réfugiés

Les athlètes se sont entrainés pendant plusieurs mois au Kenya pour décrocher leur sélection.

 

A partir du 12 août (jusqu’au 21), les épreuves d’athlétisme débuteront dans le stade du Maracana de Rio. Parmi tous les athlètes engagés, dix appartiendront à l’équipe des réfugiés olympiques, dont six spécialisés en athlétisme. Dans un reportage diffusé ce samedi sur France 24 (30 juillet, 22h15), les journalistes de la société de production BEW TV ont suivi certains d’entre eux au Brésil (deux judokas) mais surtout au Kenya, dans un camp d’entrainement, où une vingtaine de ces champions se sont entrainés pour décrocher leur ticket. Track and Life a pu découvrir ce documentaire en avant-première.

Ils viennent du Congo, de Somalie, du Sud Soudan, et ont un point commun : ils ont fui la mort. Arrivés dans les camps pour réfugiés de Dadaab et Kakuma au Kenya, Rose, Gaston et les autres n’avaient plus rien. Avec la mise en place, en mars dernier, d’une équipe de réfugiés pour les prochains Jeux olympiques de Rio, le CIO (Comité international olympique) leur a donné une direction vers laquelle courir. « C’est la première fois qu’il y aura une équipe dé réfugiés aux JO, explique Thomas Bach, le président du CIO, dans le reportage de BEW TV. Parce que le monde vit une crise sans précédent avec 20 millions de réfugiés et 60 millions de personnes déplacées. Le CIO considère qu’il faut envoyer un message de solidarité. »

Camp d’entrainement au Kenya

De 43 athlètes (tous sports confondus) repérés dans le monde, seuls dix seront présents aux Jeux Olympiques de Rio. Parmi eux, six réfugiés inscrits sur les épreuves d’athlétisme (voir la liste par ailleurs). Arrivés des quatre coins de l’Afrique, ces hommes et ces femmes ont fui la guerre, avant de se retrouver au Kenya, comme Gaston Kiza Nzanzumu, qui a dû marcher 2 000 km depuis le Congo pour sauver sa peau. Intégrés à la suite de journées de détection au camp d’entrainement de l’ex-internationale kenyane Tegla Loroupe (deux fois médaillée de bronze aux Mondiaux sur 10 000 m et victorieuses de plusieurs grands marathons comme celui de New-York et Londres) à Ngong (ville située à 2 300 m d’altitude à 30 km de Nairobi), ces athlètes ont pu s’entrainer deux fois par jour pendant plusieurs mois pour essayer de réaliser leur rêve. « C’est un défi pour moi, explique Gaston, qui tente de se qualifier pour le 1 500 m. Mais c’est également un défi pour les réfugiés et le monde entier. »

Aux côtés de vrais athlètes professionnels kenyans, ils ont pu parfaire leurs conditions physiques et s’étalonner sur des compétitions locales, avant d’être officiellement sélectionnés par le CIO. Malheureusement, tous n’ont pas eu cette chance. Mais les athlètes non sélectionnés n’en ont cependant pas fini avec le sport de haut niveau, puisque la fondation Loroupe continuera d’accueillir des réfugiés sportifs pour leur permettre de développer leurs talents.

Améliorer la condition des réfugiés

Pour les heureux élus comme Rose Nathike Lokonyen, spécialiste du 800 m, le rêve ne fait que commencer. « Je veux prouver qu’un réfugié peut être aussi fort que les autres sportifs. Nous serons les ambassadeurs de tous les réfugiés. » « Peut-être qu’il y a des athlètes de talent parmi les réfugiés qui n’ont pas encore eu le temps de se révéler, continue James Nyang Chiengjiek, qualifié sur le 1 500 m. Nous devons regarder en arrière et voir si nos frères ou nos sœurs ont du talent. Si c’est le cas, nous pouvons les inviter à s’entrainer avec nous et leur permettre d’améliorer leur vie. »

Des ambassadeurs qui défileront sous la bannière olympique à la vue du Monde le 5 août prochain lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux.

L’athlétisme en force dans la sélection
Parmi l’équipe des réfugiés, six pratiquent l’athlétisme : Rose Nathike Lokonyen (Soudan du Sud, 800 m), Paulo Amotun Lokoro (Soudan du Sud, 1 500 m), Yiech Pur Biel (Soudan du Sud, 800 m), Yonas Kinde (Ethiopie, marathon), Anjelina Nadai Lohalith (Soudan du Sud, 1 500 m), James Nyang Chiengjiek (Soudan du Sud, 800 m). Les quatre autres athlètes sont spécialisés en natation et en judo.

 

Découvrez le teaser du reportage de BEW TV.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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