Championnats d'Europe de cross

Louis Gilavert (à droite) et Antoine Senard seront deux atouts de l’équipe de France juniors aux Championnats d’Europe de cross.

 

Alors que les équipes seniors auront fort à faire pour décrocher un podium, les juniors et espoirs hommes semblent programmés pour la boite, voire le titre, ce dimanche lors des Championnats d’Europe de cross de Samorin (Slovaquie).

Comme le dit Jimmy Gressier : « Nous avons remporté l’or les deux années précédentes, alors pourquoi pas un jamais deux sans trois ? «  Doublement titré par équipes en juniors avec notamment Fabien Palcau et Mohamed-Amine El Bouajaji, Gressier a cette fois changé de catégorie en passant chez les espoirs, mais pas d’ambition. Avec une équipe composée de quatre des champions d’Europe juniors 2016 (Palcau, Gressier, El Bouajaji et Hay) et les ajouts du miler Alexis Miellet et du médaillé de bronze des derniers Championnats d’Europe espoirs du 10 000 m Emmanuel Roudolff-Lévisse, la France aura de belles chances de s’imposer.

Du beau monde chez les espoirs

Néanmoins, avec le passage de quatre à trois athlètes comptant dans le classement par équipes, les Bleus y perdent un peu au change et des nations comme l’Italie de Yemaneberhan Crippa (double champion d’Europe juniors de cross et médaillé de bronze en espoirs l’année dernière), la Grande-Bretagne de Robbie Fitzgibbon, l’Allemagne de Amanal Petros ou l’Espagne de Carlos Mayo (champion d’Europe espoirs du 10 000 m) pourront jouer l’or. Alors qu’au niveau individuel, Jimmy Gressier et Emmanuel Roudolff-Lévisse devraient avoir leur mot à dire, puisque le premier n’a jamais fait pire qu’une quatrième place à un championnat d’Europe et que le second vient de finir 11e des redoutables Championnats Universitaires américains.

L’autre grande chance de médaille de la délégation française repose sur les juniors garçons. Doubles tenants du titre grâce à leurs ainés (aucun des athlètes présents n’étaient à Chia en 2016), les Français ont une belle occasion de briller emmenés par leur duo Yani Khelaf et Louis Gilavert. « Le premier objectif sera de faire un très bon truc par équipes, lâche Gilavert, le recordman de France juniors du 3 000 m steeple. Et après, ça serait bien aussi de réussir quelque chose en individuel. »

Khelaf et Gilavert contre Ingebrigtsen

Avec une équipe solide malgré le fait que tous les athlètes présents découvriront les Europe de cross (dont deux premières sélections pour Antoine Senard et Pierrick Jocteur-Monrozier), les Bleus peuvent également jouer la carte personnelle avec d’un côté Yani Khelaf et de l’autre Louis Gilavert. Mais évidemment, la boite sera difficile à aller chercher avec la présence notamment de l’ogre norvégien Jakob Ingebrigtsen, seulement 17 ans et déjà tenant du titre, mais aussi du Roumain Dorin Andrei Rusu (champion d’Europe juniors du 10 000 m) ou des Espagnoles Adrian Ben, Miguel Gonzalez et Annasse Mahboub.

Pour le reste, les médailles seront moins abordables. Chez les seniors hommes, les chances françaises reposent beaucoup sur la forme de Hassan Chahdi. Dans un grand jour, le triple champion de France est capable de tout et surtout de monter sur la boite (3e en 2011, 2e en 2012). Mais le meilleur marathonien de l’Hexagone a dû abandonner lors du cross de sélection d’Allonnes à cause d’un point de côté (voir article), et même si son stage à Vittel s’est bien passé, il faudra attendre le verdict du terrain. « J’ai fait des prises de sang après Allonnes et on a décelé des petites carences, explique Chahdi. Mais j’ai fait un bon stage et la forme remonte. Je suis content de revenir aux Europe de cross (il n’avait pas couru en 2015 et 2016) mais maintenant j‘ai envie de jouer devant. »

Liv Westphal croit aux Bleues

Une bonne place de Chahdi placerait évidemment les Bleus sur orbite pour le classement par équipes. Quatrième l’année dernière, la France pourra compter sur des jeunes en pleine progression comme Michaël Gras ou Djilali Bedrani – tout frais champion du monde militaire de cross court – ou sur l’expérimenté Benjamin Malaty pour jouer placé. Mais évidemment, la traditionnelle armada turque avec les deux premiers de la saison passée (Aras Kaya et Polat Kemboi Arikan) sera présente tout comme les cylindrées espagnoles et britanniques ou les Norvégiens qui, avec l’apport des frères Henrik et Filip Ingebrigtsen, auront leur mot à dire.

Un constat qui est a peu près le même chez les femmes. Quatrièmes également en 2016, les Françaises toujours emmenées par Liv Westphal (9e en 2016) auront fort à faire pour déloger les Roumaines, les Anglaises et surtout les Turques du podium. « Je pense que je suis en bon état de forme, glisse Westphal qui est rentrée mardi des Etats-Unis où elle vit. Au niveau collectif, le principe de « Top 3 » permet à de petites nations de s’investir dans le cross. Mais si nous additionnons toutes nos qualités (avec notamment Claire Perraux, Samira Mezeghrane-Saad et Aurore Guérin), il n’y a aucune raison que l’on n’aille pas chercher une belle médaille comme il y a deux ans à Hyères. »

Une surprise venue des juniors femmes ?

A Hyères justement, la France avait glané six médailles, dont une en argent chez les espoirs femmes. Une breloque que Emma Oudiou et Johanna Geyer—Carles ont eu le temps de regarder avant de prendre l’avion pour Samorin puisqu’elles étaient déjà de l’aventure en 2015. Mais derrière une équipe d’Allemagne intouchable avec Konstanze Klosterhalfen et Alina Reh, les Françaises devront sortir une énorme course pour monter sur la boite alors qu’elles avaient fini sixièmes en 2016.

Enfin, les juniors femmes pourraient créer la surprise. Emmenées par leur leader Mathilde Sénéchal, vice-championne d’Europe du 3 000 m cet été, les Françaises auront une carte à jouer puisque leur densité (avec Alexa Lemitre, Claire Carrere, Méline Rollin, Alice Mitard et Julie Lejarraga) est très intéressante. « Il faut qu’elles y croient et qu’elles aient un peu d’insouciance comme les garçons, lâche l’entraineur national Laurence Vivier. Les filles ont déjà pour la plupart porté le maillot de l’équipe de France et ça c’est important. Je pense que tout est possible. »

Tout est possible et surtout deux médailles par équipes pour les juniors et espoirs garçons. Ensuite, si la magie de Hyères fait son apparition, d’autres médailles pourraient tomber.

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Track and Life sera présent à Samorin pour vous faire vivre les Championnats d’Europe de l’intérieur avec du contenu exclusif, et évidemment les photos et les réactions des Français après toutes les courses.

Pour ceux qui veulent suivre l’événement en vidéo, un streaming sera disponible sur le site de l’Association Européenne d’Athlétisme => http://www.european-athletics.org/.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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