Wilhem Belocian

Wilhem Belocian fait partie des outsiders pour une médaille lors des Championnats d’Europe sur 110 m haies.

 

Le prodige des haies n’est jamais reparti d’un championnat international sans une médaille. Engagé aujourd’hui sur le 110 m haies des Championnats d’Europe d’Amsterdam (demi-finale à partir de 19h15, finale à 21h30), le recordman du monde juniors (12’’99 avec des haies à 99 cm) devra encore franchir un palier pour monter sur la boite.

Son été avait pourtant mal débuté. Souvent gêné par ses ischio-jambiers par le passé, Wilhem Belocian avait ressenti une petite alerte au moi de mai, juste avant le début des hostilités. Le pire moment pour mettre le frein. En mode « test » au meeting de Forbach (14’’33 en série, 14’’06 en finale, le 29 mai), il a ensuite profité de chaque sortie pour se refaire la cerise. « Depuis Forbach, il y a vraiment eu du changement, lâche-t-il. Parce que là-bas, j’avais toujours un peu mal. Je n’arrivais pas trop à me lâcher. A Rome (13’’73 le 2 juin), c’était un peu mitigé. En fait, ce n’est seulement deux semaines avant les Championnats de France que j’ai vraiment pu bien m’entrainer avec Katty Cham (son entraineur). »

Pas de problème physique

Entre temps, il avait glané un nouveau titre chez les jeunes (champion méditerranéen à Tunis le 4 juin), et manqué la fête à Nancy (14 juin), à cause d’un faux départ provoqué par un trop plein d’envie. Celle-ci s’est exprimée complètement il y a deux semaines, à Angers, lors des France Elite. Un championnat où le champion du monde juniors 2014 a fait une nouvelle fois preuve de sang froid. Deuxième en 13’’15 (+2,1), derrière Dimitri Bascou, il a prouvé, s’il fallait encore le faire, que Belhocian rime avec « toujours présent » (son record : 13’’28 en 2015).

De quoi aborder ces Championnats d’Europe dans les meilleures dispositions. « L’ischio va bien, glisse-t-il dans un sourire. Je peux m’exprimer comme je le veux. Je n’ai vraiment pas d’appréhension. Mon cerveau a complètement déconnecté de la blessure. Je ne me demande pas si ça va tenir. Depuis les Championnats de France je n’ai eu aucun souci. »

Sept sur sept en championnats

Soucieux, ses adversaires doivent l’être. Surtout quand on connaît le ratio du guadeloupéen dans les championnats internationaux. C’est simple, quand Wilhem Belocian est au départ, il repart toujours avec une médaille. Il en est à sept sur sept (en individuel) depuis sa troisième place aux Championnats du monde cadets en 2011. Et alors que la marche des seniors pouvait paraître encore un peu haute, il avait surpris son monde en décrochant la troisième place aux Championnats d’Europe en salle à Prague en 2015 sur 60 m haies. A croire que le hurdleur n’est pas fait du même bois que les autres. « J’ai toujours la même approche des compétitions. De championnat en championnat, j’ai de l’expérience qui rentre. Du coup, ça me sert beaucoup. Je gère mieux la pression avant et pendant la compétition. »

Amsterdam pourrait donc marquer une nouvelle étape dans son évolution. « J’aimerais encore descendre mon chrono et je pense au podium quand même, avoue-t-il. On ne va pas à un championnat sans avoir envie de gagner. Donc le podium et pourquoi pas la première place. Mais pour l’instant, il faut déjà passer les demi-finales et arriver en finale avec une bonne forme physique. »

Valider la sélection aux JO

Ensuite, il sera temps de penser aux Jeux olympiques et à une sélection dont il ne fait pas encore partie (seul Dimitri Bascou est officiellement sélectionné pour le moment). « Je ne pense pas du tout à la sélection aux JO. Je pense juste à ce que je dois faire, c’est à dire descendre mon chrono et me faire plaisir. Après, ils prendront la décision. »

Une médaille composterait évidemment son billet pour Rio et lui permettrait de tenter, une nouvelle fois,  de grimper une marche supplémentaire.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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