David Kuster

David Kuster vient de battre son propre record de France juniors du 5 000 m marche en salle.

 

Auteur d’un nouveau record de France du 5 000 m juniors en salle hier à Reims, David Kuster continue son ascension vers les sommets. A seulement 18 ans, le marcheur, qui a rejoint cette saison Yohann Diniz et son entraineur Gilles Rocca à Reims, est ambitieux et se donne les moyens de l’être. Rencontre.

Depuis qu’il s’est mis à la marche, David Kuster est toujours allé vite, très vite. D’ailleurs, ce dimanche, à Reims, l’athlète du Pays de Colmar Athlétisme a battu un nouveau record de France du 5 000 m junior en salle en 20’00’’8 (ex-record :20’11’’20).

Un départ pour progresser

Une première étape qui valide le changement de structure d’entrainement qu’a connu le marcheur à l’intersaison. Entrainé par son père du côté de Colmar depuis ses années cadets, David Kuster a décidé de venir s’installer à Reims pour intégrer le CREPS et surtout rejoindre Gilles Rocca, l’actuel entraineur d’un certain Yohann Diniz«Ca faisait trois ans que j’étais entrainé par mon père, explique le marcheur. J’ai eu de bons résultats mais ça commençait à devenir difficile car il doit travailler et le haut niveau prend beaucoup de temps. Il valait mieux trouver un entraineur. J’ai rencontré Gilles en stage au Portugal et j’ai bien aimé sa façon de voir. Et comme je travaillais déjà avec du vélo et la natation et que c’est ce qu’il fait aussi, je me suis dit que c’était vraiment la personne qu’il me fallait. Et vu que le pôle national s’est créé à Reims, c’était une opportunité pour venir ici. »

Un choix fort que le garçon assume totalement, lui qui lorgne sur le haut niveau depuis des années. « Depuis que je suis petit, je baigne dans une famille de coureurs. Mes tantes sont les sœurs jumelles (Simone et Line Kuster) qui ont été championnes de France. Je me donne les moyens car je sais que je veux faire de ça ma vie. Je veux aller aux Jeux olympiques. J’ai déjà vraiment adopté l’hygiène de vie d’un professionnel. Dès les catégories minimes, je me suis intéressé à plein de paramètres de la performance comme la diététique. D’ailleurs, je fais actuellement une formation dans ce domaine. J’ai vraiment déjà une très bonne hygiène de vie. C’est l’un de mes points forts. Je ne le fais pas par contrainte. Ca me plaît de vivre comme ça. Sortir ce n’est pas mon truc. Moi ce que j’aime c’est m’entrainer et récupérer. »

Fan de Vincent Luis

Une philosophie que le marcheur emprunte volontiers au triathlète du cru Vincent Luis, dont il est fan. « Comme modèles j’ai bien sûr Yohann mais également Vincent Luis, j’adore sa mentalité. J’ai toujours suivi ses performances, je suis vraiment fan de lui, c’est vraiment un exemple pour moi. Il met tout en place pour réussir, il se tape des heures d’entrainement. J’aime vraiment le personnage. »

Des personnages, l’international juniors en croise beaucoup depuis qu’il est arrivé à Reims, entre Mahiedine Mekhissi et son groupe d’entrainement, Pascal Martinot-Lagarde ou encore Teddy Tamgho et sa team de sauteurs. De quoi baigner en plein dans ce haut niveau. « Les voir en vrai alors que je les voyais à la télévision, ça fait un peu bizarre. Mais au final, on voit que ce sont des personnes normales et que c’est possible de faire la même chose qu’eux. »

Inspiré par Yohann Diniz

Un constat qui prévaut également pour Yohann Diniz, tout frais champion du monde du 50 km marche et que Kuster côtoie de plus en plus aux entrainements. « J’essaie de l’observer à l’entrainement, c’est vraiment un modèle. » Un modèle qui l’a guidé vers la marche, lui qui à ses débuts, comme Diniz d’ailleurs, n’était pas très à l’aise avec sa pratique. « Quand j’étais plus jeune, j’avais un peu honte du regard des autres. Après, en réfléchissant, je me suis dit que c’était pour moi que je le faisais. Mais la mentalité a beaucoup changé. Maintenant, les gens sont beaucoup plus admiratifs des marcheurs grâce à Yohann. »

Un Diniz capable d’enchainer évidemment les kilomètres en marchant mais également en courant et en nageant. Un entrainement couplé que David Kuster réalise de son côté depuis cadets. « L’entrainement croisé je sais que ça permet d’augmenter les charges sans se blesser. Du coup, j’ai toujours fait ça en récupération. Maintenant, on travaille également en intensité en vélo et en natation. Et quand j’ai su que Yohann le faisait également je me suis dit que j’étais sur la bonne voie. C’est vachement plus varié, ça permet de tenir. On ne s’ennuie pas du tout. C’est l’avenir de la marche et du demi-fond.»

Partisan de l’entrainement couplé

Pour lui, l’avenir se présente avec une saison en salle où il aimerait venir titiller les meilleurs seniors, avant de se lancer dans un été où il aimerait réaliser deux Top 5 lors de la Coupe du Monde de marche (en Chine) et les Championnats du monde juniors. A la vue de sa première sortie, tous les feux sont au vert. « Gilles fait beaucoup travailler les variations d’allure, explique le médaillé de bronze des Championnats d’Europe cadets 2016. Avant, j’avais l’habitude de travailler au train et je faisais pareil en compétition. Là, j’étends mon panel. Je sais changer de rythme. J’ai déjà pas mal progressé. »

Une progression qui devrait le mener sur les 50 km des prochains Jeux olympiques de Tokyo. « J’ai pour objectif d’aller à Tokyo pour prendre l’expérience, pour ensuite jouer devant à Paris, avance-t-il. C’est ce qu’on a prévu avec Gilles. Je ne viens pas ici pour me tourner les pouces. J’ai vraiment une démarche de haut niveau, je travaille pour, donc je ne vois pas pourquoi il y aurait des soucis. »

Les JO en point de mire

Et alors que Diniz aura à coup sûr rangé les baskets en 2024, David Kuster, malgré son jeune âge, s’avance donc comme le nouvel ambassadeur de la marche en France. Un costume qui ne semble pas trop grand pour lui. « Je sens qu’il y a de l’émulation autour de moi. Après je ne dirais pas que je suis le successeur de Yohann Diniz. Je ne suis pas du tout le même personnage. Mais représenter la marche après Yohann j’aimerais bien. J’essaie déjà à travers les réseaux sociaux de faire découvrir à tout le monde mon quotidien. Ca me plait de porter la marche, j’aimerais la développer chez les jeunes. Le regard a changé sur la marche et Yohann a fait beaucoup pour ça. »

Yohann Diniz aujourd’hui, David Kuster demain. Dans tous les cas, le junior marche sur les pas de son aîné.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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