David Binet

David Binet est le head coach des Speed Run du Nike Run Club.

 

A 33 ans, l’athlète du CA Montreuil continue de courir pour lui tout en donnant beaucoup aux autres, que ce soit dans son collège où il est professeur d’EPS ou lors des sessions du Nike Run Club. Rencontre avec un acteur du phénomène running.

Son nom apparaît depuis plus de deux décennies dans les résultats de la Fédération française d’athlétisme mais David Binet continue de courir, courir et encore courir. « C’est tellement bon, lâche l’athlète. L’athlé ce n’est pas qu’un sport ingrat où on ne fait que souffrir. Il y a tout ce qu’il y a autour. C’est avant tout une passion. C’est sûr que des fois on n’est pas satisfait de nos performances mais il ne faut pas oublier ce que cela nous a permis d’avoir. »

« Je n’ai pas fait mon marathon, je suis has-been »

Coureur de niveau national (32’13 sur 10 km, 9’10’’64 sur 3 000 m steeple), David Binet a décidé depuis longtemps de transmettre son amour pour la course à pied. Professeur d’EPS au collège Flora Tristant dans le 20e arrondissement de Paris – « je viens de rejoindre la section sportive d’athlétisme » -, il est depuis deux ans l’un des coaches du Nike Run Club, rendez-vous running créé par la marque à la virgule qui fait fureur à Paris « Il y avait plus de 600 inscrits pour le Run avec Vincent Luis et nous avons dû choisir seulement 200 personnes. Tous ceux qui n’ont pas été pris ont gueulé sur les réseaux sociaux (rires). »

Avant chez Adidas pour les Adidas Running Partners, David Binet a depuis rejoint le concurrent d’en face qui cherchait à relancer son Run Club. « Le running ça prend des proportions assez énormes. C’a tellement explosé que tout le monde doit avoir fait son marathon. Moi, je n’ai pas encore fait le mien, je suis has been (rires) ! Les marques rentrent à fond là-dedans. Il y a une économie car il y a des groupes, les gens sont motivés. »

« Il faut faire revenir les runners sur terre »

Au Nike Run Club, trois sessions différentes sont donc proposées (Speed Run, Run débutant , Run and Train) tout au long des semaines avec très souvent la venue de champions sponsorisés par la marque, comme c’était le cas le 13 septembre avec le triathlète Vincent Luis. « Les gens ce qu’ils veulent c’est quelque chose de carré et de professionnel, avance David Binet. C’est ce qu’on veut leur donner. On loue la piste de Charléty, on fait des séances comme 8×200 m avec des pacers (athlètes chevronnés valant moins de 35’ au 10 km). Ca leur fait découvrir le fractionné et c’est la base de tout. Ca leur permet de progresser assez rapidement. Ce sont des habitudes de travail qu’on leur donne. »

Des habitudes et des conseils pour éviter de tomber dans la surenchère du running extrême où un simple marathon devient banal et où les trails longues distances deviennent monnaie courante. « Je ne vois même pas quelles proportions peut atteindre le running. Maintenant, c’est le triathlon qui commence à prendre de l’ampleur. Tout le monde veut faire son Ironman. C’est le marathon d’il y a dix ans. Tout le monde cherche à souffrir, à repousser ses limites, à faire la Diagonale des Fous (trail longue distance à la Réunion), des trails de 80 bornes. A un moment donné il faut les faire revenir sur terre et leur dire qu’il y a des étapes avant. C’est là-dessus qu’on essaie un peu de les éduquer. On conseille aux débutants de commencer par un 5 km, puis un 10 km, puis après plusieurs mois d’entrainement, de tenter un semi-marathon. Ils ont le temps pour se fracasser les jambes et les genoux. »

Challenge sur SquadRunner

A presque 34 ans, le corps de David Binet semble, quant à lui, tenir le choc (10e des derniers LIFA de cross) et ses ambitions personnelles en athlétisme sont toujours présentes. « J’essaie encore de courir, de m’entretenir. J’ai un pote qui va faire le marathon de Francfort donc j’essaie de le tirer sur ses sorties longues. Et avec la Phoenix Squad sur SquadRunner on se challenge ! Mon prochain objectif est le 10 km de Milan. »

Mais évidemment, il ne manquera pas une session du NRC, qu’il recommande. « On veut montrer aux gens qu’on souffre mais qu’on progresse et qu’on peut aussi s’amuser. Il faut venir tester pour juger. On essaie de leur raconter une histoire. »

La sienne avec le running dure depuis plus de 20 ans, et n’est pas prête de s’arrêter.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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