Christophe Lemaitre

Après avoir été ralenti par une blessure en début de saison, Christophe Lemaitre est prêt à reprendre une préparation normale.

 

Médaillé de bronze lors des derniers Jeux olympiques sur 200 m, l’athlète français ne semble pas inquiet pour la suite de sa saison, malgré un peu de retard lié à une blessure. D’ailleurs, depuis sa médaille olympique, tout semble couler sur le TGV de Culoz, du départ de Bolt aux performances de Vicaut. Ce qui l’intéresse c’est de rester dans sa bulle pour encore ramener des breloques chez lui à Aix-les-Bains. Rencontre.

Alors qu’il paraissait déjà imperméable à toute pression, Christophe Lemaitre semble avoir encore franchi un seuil dans sa façon de tout laisser couler autour de lui. Invité, comme ses collègues Floria Gueï, Renaud Lavillenie et Kevin Mayer pour la conférence de presse du meeting de Paris, le sprinteur français semblait détaché comme jamais.

« Ma préparation était bonne »

Pourtant, la veille, le médaillé de bronze des derniers Jeux olympiques sur 200 m avait passé un test important en vue de sa saison lors du deuxième tour des Interclubs. Chez lui, le Français avait pour mission de valider la cicatrisation de son ischio-jambier touché à la Réunion (voir article), tout en remportant des points pour son club d’Aix-les-Bains. « J’étais tiraillé entre le fait de gérer pour ne pas avoir mal et devoir courir le plus vite possible pour le club, avouait Lemaitre. Ce n’était pas une gestion évidente. » Avec un 21’’22 sur 200 m, loin évidemment de ses standards, la mission était néanmoins remplie. « Courir à 60 %, ça m’énerve mais je n’avais pas le choix. Je n’allais pas prendre le risque stupide de me reblesser et d’handicaper encore plus ma saison. »

Lemaitre a donc joué au bon élève et respecté à la lettre les consignes de son entourage. D’ailleurs, il semble se laisser guider, sachant très bien que, s’il ne se blesse pas, il aura le niveau pour jouer devant à Londres. Une conviction intérieure que la médaille brésilienne n’a fait qu’accroître. « D’avoir réussi à décrocher cette médaille, ça ma rendu plus serein. Ca m’a soulagé dans le fait qu’on était dans le vrai avec mes entraineurs. Que ma préparation était bonne ! »

Sur 100 m à Montreuil

Un peu juste aux Championnats d’Europe en 2014 (2e sur 100 et 200 m), il n’avait pas vu les finales à Pékin un an plus tard, de quoi lancer toutes les sirènes d’alerte contre sa préparation. « En 2015, j’étais blessé. Et en 2014, j’ai travaillé comme un fou et je n’avais pas digéré toute la préparation, j’étais dans le mal. Là, je suis content que tout le travail que j’ai accompli ait enfin payé. »

Ce n’est donc pas un petit retard dans sa préparation qui va l’inquiéter, ni les 9’’97 de Jimmy Vicaut sur 100 m. « Ca ne m’étonne pas. On connaît tous le potentiel de Jimmy. On sait qu’il est capable de faire des chronos en-dessous des 10’’. » D’ailleurs, qu’en est-il du 100 m de son côté ? « J’ai autant envie de réussir sur 100 que sur 200 m. L’un ne va d’ailleurs pas sans l’autre. Je vais essayer de me donner à 100 % sur le meeting de Montreuil (1er juin). Mais ça sera un peu compliqué car ma blessure m’a beaucoup handicapé dans le travail de sprint pur. Il faudra attendre un peu avant de voir des 100 m vraiment aboutis. »

« Ce sont les médailles qui comptent »

Tout comme il faudra attendre le duel avec Vicaut. « On ne va pas s’amuser à se renseigner sur l’autre pour savoir où il court. On fait notre programme et si on se croise, on courra l’un contre l’autre. » Cela ne devrait pas arriver avant les Championnats de France Elite de Marseille (14-16 juillet). Pour Lemaitre, de toute façon, l’essentiel est plus au Nord, dans la capitale britannique. « J’ai encore montré à Rio que j’étais un homme de championnat. Quand tout va bien, je sais répondre présent. L’objectif à Londres sera forcément le podium. Le but est la place et pas le chrono. Les chronos c’est bien pour les meetings mais ce sont les médailles qui comptent. »

Décrocher une nouvelle médaille pourrait d’ailleurs lui offrir un dernier podium aux côtés de la légende Bolt, futur retraité, même si celui-ci ne devrait pas courir sur 200 m. Mais encore une fois, ce n’est pas ça qui le tracasse. « Quand je suis au départ d’une course , qu’il y ait Bolt ou pas, j’essaie de tout faire pour me donner à fond. Qu’il soit là ou non, ça ne changera pas grand-chose pour moi même s’il reste le maître incontesté du sprint. A sa place, pour sa dernière, j’aurais couru le 100 et le 200 m, surtout que le 200 m est sa spécialité. Je n’ai pas trop compris pourquoi il ne voulait faire que le 100 m. Mais il n’a rien à prouver ! »

Un sentiment qui habite sûrement aussi le Français. Tous les deux sont d’ailleurs habitués à évoluer dans leur bulle, très haut dans le ciel.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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