Estelle Perrossier

Estelle Perrossier a décidé de changer de distance pour la suite de sa carrière.

 

L’internationale Estelle Perrossier (27 ans) a décidé de continuer sa carrière sur 800 m après six années consacrées au tour de piste et plusieurs sélections en équipe de France. Un choix qui respecte une logique d’entrainement prévue depuis longtemps avec son entraineur Franck Matamba du côté de Lyon. Entretien.

Ce mardi 31 janvier, Estelle Perrossier sera au départ du 800 m du meeting de Reims pour le début d’une nouvelle carrière. Spécialisée sur 400 m depuis son éclosion à haut niveau en 2013 (52’’91 cette année là), la Lyonnaise a décidé de monter sur la distance supérieure pour la suite de sa carrière. « C’est une reconversion pour la suite de ma carrière, explique-t-elle. J’ai envie de changer de discipline. Surtout que je pense avoir atteint mes limites sur 400 m et que le 800 m devrait mieux convenir à mes qualités physiques. »

Une évolution prévue depuis longtemps

Une analyse que son entraineur Franck Matamba avait faite dès 2010. « Je viens du demi-fond mais le coach trouvait que je manquais de vitesse pour en faire à haut niveau. On est donc allés sur le 400 m pour m’amener une grosse base de vitesse en vue du 800 m. Mon objectif n’a jamais été de faire que du 400 m. Il y a toujours eu l’idée de faire du 800 m. On avait dit qu’on améliorerait la vitesse jusqu’au moment où on verrait mes limites. »

De 2010 à 2016, Estelle Perrossier s’est donc cantonnée à un seul tour de piste pour s’arrêter à un record à 52’’25 (2015) et à des sélections dans le relais 4×400 m aux Championnats d’Europe de Zurich (2014) et aux Championnats du monde de Pékin (2015). Pas mal, pour une athlète « limitée par ses qualités de vitesse ».

Mais depuis sa reprise en septembre, c’est le 800 m qui occupe toute son attention. Et c’est donc sur un entrainement avec plus de volume qu’elle s’est évidemment tournée. « Je sors d’une grosse période de volume. Mais je me suis toujours plus entrainée comme une coureuse de 800 m qui faisait du 400 m. »

Des ambitions sur 800 m

Sa rentrée ce samedi au meeting de Nantes en 54’’47 en est d’autant plus intéressante. « Le but était de courir relâchée comme sur un 800 m. J’avais de bonnes sensations. Je pense que j’aurais presque pu faire un 500 m sur la même allure. Ca fait plaisir d’avoir ces sensations là en 54’’, alors que je ne prépare plus le 400 m. Je me sens à l’aise. »

De bonnes sensations qu’elle va pouvoir tester dès le meeting de Reims avant d’enchaîner avec les 800 m d’Eaubonne (10 février) et de Metz (12 février). De quoi engranger de l’expérience sur une discipline qu’elle connaît peu, malgré deux essais lors de la saison 2015 (2’06’’67). « Je n’ai pas peur de ne pas avoir d’expérience. Pour le 400 m, j’ai commencé à 20 ans et en trois ans, j’étais en équipe de France. Je vais m’accrocher. On prend des tartes au début et après ça passe. »

Dans une discipline sans leader cet hiver en l’absence de Rénelle Lamote, des places sont à prendre en vue des Championnats d’Europe en salle de Belgrade (3 au 5 mars, minima 2’03’’50). Même si la marche semble un peu haute pour un premier galop d’essai. « J’aimerais faire 2’05, lâche Perrossier. Après je pense évidemment aux Europe mais ça risque d’être compliqué surtout que ça dépend aussi des conditions de course et des lièvres. Mais j’ai hâte car je me sens très bien. J’ai l’impression de redécouvrir l’athlétisme. Je retrouve de la naïveté, ça fait du bien. J’ai l’impression de progresser. »

Premiers éléments de réponse dès ce mardi à Reims (31 janvier), où ce n’est pas 400 m mais bel et bien 800 m qu’elle devra parcourir.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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