Raffin

Avec 16,37 m, Melvin Raffin a décroché la médaille de bronze du triple saut aux Championnats du Monde juniors.

 

Dans une soirée haute en couleur, le triple sauteur Melvin Raffin a décroché la médaille de bronze, alors que le miler Baptiste Mischler a hérité de celle en chocolat après une incroyable finale du 1 500 m. Récit.

Cette soirée s’annonçait grandiose, et il n’a pas manqué grand-chose pour qu’elle le devienne. Prévues quasiment aux mêmes horaires, les finales du triple saut et du 1 500 m tenaient dans leurs rangs deux tricolores capables de décrocher une médaille. D’un côté la pépite élevée par Teddy Tamgho himself et de l’autre, le deuxième meilleur junior français de tous les temps sur 1 500 m.

Mischler en tête jusqu’aux 200 derniers mètres

D’ailleurs Baptiste Mischler pénétrait dans l’arène au moment où Melvin Raffin lançait son concours. Devant une tribune chauffée par les délégations américaine, cubaine et française, le Francilien débutait fort avec un saut à 16,37 m. Dans la foulée, Baptiste Mischler s’élançait dans une course tactique où les coups de pointe fusaient. « Mon garçon, aujourd’hui, pas de respect, tu y vas à fond », avait prévenu l’entraineur national du demi-fond Pascal Machat. Longtemps balloté en milieu de peloton, Mischler sortait du bois à 600 m de la ligne avant de se lancer dans un dernier tour dont il se souviendra longtemps. « On m’avait dit de prendre des risques, racontait-il. Donc au 400 m, je suis parti. Je ne me suis pas posé de questions. »

Mischler

Sur le 1 500 m, Baptiste Mischler a tenté sa chance en attaquant à 400 m de la ligne.

 

En tête jusqu’aux 200 derniers mètres, le Français voyait alors les Kényans Taki et Kiptoo, ainsi que l’Ethiopien Tolosa, revenir sur lui. Et malgré une belle résistance dans l’ultime ligne droite, la médaille s’échappait pour cinq dixièmes (3’49’’52 contre 3’49’’00 pour le 3e Kiptoo). « J’ai tenté mais ça n’a pas tenu sur les 100 derniers mètres. Mais je n’aurais de toute façon pas pu être sur la boite si je n’avais pas attaqué. Faire quatrième mondial ce n’est quand même pas donné à tout le monde ! »

Raffin un peu déçu

Et ramener une médaille de bronze l’est encore moins. Pourtant, Melvin Raffin avait du mal à faire apparaître un sourire sur son visage juvénile. Troisième, suite à son premier essai, il n’a rien pu faire contre le saut monstrueux du Cubain Làzaro Martinez, auteur d’un K.-O. à sa troisième tentative (17,06 m). Raffin attrapait néanmoins un drapeau tricolore et laissait apparaître un sourire à la demande du décathlète Ludovic Besson, qui lui lançait qu’une « médaille ce n’est pas rien ». Effectivement ! « Ca reste une médaille à prendre, lâchait Raffin. Je la prends avec grand plaisir. Je suis venu pour la médaille d’or mais j’ai vu que je n’étais pas encore prêt pour l’avoir. L’année prochaine on va travailler pour. J’ai eu de très bonnes sensations mais j’ai fait de très grosses erreurs. Ce sont des trucs à régler, mais normalement, ça devrait aller loin dans le futur. »

Seulement junior première année, Melvin Raffin aura l’occasion de gravir deux marches de plus la saison prochaine à l’échelle européenne. Pour Mischler, son passage chez les espoirs ne devrait pas bloquer sa progression. Dans tous les cas, la France tient deux talents qui aspirent à un autre bronzage dans les années futures.

Anais Seiller tout près de la finale
La spécialiste du 400 m haies Anais Seiller a terminé neuvième des demi-finales en 58’’47, soit 14 centièmes de trop pour être repêchée au temps pour la finale. « J’ai tout donné, il n’y a rien à regretter. J’ai confirmé le temps d’hier. Avec la fatigue c’était un peu dur. » Egalement engagée dans ces demi-finales, Julie Hounsinou s’est classée 6e de sa course en 59’’02. Du côté de la perche, Thiziri Daci a terminé 7e de la finale (4,10 m), alors qu’Alix Dehaynain n’a pas pu faire mieux que 4 m (12e). Enfin, à noter le très bon début d’heptathlon pour Elisa Pineau, actuellement 9e, à seulement 79 points du podium, après quatre épreuves.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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