Floria Gueï

Floria Gueï a décidé de changer son schéma de course pour enfin atteindre une finale mondiale.

 

En cette saison 2017, l’athlète championne d’Europe en salle du 400 m a décidé de changer son schéma de course afin d’atteindre enfin une grande finale mondiale. Mais pas question pour le moment d’avancer ses pions. La Française garde sa nouvelle arme secrète avant que celle-ci ne soit vraiment opérationnelle. Rencontre.

Il n’y a pas que dans les vestiaires des sports collectifs qu’on parle tactique. En athlétisme aussi la réflexion peut avoir son importance sur le déroulement des compétitions.  Et notamment sur le 400 m, discipline où la manière de gérer son effort et surtout sa vitesse, est primordiale pour réussir son tour de piste. C’est en tout cas ce chantier que Floria Gueï et son entraineur Djamel Boudebibah ont décidé d’engager en cette saison 2017.

Un schéma pour cadrer sa course

Vice-championne d’Europe l’été dernier, la Française dont le retour lors du 4×400 m des Europe 2014 est entré dans l’histoire, veut encore franchir une étape et enfin atteindre une grande finale mondiale. Pour cela, elle a décidé, à 27 ans, de toucher à son schéma de course qui lui a permis de courir en 50’’84 la saison passée. « J’essaie de trouver un schéma qui me conviendrait un peu mieux que l’ancien, explique-t-elle. J’avais besoin d’aller chercher plus loin pour aller plus vite. Je ne voulais pas me reposer sur mes acquis. »

Ses acquis, la spécialiste du tour de piste les travaille depuis quatre saisons aux côtés de Djamel Boudebibah à Lyon. Des heures et des heures d’entrainement pour assimiler une façon de courir. « Au début de ma carrière, je n’avais pas trop de schéma, surtout que je faisais du 200 m. J’ai vraiment appris ça avec Djamel. C’est aussi pour ça que je n’avais pas de régularité avant. Parfois, je faisais de bons chronos mais je ne savais pas trop comment. »

Partir plus vite ?

En 2016, la régularité était là, puisqu’entre le 28 mai et le 27 août, elle a enchainé onze 400 m entre 51’’39 et 50’’84, une façon de prouver qu’elle connaissait par cœur sa leçon. Celle-ci était, en générale, composée d’un départ assez rapide, avant de relancer très fort dans la ligne droite opposée (du 100 m au 200 m) et de maintenir cette vitesse le plus longtemps possible. A l’arrivée, souvent des bonnes notes mais pas assez pour passer dans la classe au-dessus. C’est donc pour cela qu’elle a décidé de réouvrir ses cahiers. « C’est très compliqué de changer de schéma tactique. Ca prend du temps. Maintenant, je fais toutes mes séances spécifiques par rapport à ce schéma pour arriver à le faire automatiquement à grande vitesse en compétition. »

En ce qui concerne ce schéma, à proprement dit, la Française reste évasive. « Je ne veux rien annoncer pour le moment. J’essaie juste de trouver une autre manière de courir pour avoir d’autres options en championnat. » L’option de partir plus vite pourrait être celle choisie par le duo, à l’image de la championne américaine Alysson Felix. Cette dernière part très vite sur les 150 premiers mètres, avant d’entretenir sa vitesse jusqu’au 250 m pour ensuite réaccélérer dans les 150 m derniers mètres. Une option qui serait logique à la vue de l’hiver de Gueï, alignée sur 60 m aux Championnats de France et championne d’Europe sur 400 m en salle (voir article), discipline où il faut partir très vite pour prendre la tête de la course afin d’éviter de se faire gêner.

Des habitudes à réapprendre

Dans tous les cas, la Française a eu l’occasion de tester cette nouvelle façon de courir ce dimanche lors du deuxième tour des Interclubs, qu’elle a bouclé en 52’’05. « Le chrono n’est pas exceptionnel mais je suis satisfaite de la manière. Je voulais mettre en place les choses, voir ce que je peux améliorer. Ma première partie de course est OK. Ensuite, je suis encore un peu confuse. »

Pour trouver ses repères, Floria Gueï va maintenant enchaîner les compétitions en commençant par le meeting de Marseille le 3 juin prochain, suivi par celui de Rome (8 juin). « Il faut que le cerveau s’habitue, il faut que ça devienne un automatisme. Là, ce n’est pas encore le cas. Je suis encore à regarder les repères quand je cours, donc je perds du temps. »

Du temps, elle n’en aura pas forcément beaucoup jusqu’à Londres et les Mondiaux (4 au 13 août). Mais pas de quoi l’inquiéter. « Je n’ai pas peur. Il y a de la pression mais aussi de l’excitation. C’est un mélange de plusieurs sentiments. C’est un challenge. Mais je pense que le jour où je respecterai ce nouveau schéma à la perfection, c’est là où j’irai le plus vite. J’en suis persuadée ! »

Comme dit l’adage, qui ne tente rien n’a rien.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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