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Benjamin Malaty avait été aidé par James Theury lors de l’édition 2013 du marathon de Paris. copyright : Christophe Jullien

 

Pour les candidats aux anneaux olympiques sur le macadam, le mois d’avril marque la dernière chance pour réaliser les fameux minima. Dans l’optique d’une performance optimale le choix du parcours est capitale. Les athlètes Benjamin Malaty, Yohan Durand et l’entraineur Philippe Plancke expliquent comment ils ont fait ce choix.

« Avec les critères de minima fixés par la Fédération française à 2h11′, il faut optimiser le choix du parcours au maximum », avance Philippe Plancke, entraineur de Jean-Damascène Habarurema, candidat à l’équipe de France (record : 2h12’40 en 2013).

Il est vrai que les Français vont devoir aller très vite s’ils veulent rejoindre le Brésil en août prochain. Et les marathons d’avril restent leur dernière chance pour réaliser les minima. Avec pléthore de courses, les choix ont dû entrainer une vraie réflexion en amont. « Ca fait six mois que j’ai coché le marathon de Paris sur le calendrier, explique Benjamin Malaty, premier Français dans la capitale en 2012 et 2013 (record 2h12’00 en 2013). Ca se sélectionne vraiment à l’avance. Dans la tête je ne comprends pas comment certains font pour hésiter jusqu’aux derniers moments pour choisir leur marathon. Le choix, c’est la mise en condition. »

Hambourg plutôt que Rotterdam pour Yohan Durand

Dans une préparation souvent aux millimètres pour des athlètes de ce niveau, la moindre semaine est planifiée. Connaître la date de la course avant de débuter est donc primordiale. Même si un pépin physique peut venir tout remettre en cause. « A la base je devais courir à Rotterdam (le 10 avril), rappelle Yohan Durand. Mais je me suis blessé au mollet lors de la Prom’Classic de Nice le 10 janvier (1e en 28’57). J’ai perdu quinze jours d’entrainement. J’ai voulu prendre le temps de me soigner et décidé de décaler ma compétition d’une semaine. »

Finalement, Durand sera au départ du marathon d’Hambourg (le 17 avril). « J’ai eu les infos d’un ami, continue-t-il. C’est un beau parcours avec une très belle ambiance. C’est à peu près équivalant à Rotterdam avec peu de dénivelés et de virages. » Une destination hollandaise prisée puisque le parcours est relativement plat avec une forte densité. C’est d’ailleurs ce que voulait Philippe Plancke pour son athlète Jean-Damascène Habarurema. Mais, malgré plusieurs tentatives, l’athlète n’a pas obtenu de dossard élite, à sa grande surprise. « J’ai cherché tous les parcours et Rotterdam est sûrement le plus performant, regrette Plancke. Mais finalement Jean ira à Hanovre (le 10 avril). Il n’y a pas trop de relances. Le parcours se prête à la performance. »

Benjamin Malaty : « J’ai un feeling particulier avec Paris »

La recette est un secret pour personne : il vaut mieux un marathon plat que l’inverse. Ensuite, c’est selon le ressenti de chacun. « Juste après le marathon de Francfort (2h17’26, le 25 octobre dernier), je me suis dit que j’irai courir à Paris en avril, raconte Benjamin Malaty. Londres aurait peut-être été un bon choix mais c’était un peu tard (24 avril). J’ai un feeling particulier avec cette course. J’y ai réussi deux belles performances à chaque fois que j’y ai couru. Ce n’est pas forcément le parcours le plus rapide mais je m’y sens bien. Je voulais revenir à un endroit où ç’a déjà marché. »

A l’inverse d’un Jean-Damascène Habarurema, qui avait abandonné dans la capitale la saison dernière. « Par rapport à sa blessure de 2015 Jean ne voulait pas recourir à Paris, livre Plancke. Cette course lui rappelle un mauvais moment. C’est aussi un peu de la superstition. »

Yohan Durand

Yohan Durand tentera de se qualifier pour les JO lors du marathon d’Hambourg.

Regarder le parcours sur Youtube

En réussite à Paris en 2015, Yohan Durand lui voulait néanmoins voir autre chose. « Pour les minima je voulais un parcours le plus plat possible. A Paris, la deuxième partie de course est un peu difficile. » Quitte à courir à un endroit que l’on ne connaît pas. « C’est vrai qu’à Paris, je n’étais pas surpris l’année dernière car j’avais fait le semi un mois plus tôt, qui reprend une partie du marathon, explique Durand. L’idéal serait évidemment de partir une petite semaine avant pour repérer le parcours en vélo ou en voiture. Mais c’est usant. J’ai repéré le parcours sur un plan et j’ai regardé la course de l’année dernière sur Youtube. Ca permet d’en savoir assez. »

Se tourner vers l’Asie à l’avenir

Enfin, la densité de la course est évidemment un facteur important puisque courir un marathon tout seul est très compliqué. Mais les courses aux records ne sont pas forcément idéales pour des athlètes désireux de faire autour des 2h10. « Un marathon avec vingt coureurs en 2h04 et personnes derrière cela ne m’intéresse pas, lâche Yohan Durand. Tu te retrouves tout seul au bout de trois kilomètres. » Chose qui n’arrivera pas à Benjamin Malaty à Paris. « Rotterdam est peut-être plus rapide que Paris mais tu peux te retrouver tout seul, alors qu’à Paris, je suis chez moi et je peux compter sur des lièvres. »

Plutôt raisonnables sur leurs choix en cette année olympique, les coureurs, à l’image de Yohan Durand, aimeraient tenter d’autres expériences à l’avenir. « J’ai regardé les parcours de certains marathons en Asie. Mais je n’ai pas voulu tenter cette année. Mais à l’avenir, j’irai courir là-bas. Il y a une culture du marathon (notamment au Japon) avec des tracés de folie. J’en ai vu un avec un aller-retour tout plat, comme sur une autoroute. »

« On a toujours nos a priori sur les parcours, conclue Malaty. Mais c’est important de bien choisir car il ne faut pas se louper. On n’a qu’une chance. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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