David-Kpatcha

Championne du Monde juniors de la longueur, Yanis David partage sa joie avec Hilary Kpatcha, médaillée de bronze.

 

Dans une après-midi folle pour la délégation française, Yanis David est devenue championne du Monde juniors de la longueur avec un saut à 6,42 m. Une joie partagée avec sa compatriote Hilary Kpatcha, surprenante troisième (6,33 m). Alors qu’Estelle Raffaï sur 200 m et le relais 4×100 m féminin se sont qualifiés pour les finales.

Dès le début de l’après-midi, les athlètes français avaient senti le coup en s’asseyant dans la tribune face au sautoir de la longueur. Et avant de supporter leurs sauteuses, ils avaient pu chauffer leurs voix avec le 800 m final de l’heptathlon. Une course dans laquelle on retrouvait la courageuse Elisa Pineau, finalement dixième mondiale (5 539 pts), après avoir jonglé toute la seconde journée avec une douleur à l’ischio-jambier droit. « Je suis satisfaite de mes deux jours avec mes cinq records, lâchait-elle. Je ne vais pas me plaindre. »

Les Français ont mis l’ambiance

Et alors que Pineau quittait la piste, Yanis David prenait en main le concours de la longueur dès son premier essai. Poussée par un kop de supporters emmené par Melvin Raffin et Ludovic Besson, la Guadeloupéenne atterrissait à 6,42 m. Derrière, Hilary Kpatcha, l’autre Française en lice, en faisait de même en se plaçant sur le podium (3e avec 6,26 m). Il n’en fallait pas tant pour que la tribune s’embrase. Intercalée entre les deux tricolores, l’Allemande Weissenberg jouait pourtant les trouble-fêtes (6,40 à son premier essai). Mais finalement, les places restaient figées (Kpatcha se rapprochant de la médaille d’argent avec 6,33 à son deuxième essai). Championne du Monde avant sa dernière tentative, la Française Yanis David pouvait goûter une première fois à la Marseillaise entonnée par ses coéquipiers. Puis, malgré une énorme envie, elle mordait son saut avant d’exploser littéralement de joie en sautant dans les bras de son amie Hilary Kpatcha. « Je suis trop contente, souriait Yanis David. C’est la première fois que je pleure en compétition. J’ai tout donné aujourd’hui. »

David

Yanis David a remporté la médaille d’or à la longueur avec ce saut mesuré à 6,42 m.

 

Une joie partagée par Hilary Kpatcha, suprenante médaillée de bronze après avoir battu son record personnel en qualifications et en finale. « Je suis trop heureuse. Aux qualifications, j’avais tout donné et je savais que les concurrentes autour de moi étaient vraiment fortes. Je n’avais rien à perdre car j’avais déjà battu mon record. Je m’étais juste dit : “Donne tout et fais toi plaisir“. » Un plaisir que les deux jeunes femmes partageaient un long moment avec la délégation française descendu en bord de tribune pour fêter leurs championnes.

Le marathon de Raffaï

Deux médailles qui s’ajoutaient à celle de Melvin Raffin (3e du triple saut), triplant le bilan français en une seule soirée. Et le meilleur reste peut-être à venir puisque plus tôt dans l’après-midi, le relais 4×100 m féminin, composé de Tamara Murcia, Cynthia Leduc, Fanny Peltier et Estelle Raffai s’était imposé outrageusement dans sa série (43’’82, meilleure performance mondiale U20 de l’année). De quoi donner des idées pour la finale de ce samedi. « On ne s’attendait vraiment pas à être à ce niveau-là, en moins de 44’’, avouait Cynthia Leduc. Il faut qu’on gagne demain ! »

Raffaï

Estelle Raffaï a été impressionnante tout au long de la journée en battant deux fois son record au 200 m pour y atteindre la finale, comme avec le relais 4×100 m.

 

Une victoire qui semble possible puisque les séries ont laissé de grosses nations à la porte comme la Jamaïque. Dans tous les cas, la France pourra compter sur une Estelle Raffaï de gala. Dans une journée marathon (série et demi-finale du 200 m et relais 4×100 m) – comme Cynthia Leduc – la Française a battu deux fois son record sur 200 m pour accéder à la finale mondiale (2e de sa demi-finale en 23’’46). Juste bluffant. « Je suis contente d’avoir fait mon record. On peut dire qu’aujourd’hui, c’était LA journée. Je suis vraiment contente de passer en finale. Je ne m’y attendais pas. C’est vraiment une bonne journée. Je ne pouvais rien demander de plus. Là, j’étais vraiment fatiguée, j’ai tout donné. Mais pour moi, le plus important, c’est vraiment le relais ! »

La Marseillaise n’a donc peut-être pas fini de retentir dans le stade de Bydgoszcz. Surtout que Yanis David, l’autre marathonienne (elle a également participé aujourd’hui aux qualifications du triple saut), a rendez-vous avec son épreuve du triple saut dès ce samedi matin. L’occasion de réaliser un doublé longueur-triple qui la ferait entrer dans l’histoire. Enfin, peut-être même un double doublé puisque Ilionis Guillaume, deuxième des qualifications, aimerait imiter Hilary Kpatcha.

 

Victor Coroller n’a pas compris
Même s’il était tombé dans la demi-finale la plus compliquée, Victor Coroller pouvait tirer son épingle du jeu pour intégrer la finale mondiale sur 400 m haies. Mais sans réelles explications, le Rennais n’avait pas les jambes aujourd’hui pour lutter. « Je ne comprends pas car pour moi j’étais dans le tempo. Mais dans le dernier virage, je les laisse partir et après c’est fini. Je touche la huit et c’est mort. Je pensais revenir. C’est frustrant. Je ne vais pas me trouver des excuses. Je reviendrai plus fort l’année prochaine. Car je sais que j’ai bien bossé cette saison et ces résultats ne reflètent pas ce que j’ai fait. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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