Emma Oudiou

Médaillée de bronze lors des derniers Championnats d’Europe espoirs sur 3 000 m steeple, Emma Oudiou est ambitieuse en cette année olympique.

 

Championne de France du 3 000 m en salle cet hiver, Emma Oudiou (21 ans) a franchi un cap depuis un an et sa prise de conscience sur ce qui lui manquait pour exploiter tout son potentiel.

L’hiver 2015 aurait pu marquer l’arrêt de carrière d’Emma Oudiou. Pourtant encore très jeune (20 ans à l’époque), la protégée de Thierry Choffin n’en pouvait plus de passer à côté des grands rendez-vous, malgré des résultats déjà probants (plusieurs médailles nationales et une 15e place mondiale en juniors sur le steeple en 2014). Très talentueuse, peut-être trop, elle ne parvenait pas à exprimer tout son potentiel. De quoi vraiment penser à raccrocher les pointes. « Après l’hiver 2015 qui avait été catastrophique, je me suis dit : “soit j’arrête l’athlétisme, soit je m’y mets vraiment“. Je m’investissais trop et il n’y avait pas les résultats escomptés. On en avait discuté avec Thierry (Choffin, son entraineur) et ce n’était plus possible de continuer comme ça. »

« J’ai décidé de m’entrainer avec plus d’envie et de hargne »

Lassée par des places d’honneur, loin des lauriers qu’on lui promettait, l’athlète de l’Athlé Sud 77 effectue sa mue pendant l’intersaison 2015 pour attaquer la saison estivale avec une toute nouvelle mentalité. « Il fallait que je m’y mette autant à l’entrainement qu’en compétition. Je faisais déjà des sacrifices mais j’ai décidé de m’entrainer avec plus d’envie et de hargne. C’est vraiment plus au niveau du mental que j’ai fait des efforts. Je me suis remise en question. »

Une mue vite récompensée car dès son premier steeple de la saison, elle pulvérise son record (9’47’’87 contre 10’12’’69 en 2014), ce qui lui ouvre les portes de l’équipe de France seniors pour la Coupe d’Europe par équipes. « Cette compétition a été extrêmement stressante car nos points comptent pour l’équipe de France. Je n’avais pas intérêt à me louper. Mais cela s’est très bien passé (3e du 3 000 m steeple). »

Surprise par ses résultats

Derrière, sa saison s’est déroulée comme dans un rêve avec en conclusion une médaille de bronze aux Championnats d’Europe espoirs sur le steeple, un record personnel en prime (9’44’’74). De quoi valider son nouvel investissement. « Cette remise en question a donné des résultats qui m’auraient surprise six mois auparavant. Mais je sentais qu’à l’entrainement j’avais débloqué des choses et que je pouvais faire un truc. Ca s’est confirmé au fur et à mesure de la saison. Ca m’a vraiment relancée. »

Emma Oudiou et Thierry Choffin

C’est au cours d’une discussion avec son entraineur Thierry Choffin qu’Emma Oudiou a pris conscience des changements qu’elle devait apporter à sa pratique.

 

Un nouveau statut qui s’est confirmé cet hiver avec une huitième place aux Championnats d’Europe de cross espoirs et un titre sur le 3 000 m des Championnats de France Elite en salle. « Aux Europe, j’étais complètement surprise, avoue-t-elle. Je ne m’attendais pas à faire ça. Dans les 15-20, cela aurait été déjà génial, alors huitième… Alors qu’aux Elite, je savais que je pouvais gagner et j’étais venue pour ça. »

Possibilité de se qualifier pour les Europe

Et malgré un petit raté aux Championnats de France de cross court (8e) – « je suis déçue car ce n’est pas ce que j’espérais faire » – sur un parcours très boueux, peu à son avantage, Emma Oudiou est motivée comme jamais à l’amorce de cette saison estivale. Actuellement en stage à la Réunion avec son groupe d’entrainement du pôle espoirs de Fontainebleau, elle fera son entrée au meeting de Saint-Denis avant un mile (1609 m) dans les rues de Rome le 1e mai.

Puis, il sera temps d’attaquer les choses sérieuses avec les premiers steeple. « Il y a des filles très fortes sur le steeple. Mais le fait d’avoir vécu une première sélection chez les seniors la saison passée ça me donne encore plus envie d’en revivre d’autres. Il y a la possibilité d’aller voir ce qui se passe aux Championnats d’Europe (minima sur le steeple : 9’42’’00). En tout cas je m’entraine pour ça. »

Et maintenant, elle met son mental au service de son talent.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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