Mekhissi

Mahiedine Mekhissi a attendu les derniers 400 m du 3 000 m steeple pour porter une attaque fatale.

 

Le double vice-champion olympique à accrocher une cinquième couronne continentale à son compteur en maitrisant le 3 000 m steeple des Championnats d’Europe d’Amsterdam. Une médaille d’or qui vient redorer un bilan français jusque-là très maigre, malgré la médaille d’argent de Floria Gueï sur le 400 m et le bronze de Yoann Kowal, également sur le steeple.

Avant que ne débute le 3 000 m steeple, le ciel était vraiment très bas sur le stade Olympique d’Amsterdam. Tellement bas, que Renaud Lavillenie venait de se le prendre sur la tête. Dans un concours de la perche gâché par le vent, le champion olympique faisait impasse jusqu’à 5,75 m avant que ce ne soit lui qui tombe dedans. Seul à s’élancer à cette hauteur (Joseph s’était arrêté à 5,35 m et Menaldo avait également fait 0), habituellement très respirable pour lui, il finissait avec un zero pointé, abandonnant par la même occasion une série de sept titres consécutifs sur le Continent (4 en salle et 3 en plein air). « Le vent était trop dur à gérer et quand il n’y a pas de réussite… », lâchait Lavillenie.

Faux départ pour Akakpo

A ce moment-là, Ghani Yalouz et le clan français devaient se dire que le cru Amsterdam 2016 serait vraiment difficile à avaler. Car quelques minutes plus tôt, Floria Guei (51’’21), pourtant porteuse du dossard bleu de meilleure performeuse de la saison, avait trébuché sur le 400 m face à un autre maillot bleu, celui de l’Italie et de Libania Grenot. Un manque de réussite criant dont l’élimination pour faux départ de Stella Akakpo lors des demi-finales du 100 m était le parfait exemple. « Avec toutes les mésaventures françaises du moment, c’était compliqué, lâchait Yoann Kowal (8’30’’79), partie intégrante du rayon de soleil français avec sa médaille de bronze sur le steeple. On a appris les mauvais résultats et il a fallu travailler mentalement. Toute cette après-midi, j’ai eu un peu de pression. »

Lavillenie

La moue pour Renaud Lavillenie qui abandonne sa domination continentale après trois essais manqués à 5,75 m.

 

Une pression qu’il a parfaitement su gérer tout comme son camarade de flaque d’eau. Attendu comme le messie, Mahiedine Mekhissi a répondu présent (8’25’’63), renonçant à la célébration de football pour récupérer un sceptre volé il y a deux ans (il avait été exclu pourra voir retiré son maillot avant de franchir la ligne). « Il faut savoir qu’on m’a mis la pression avant la course, avouait celui qui était encore en béquilles il y a un an, suite à une opération du tendon d’Achille. On m’a annoncé que Renaud avait fait un zéro et qu’on comptait sur moi pour offrir cette première médaille d’or à l’équipe de France. J’espère que les camarades vont me suivre demain et qu’il y aura beaucoup de médailles. On en a besoin car on n’en a pas beaucoup pour le moment. »

Le bilan, quoi qu’il arrive sera évidemment moins prolifique qu’à Zurich il y a deux ans (23 médailles), mais le DTN Yalouz n’en demandait pas tant. Par contre, il ne devait pas penser en être à ce point-là (seulement 4 médailles dont une en or), après trois jours de compétitions. L’éclaircie Mekhissi était vraiment la bienvenue.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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