Charlotte Mouchet

Charlotte Mouchet a retrouvé le chemin de l’entrainement après plusieurs mois de galère.

 

Après une saison de galères liée à une blessure à la cheville, Charlotte Mouchet prend un nouveau départ dans sa jeune carrière d’athlète sous la houlette de Patricia Djaté-Taillard, du côté de Bordeaux.

22 février 2015 dans la salle d’Aubière (63). Charlotte Mouchet vient de terminer troisième du 800 m des Championnats de France Elite derrière Rénelle Lamote et la Béninoise Noélie Yarigo. Le panneau d’affichage indique le temps canon de 2’05’’31, nouveau record de France juniors.

Depuis, la jeune athlète a quitté les pistes pour les cabinets médicaux. La faute à une fracture de fatigue à la cheville droite. « En fait j’ai su une semaine avant les Championnats de France Elite que j’avais une fracture de fatigue à la cheville. Mais j’étais si près des France, et si en forme, que j’ai serré les dents. Mais en fait, j’ai passé un hiver horrible avec de nombreux pépins. En septembre (2014), je me suis fait retirer les dents de sagesse et à partir de là, j’ai eu plein de problèmes musculaires et tendineux. »

Dure au mal, la protégée d’Ali Belkacem à Toulouse s’accroche tout l’hiver avec d’un côté les douleurs, et de l’autre, des sensations exceptionnelles sur la piste. « C’était l’horreur ! Il n’y avait pas une séance où je n’avais pas de douleurs. J’ai tiré sur la corde. Mais je ne regrette pas. J’étais tellement forte en séance que je n’envisageais pas de m’arrêter. »

La fédération l’envoie vers Patricia Djaté-Taillard

Incapable de marcher après son exploit auvergnat, la nouvelle recordwoman de France pensait en avoir pour deux mois d’arrêt. Elle ne reprendra finalement la course qu’à la fin juin pour tenter de se qualifier pour les Championnats d’Europe juniors. « J’ai réussi à faire 2’12’’64 (2e du meeting de sélection sur 800 m) avec seulement deux semaines de course. J’y suis allée pour me dire que je n’avais pas fait une préparation à base de vélo et de natation pour rien. »

Loin des pistes et toujours gênée par sa cheville, Charlotte Mouchet passe l’été à réfléchir à son avenir. Un temps esseulée, elle peut compter sur le soutien tardif de la fédération française d’athlétisme pour rebondir. « Thierry Cristel (cadre à la FFA et responsable du projet « Génération 2020 ») m’a aidée à trouver un nouveau point de chute à Bordeaux avec Patricia Taillard-Djaté car à Toulouse c’était difficile de faire du haut niveau entre les cours et l’entrainement. Il me fallait une structure où l’entrainement et l’école étaient compatibles. »

Charlotte Mouchet

La cheville soignée, Charlotte Mouchet peut de nouveau effectuer des séances sur la piste.

 

Elle se résout donc à quitter l’homme qui lui a fait découvrir l’athlétisme à une époque où aller aux championnats de France jeunes ne l’intéressait pas. « J’ai rencontré Ali lors d’un stage en cadette 1. Je lui dois tout. Il m’a donné l’envie de faire de l’athlétisme. Mais il faut faire des sacrifices pour réussir. C’est vrai pour l’athlétisme mais c’est aussi le cas pour la vie en générale. Depuis que je suis cadette 2, j’ai quitté mon chez moi pour l’athlétisme. Je sais ce que c’est de faire des sacrifices. »

Depuis septembre, Charlotte Mouchet a donc débarqué à Bordeaux pour rejoindre le groupe de l’actuelle recordwoman de France du 800 m (1’56’’53 en 1995), Patricia Djaté-Taillard. Inscrite en IUT génie civil, elle possède un emploi du temps aménagé pour sa pratique. Du temps libre qu’elle a consacré en grande partie aux soins pour réparer son corps encore meurtri. « J’ai soigné une algodystrophie à ma cheville droite entre septembre et octobre. En fait, j’ai une scoliose qui a entrainé une surcompensation de tout le côté droit de mon corps. Les tendons et les muscles autour de ma cheville étaient abîmés. Je fais donc beaucoup de kiné pour renforcer tout ça. »

Neuf entrainements par semaine

Après plusieurs semaines en alternant les footings souples et du travail de proprioception, Charlotte Mouchet a pu regoûter aux joies du « vrai » athlétisme en partant en stage à Boulouris avec les meilleurs jeunes françaises au mois d’octobre. « C’était ma vraie reprise. C’était l’élément déclencheur. Derrière, j’aurais voulu partir au stage de préparation pour les Europe de cross à Hyères mais Patricia a voulu que je reste à Bordeaux pour qu’on apprenne à se connaître. »

De séances en séances, la championne Djaté-Taillard découvre la perfectionniste Charlotte Mouchet. Une jeune pousse qui, lorsqu’elle avait rencontré pour la première fois son aînée, lui avait dit qu’elle voudrait lui piquer tous ses records de France, et surtout le dernier !

De six entrainements par semaine avec Ali Belkacem, Charlotte Mouchet passe à neuf incluant deux séances avec le kiné et une de musculation. « Le mot d’ordre est vraiment la reconstruction. Je redécouvre l’athlétisme. Pour l’instant on a fait beaucoup de nature. Tous les jours j’ai des séances à thème. Je m’éclate. »

Pas encore fixé, son retour à la compétition s’effectuera quand elle se sentira prête. Dans une année sans grand championnat pour les espoirs (match méditerranéen), le duo regarde déjà vers la marche au-dessus. « C’est beaucoup trop tôt pour envisager des sélections chez les seniors. Mais Patricia ne me voit pas comme une espoir mais plus comme une senior. Je m’entraine comme une athlète de haut niveau mais dorénavant en écoutant mon corps. »

Une nouvelle maturité qui devrait très vite lui permettre de retrouver le maillot tricolore. D’ailleurs, elle s’est offert un avant-gout il y quelques semaines en se rendant aux Championnats d’Europe de cross de Hyères. « J’avais des jambes de feu quand j’ai vu la course des juniors filles. J’avais tellement envie de courir. Ça m’a fait un trampoline pour la suite. J’aurais tellement aimé les faire. Cela me motive pour retrouver tout ça très vite ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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