Claire Perraux

Claire et Bastien Perraux sur leur stade d’entrainement à Décines.

 

Troisième des derniers Championnats de France de cross long, l’athlète Claire Perraux est revenue sur le devant de la scène cet hiver, après deux dernières saisons gâchées. Entre ses allergies qui lui créent des crises d’asthme et de nombreux pépins physiques, la spécialiste du 3 000 m steeple n’a pas pu s’exprimer pleinement depuis longtemps, la saison 2017 pourrait marquer son grand retour. Au côté de son entraineur de mari Bastien, elle compte simplement reprendre du plaisir cet été, notion qu’elle a par moment perdue ces dernières saisons. Rencontre.

Le 26 février dernier du côté de Saint-Galmier, l’athlète Claire Perraux a eu la larme aux yeux sur le podium des Championnats de France de cross. Troisième du cross long, elle venait de mettre un terme à de longs mois de galère. « Les France de cross m’ont vraiment fait du bien, avoue-t-elle. Car, à un moment donné, tu es saoulée d’avoir toujours un pépin. J’étais frustrée. Je me suis même posée la question si ça valait le coup de continuer. »

Plaisir retrouvé sur le cross long

Sa réponse, elle l’a eue dans les labours, sur un cross long qu’elle découvrait pour la première fois, elle, l’habituée des sacres sur le court (Championne de France 2011, 2012, 2013, 2015). Et c’est d’ailleurs à cause d’un énième pépin qu’elle s’est résolue à préparer cette course. « Comme j’ai été blessée en début de saison, l’entrainement a été décalé et j’ai plus insisté sur le foncier. Et comme mon club (SCO Sainte-Marguerite) voulait faire une équipe sur le long, c’était l’occasion de tenter l’expérience. Et surtout, je me suis fait plaisir. »

Un plaisir qu’elle avait perdu depuis presque deux ans, quand, après un hiver 2015 réussi (doublé France de cross court – 1500 m en salle), un virus l’avait clouée au lit pendant une semaine. Malade, elle s’était rendue néanmoins au Challenge mondial des relais aux Bahamas pour aider l’équipe de France sur un 1 600 m. Un choix presque sous la contrainte qui lui laissa beaucoup de traces. « Cet hiver là, elle n’avait jamais été aussi forte, explique Bastien Perraux son mari et entraineur. Mais après les Bahamas, alors qu’elle n’avait jamais été blessée, elle a chopé plein de petites merdes. »

Apparition de crises d’asthme

Une douleur au genou un jour, une autre au tendon d’Achille, une autre fois au mollet, l’internationale française ne peut pas enchaîner plus d’un mois et demi d’entrainement sans être freinée. Sur cela, ajoutez l’apparition de crises d’asthme liées à ses allergies aux graminées (type de pollen) et vous avez le cocktail parfait de destruction d’un athlète. « C’était un sketch, se souvient Bastien Perraux. Il y avait toujours quelque chose. » « C’était très frustrant, continue Claire. Car j’arrivais quand même à faire de bonnes choses à l’entrainement mais dès qu’un nouveau pépin arrivait, ça me redonnait un coup derrière la tête. »

Touchée au pied, elle ne dispute même pas un 3 000 m steeple complet en 2015, après une tentative avortée à cause de la perte d’une chaussure. 2016 est d’ailleurs du même acabit malgré quelques résultats encourageants, dont ses 9’55’’77 sur steeple. « La saison dernière a été très compliquée. Je ne me suis pas du tout fait plaisir. » « Avec les allergies qui s’amplifient, c’est comme si elle courait avec un sac plastique sur la tête, remarque Bastien Perraux. Son niveau peut vraiment varier selon qu’elle est touchée ou non. »

Une adaptation en couple

Voilà comment en quelques mois, le duo est devenu expert en allergies, cherchant les endroits les moins exposés aux pollens pour courir, tout en adoptant des gestes simples comme le port d’une casquette ou de lunettes. « On est obligés de s’adapter. »

Une adaptation entre la vie courante et le sport de haut niveau qu’ils connaissent par coeur puisque les deux forment un couple sur les stades comme à la ville. De quoi jongler entre les émotions sportives qui s’invitent dans leur foyer. « Ceux qui arrivent à dire qu’ils font la part des choses entre le sport et la vie, on ne sait pas comment ils font », sourit Claire Perraux. Quand ça va mal, on a évidemment moins le morale à la maison. Mais quand ça va bien, on peut vraiment partager ça ensemble et c’est top ! »

Moins de steeple, plus de plaisir

Et actuellement, c’est plutôt le sourire qui règne puisque la forme semble présente. Après une rentrée classique sur 1 500 m le week-end dernier aux Interclubs (4’25’’23), Claire Perraux espère pouvoir profiter enfin d’une saison estivale pleine. Mais pas question pour elle de se cantonner au 3 000 m steeple, discipline qui ne lui a pour l’heure pas apporté beaucoup de satisfactions. « Je fais un blocage sur les haies (record 9’43’’70 en 2013), explique-t-elle. On a beaucoup travaillé sur l’obstacle et je sais que je sais les passer mais ça ne passe pas en compétition. J’ai fait des années où j’insistais sur le steeple et ça passait pas. Donc là, j’essaie juste de me dire que je vais bien travailler à l’entrainement et on verra. »

Un entrainement qui devrait lui permettre d’être aussi à l’aise sur 5 000 m, l’un de ses objectifs, mais également sur le 1 500 ou le steeple, où elle tentera évidemment de faire descendre son record, qui n’est pas en adéquation avec ses références sur le plat (4’12’’21 sur 1 500 m et 9’08’’27 sur 3 000 m). « Comme elle n’est pas à l’aise sur les haies, l’idée est de faire un peu de long et prendre le steeple sans se prendre la tête », conclut Bastien Perraux.

Pas de prise de tête et du plaisir, voilà la solution pour franchir toutes les barrières.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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