Rénelle Lamote

Rénelle Lamote s’est classée deuxième du 800 m des Championnats d’Europe.

 

Favorite de la compétition après un début de saison fracassant (1’58’’01), Rénelle Lamote s’est finalement classée deuxième du 800 m. Malgré tout, la protégée de Thierry Choffin essayait de garder le sourire pour savourer sa première breloque chez les grands.

La nuit venait de tomber sur Amsterdam quand Rénelle Lamote a passé les barrières pour accéder à la piste du stade Olympique. Elle venait d’assister au tour d’honneur des hurdleurs Bascou et Belocian, premier (13’’25) et troisième (13’’33) du 110 m haies. De quoi lui donner des idées. Surtout que l’atmosphère était, pour la première fois depuis le début de ces championnats d’Europe, très française, puisque trente minutes plus tôt, Antoinette Nana-Djimou avait accroché l’argent et les minima pour Rio sur l’heptathlon (6 458 points).

« Les filles n’ont pas couru comme je le pensais »

C’est donc sous les “allez Rénelle“ que la pensionnaire du pôle espoirs de Fontainebleau s’élançait dans ce qu’on attendait comme sa finale. Mais dès le départ, le plan prenait un tour différent. « J’ai eu la sensation de devoir adapter mon plan de course pendant toute la course, expliquait-elle. Les filles n’ont pas couru comme je le pensais. Elles sont parties vite et je n’ai pas réussi à être patiente en restant collée à la tête. »

Placée à l’extérieur, prête à bondir, Lamote semblait contrôler la course. Mais à 150 m, quand tout est allé plus vite, son habituelle accélération ne donnait pas l’effet escompté. Accrochée jusqu’au bout, elle cédait finalement face au sprint ravageur de l’Ukrainienne Nataliya Pryshchepa (1’59’’70 contre 2’00’’19). « Il m’a manqué un peu de fraicheur. En fait, j’ai senti que j’avais les jambes lourdes à l’échauffement et pendant toute la course, je n’étais pas aussi fluide et pas aussi légère que d’habitude. Mais je me suis vraiment battue avec le mental et c’est comme ça que je fais deuxième. »

Un manque de fraîcheur

Une deuxième place qu’elle accueillait dans un premier temps avec des larmes avant que Dimitri Bascou et Wilhem Belocian, de retour de leur 400 m d’honneur, ne la prennent dans leurs bras. Ce même Bascou lui laissait d’ailleurs son drapeau pour un tour d’honneur couru à allure d’un footing actif. « Bien sûr que ça se prend. Ca va être un moment de bonheur. Je vais fêter ça avec mes proches. Après je suis comme ça, c’est dans ma nature. J’aime vraiment gagner. Et quand je ne gagne pas c’est toujours un petit peu difficile. »

Impressionnante sur ses deux premiers tours, Lamote y a sûrement laissé des plumes. Mais Rio ne fera pas de cadeaux, et elle a voulu s’y préparer. « Honnêtement, je pense que le troisième tour a été un peu difficile. Dans les jambes, je l’ai senti passer. Ca me donne une idée de ce qui va m’attendre à Rio. Je me dis aussi que j’ai bien fait de courir mes deux premiers tours assez vite, parce que ça me donne un aperçu des sensations. Alors que si j’avais fait les deux tours en 2’04, je n’aurais pas eu les vraies sensations d’un troisième tour olympique. J’ai beaucoup appris. »

Un apprentissage du haut niveau qui peut prendre du temps. Dimitri Bascou pourra lui en parler. Depuis 2010, il attendait l’or. Cette fois, à presque 29 ans, il l’a enfin décrochée. Lamote n’en a que 22. Le temps joue pour elle.

 

Première pour Bascou
En remportant le 110 m haies, Dimitri Bascou a décroché son premier titre international. De quoi le combler, surtout avec la troisième place du jeune Wilhem Belocian. « L’attente avant la finale était vraiment longue. Il fallait garder l’envie jusqu’au bout. Ca fait depuis les Championnats d’Europe de Barcelone en 2010 que je cours après la vraie médaille, la meilleure des médailles. Aujourd’hui je l’aie ! »
Bascou et Belocian

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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