Euro en salle

Jean-Marc Pontvianne est le seul Français en tête des bilans européens cet hiver.

 

Alors que les Championnats d’Europe en salle de Belgrade débutent demain, petit tour d’horizon des Français susceptibles de briller sur le sol serbe.

Pour tenter de prédir l’avenir, il est dans un premier temps plus sage de se fier aux chiffres. Pour cette 34e édition des Championnats d’Europe indoor la France peut donc, selon les bilans européens de cet hiver et à la vue des listes des engagés, engranger six médailles.

Six médailles sur le papier

En effet, en tête des bilans européens sur le triple saut, Jean-Marc Pontvianne est le seul athlète tricolore à arriver en Serbie avec ce statut de celui qui est allé plus loin que tous les autres sur le Continent cet hiver (17,13 m lors des France Elite). Il est d’ailleurs suivi dans les bilans européens par Melvin Raffin (17,04 m) et Harold Correa (16,94 m). Le premier nommé est également en position de médaillable (2e au bilan) alors que le second n’est pas à Belgrade, faute d’avoir réussi les minima dans les temps.

En voilà déjà deux. La médaille suivante semble également acquise tant le bonhomme est en forme. Deuxième au bilan sur 3 000 m (7’44’’55 à Metz), Morhad Amdouni a impressionné tout le monde lors de son faux record de France du 5 000 m en salle à Birmingham (voir article). Un faux record mais un vrai temps de costaud (13’11’’18) qui le place en favori du 3 000 m en l’absence du Britannique Andrew Butchart en tête des bilans (7’41’’05 sur 3 000 m et 3’37’’58 sur 1 500 m).

Kevin, prénom à la mode

Une autre breloque paraît également quasiment jouée. Auteur du triplé en 2015, les Bleus ont la mainmise sur les haies hautes depuis quelques années. Cependant, sur la feuille, c’est Andrew Pozzi qui paraît cette année intouchable (7’’43), alors que Pascal Martinot-Lagarde, champion d’Europe en titre, n’a pour le moment, accès qu’au bronze (7’’51).

Enfin, les deux Kévin peuvent rêver de podium. Menaldo possède la deuxième performance des engagés avec 5,78 m au saut à la perche alors que Mayer, vice-champion olympique du décathlon, n’a pas de référence sur l’heptathlon cette année mais a tout le talent nécessaire pour remporter l’or.

Les médaillés de Rio absents

Le décompte arrive donc à six breloques, un total qui rappelle celui de Rio il y a quelques mois, dans un contexte ultra plus relevé. Cependant, la France ne marche pas avec les mêmes atouts non plus. Renaud Lavillenie, invaincu depuis 2009 dans cette compétition n’est pas là (reprise de blessure), tout comme Dimitri Bascou. Christophe Lemaitre et Mahiedine Mekhissi ont fait l’impasse alors que Mélina Robert-Michon attend toujours qu’il soit possible de lancer le disque dans une salle.

Evidemment ce chiffre de six médailles ne sera probablement pas le résultat final. Car le sport n’est jamais écrit d’avance et des chiffres ne peuvent que guider mais non décider du sort d’une course ou d’un concours. Repartons donc au triple saut. En tête des bilans, les Français manquent néanmoins cruellement d’expérience puisque Pontvianne et Raffin fêteront leur première sélection dans un grand championnat avec les A, tout comme Kévin Luron qui sera en embuscade.

Des tripleux inexpérimentés

Surtout, Pontvianne sait qu’il n’a, pour l’heure, jamais franchi un concours de qualification à l’international, échouant par deux fois aux Euro juniors (2013) et espoirs (2015). Raffin de son côté, semble taillé pour une carrière en or. Médaillé de bronze mondial cet été chez les juniors, il est en avance sur son mentor Teddy Tamgho, a qui, il a chipé le record de France juniors cet hiver (17,04 m, voir article). Cependant, Raffin est tout jeune (18 ans), et même s’il pourrait devenir le plus jeune médaillé des Championnats d’Europe en salle de l’histoire, son manque d’expérience à ce niveau, sans parler de son petit pépin physique aux adducteurs, qui a réduit ses concours dernièrement, laissent quelques interrogations sur ses chances de médaille.

Concernant Morhad Amdouni, on ne voit pas ce qui pourrait l’empêcher de monter sur la boîte. En forme et mis au repos forcé (il n’a pas couru les France de cross pour se préserver), Amdouni est ce qu’on appelle « un chien » dans le jargon. En somme, il ne lâche rien et encore moins quand le goût du métal se fait sentir. Tout comme on ne voit pas comment au moins un hurdleur ne serait pas sur le podium sur 60 m haies. Si Martinot-Lagarde se troue, Garfield Darien, habitué aux médailles internationales et Aurel Manga (7’’53 tous les deux cette saison) sont prêts à mettre un coup d’épaule au recordman de France du 110 m haies.

Des surprises pour Yalouz

C’est également le cas à la perche où, en cas de sortie de route de Menaldo, Axel Chapelle (5,70 m) et Stanley Joseph (5,65 m) sont en embuscade. On peut donc résumer à cinq médailles très probables en ajoutant le titan Mayer. Mais comme dans tout championnat, des pronostics seront déjoués.

Aux portes du podium à la vue des bilans, Floria Gueï (5e sur 400 m), Stella Akakpo (4e sur 60 m) et Sofiane Selmouni (4e sur 1 500 m) peuvent en rêver. Tout comme Jeanine Assani-Issouf, un peu en retrait avec ses 14,01 m au triple saut mais largement capable dans un bon jour de sauter autour des 14,20 m, qui lui promettraient une médaille. Enfin, tradition oblige, le relais 4×400 m féminin est toujours un potentiel pourvoyeur de médaille, surtout que la France est tenante du titre et que Floria Gueï, actuellement en très grande forme, n’attend qu’une chose, c’est de se retrouver avec le témoin dans les mains.

La délégation française peut donc envisager, si ça sourit, de franchir la barrière des dix médailles (comme en 1994 et 2011). Surtout que ce championnat sera le dernier pour Ghani Yalouz en tant que DTN (il va prendre la direction de l’INSEP). Et on voit mal les athlètes ne pas offrir une belle sortie à leur meneur depuis deux olympiades.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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