Yanis David

Championne du Monde de la longueur, Yanis David n’a pas pu faire mieux que 10e du triple saut.

 

Championne du Monde de la longueur hier soir, Yanis David n’a pas réussi son pari fou de remporter également le triple saut ce matin. Seulement 10e, elle a été vaincue par la fatigue. Retour sur une matinée où les Français ont connu des difficultés.

Hier soir, après son titre de championne du Monde de la longueur, Yanis David a rêvé dans son lit d’un improbable doublé – « tout le monde m’en parlait » – . Engagée dans la finale du triple saut, la discipline où elle était normalement la plus attendue, la Française pouvait légitimement croire à une seconde médaille en un peu plus de douze heures de temps. Mais c’était sans compter la fatigue musculaire et psychologique engendrée par un titre mondial. « C’était très compliqué. Je suis fatiguée, j’ai mal partout, lâchait-elle après avoir terminé 10e du triple saut avec 12,97 m. En forme, je pense que le podium aurait été abordable. J’ai essayé de tout donner quand même. Mais j’ai senti qu’il me manquait quelque chose. »

Déception également pour Ilionis Guillaume

Couchée à plus de minuit après être passée entre les mains du kiné, la Guadeloupéenne n’a dormi que six heures afin d’être levée pour le réveil musculaire prévu à 7h ce matin. « C’était compliqué de m’endormir et le réveil a été dur car j’avais plein de courbatures. » Mais pas de quoi regretter son expédition dorée à la longueur. « J’ai voulu faire les choses à fond pour ne pas avoir de regrets et je suis très contente. Ce n’est pas grave, ça me donne la force pour l’année prochaine. D’habitude, la longueur est plutôt ma bête noire en grands championnats. Là, il faudra régler le triple pour la prochaine fois. »

Egalement prétendante à la boîte, Ilionis Guillaume passait elle aussi à côté de sa finale (9e avec 12,99 m), alors qu’elle avait réalisé la deuxième performance des qualifications. « Je n’étais pas du tout dans le concours, expliquait-elle. Je n’arrivais pas à m’y mettre. D’habitude, j’arrive à faire avec les concours du matin. Mais là, ça me fait penser à Cali (championnats du Monde cadets 2015) où la qualification me permettait d’envisager la 2e place et j’avais fini 4e. C’est une vraie contre-performance. »

Record personnel pour Gabriel Bordier

Un événement mondial dont a parfaitement profité le marcheur Gabriel Bordier. Parti dans le peloton de tête sur le 10 000 m marche, le Français s’est accroché à une place d’honneur tout au long de la course avant de finir fort (11e en 41’53’’16). « Ce n’est pas parti très vite devant (1’41, 1’42 au 400 m) donc c’était parfait pour moi, analysait Bordier. C’était sur les bases de mon record donc j’ai pu m’accrocher au début. Je fais un gros dernier kilo et je bats mon record (ex-record : 42’17’’59), donc c’est génial. La température, l’horaire, il y avait tout pour la performance. »

Gabriel Bordier

Le marcheur Gabriel Bordier a terminé à une prometteuse 11e place au 10 000 m marche.

 

Chute au 4×400 m féminin

Des conditions idéales pour les longues distances qui n’ont néanmoins pas permis à Elsa Racasan d’imiter son compatriote. Très vite en queue de peloton, l’athlète du club de l’Evian off Course s’est accrochée autant qu’elle a pu avant de connaître une fin de course difficile (17e en 17’13’’18). « Je me suis dit que je n’avais rien à perdre, racontait-elle. Avec Pascal Machat (entraineur national), on s’était dit qu’il fallait que je parte en 3’15 au kilomètre. Mais ça me prouve que je ne suis pas encore assez forte pour le 5 000 m. Je ne sais pas comment expliquer que je n’ai pas battu mon record. Mais c’était seulement mon deuxième 5 000 m. Et le premier j’y étais allée sans arrières pensées, je m’étais trop bien senti et j’avais fait les minima un peu par hasard. Donc aujourd’hui, en étant plus affûtée et avec deux mois d’entrainement de plus, je pensais que ça irait. »

relais 4x400 m féminin

Les Françaises ont très vite réconforté Sarah Mingas, victime d’une chute dans l’ultime ligne droite.

 

Et alors que les filles du 4×100 m tenteront de décrocher l’or mondial ce soir, leurs collègues du 4×400 m n’ont pas réussi à les rejoindre en finale. Longtemps dans la course pour une qualification, les Françaises (Kandissounon, Seiller, Hounsinou et Mingas) perdaient tout espoir dans la dernière ligne droite quand Sarah Mingas trébuchait à 50 m de la ligne, avant de se relever pour finir malgré tout la course (5e en 3’46’’12). Une déception, tout comme celle de Jordan Guehaseim, éliminé en qualification du disque avec 55,60 m (24e).

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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