Valette et Meniker

Laura Valette a terminé huitième de la finale du 100 m haies.

 

Les deux seules Françaises engagées en finale aujourd’hui aux Championnats du Monde juniors n’ont pas réussi à créer l’exploit pour monter sur la boite. Finalement huitièmes, Laura Valette et Nawal Meniker quittent néanmoins ces championnats avec plus d’expérience, ce qui leur servira indéniablement à l’avenir.

Copines dans la vie, Laura Valette et Nawal Meniker se seraient bien vues copines de podium. Engagées en finale pour la dernière journée des Championnats du Monde, elles avaient dû y penser plus d’une fois cette nuit, alors que leurs camarades profitaient des douceurs de la nuit polonaise. Mais comme liées par un destin similaire, ce dimanche ne leur a pas souri.

Valette perturbée par un faux départ

Alors que Meniker venait de terminer son échauffement au sautoir de la hauteur, Valette entrait sur le stade pour sa finale du 100 m haies. Placée au couloir 9, elle savait que seule une course parfaite pouvait lui offrir une petite place au soleil. Bien concentrée, son premier départ était très bon, mais le starter rappelait la meute après plusieurs mouvements dans les starts. Le carton vert passait devant les filles mais pour Valette, celui-ci était synonyme de rouge. « Avec le faux départ, je n’ai pas réussi à me remettre dedans. Ils ont fait tout de suite repartir. C’est de l’expérience en plus même si c’est dommage que ça arrive en finale. »

Beaucoup moins saignante sur sa deuxième chance (0.183, le deuxième moins bon temps de réaction de la finale), Valette laissait filer la meute. La finale était déjà terminée pour elle. « Sur le premier départ, j’étais vraiment bien partie. J’étais super motivée, j’étais super en forme à l’échauffement. Et après, au deuxième départ, il y a le “ prêt “. Je bouge donc je me dis : “oh la la je vais me faire sortir“. Je ne pars pas du tout et à ce niveau-là, les filles sont toutes en 12’’80 – 12’’90. Je cours jusqu’à H6 et après j’arrête complètement de courir. Même le chrono n’est pas là, c’est une déception. J’aurais peut-être pu aller chercher le record de France (13 »07 par Monique Ewanje-Epée) mais le podium aujourd’hui était vraiment inatteignable. »

Meniker bloque à 1,86 m

Finalement huitième en 13’’42, la hurdleuse laissait la dernière chance de médaille française reposer sur les épaules de Nawal Meniker. Impériale à 1,74 et 1,79 m, la protégée de Patrick Léger commettait un faux pas à 1,83 m avant de se reprendre. Et alors qu’on pensait la machine lancée, Meniker échouait par trois fois à 1,86 m, la barre d’écrémage de cette finale de la hauteur. « J’étais plutôt bien à l’échauffement et en début de concours, expliquait-elle. Sur mon deuxième essai à 1,86 m, il ne me manque pas grand-chose. Je pensais peut-être trop à la technique, à arranger mes sauts. Je voulais faire un podium et je finis 8e (1,83 m), c’est la vie, c’est le destin, on ne peut pas faire autrement. »

Valette et Meniker

Nawal Meniker s’est arrêtée à 1,83 m en finale de la hauteur.

 

Sans médaille ce dimanche, la France quitte donc Bydgoszcz avec cinq breloques (or pour David, argent pour le relais 4×100 m féminin, et bronze pour Kpatcha, Raffaï et Raffin). Mais l’avenir pourrait être radieux avec des athlètes bien décidées à relever la tête. « Ca fait un an que je travaille pour ce championnat, avoue Laura Valette. Je me suis vraiment donnée beaucoup de moyens et c’est forcément une déception. Mais ça nous fera devenir plus fort. » Nawal Meniker était, à peine sortie du stade, déjà tournée vers 2017. « Je m’attendais un peu à une saison comme ça car j’ai complètement changé de vie cette année. Je suis allée vivre à Dijon, je n’habite plus avec mes parents. Ca fait six mois que je ne les ai pas vus. Je m’entraine sept fois par semaine, seulement avec des garçons, il y a plein de choses qui ont changé et qui ont troublé un peu tout ça. Je sais que l’année prochaine ça sera une autre année et que ça sera mieux ! »

Une année où les rendez-vous seront à l’échelle européenne, un bon moyen de croquer de la médaille.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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