamique de progrès depuis deux ans, constate Philippe Dupont, manager national du demi-fond. C’est un mec qui ne se pose pas beaucoup de questions et qui est vraiment vaillant. Il court à la mesure de ses ambitions et c’est ce qu’on aime voir ! »

Gressier devrait donc être l’atout numéro un pour une médaille en individuel. « Là j’ai passé un cap, avoue celui qui a survolé le cross de sélection à Gujan-Mestras (voir article). J’ai changé mes conditions d’entrainement, mon cadre de vie, et ça me donne de la confiance. Je pense au titre comme tous ceux qui ont fait dans les quinze l’année dernière. »

Des seniors femmes moins fortes qu’en 2015 ?

Derrière ce possible doublé (médaille par équipes et en individuel) chez les juniors, la délégation française pourra se reposer sur l’équipe seniors, toujours aussi solide avec les indispensables Florian Carvalho et Morhad Amdouni, respectivement sixième et neuvième à Hyères. Avec eux, Timothée Bommier, Michael Gras, Djilali Bedrani et Abdellatif Meftah donnent une très belle densité à cette équipe, ce qui assure quasiment une médaille aux Français. Battre les Espagnols, champions en titre, sera en revanche compliqué.

médailles

Philippe Dupont a été rassuré par les performances des Françaises (Laurane Picoche, Aurore Guérin, Sophie Duarte et Samira Mezeghrane) lors du cross de l’Acier.

 

Pour leurs homologues féminines, rééditer la médaille d’argent par équipes de 2015, paraît peu probable, notamment avec les absences de Clémence Calvin et Christelle Daunay. « On a été un peu pessimistes sur les dernières semaines, avoue Dupont. La course de l’Acier me rassure un petit peu sur leurs niveaux. La forme monte donc c’est intéressant et il y a moyen de retrouver un peu d’optimisme là-dedans. »

Des questions chez les jeunes

Des espoirs, il y en a également dans la catégorie du même nom, avec deux équipes médaillées l’année dernière. Même si les garçons, qui ont gardé à peu près la même ossature (Félix Bour, Alexandre Saddedine, Emmanuel Roudolff-Levisse), paraissent beaucoup mieux armés que les filles (même si Oudiou et Geyer—Carles devraient jouer devant). « Les espoirs garçons ont moins de marge mais peuvent quand même monter sur la boîte, lance Machat. Chez les filles, ça risque d’être plus difficile. »

Même constat pour la sélection des juniors féminines, marquée par l’absence de Cassandre Beaugrand et composée de quatre athlètes (Mathilde Sénéchal, Oriane Miton, Alizée Benaiteau et Leila Hadji) dont ce sera la première sélection internationale. « On a un pari sur l’avenir avec des filles qui arrivent, juge Pascal Machat. C’est difficile avant la course d’annoncer s’il y aura un podium. »

Quatre médailles devraient donc être un objectif atteignable. « On a fait six médailles l’an dernier et c’est le meilleur résultat qu’on ait jamais eu (avec Bruxelles en 2008), conclut Dupont. Quand on fait trois ou quatre médailles, c’est un bon résultat. Quand on en fait six, c’est un très bon. C’est tout l’aléatoire du cross. Si ça veut sourire… »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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