Benoit Calandreau

Aux derniers Championnats Elite en salle, Benoit Calandreau travaillait pour l’entreprise de chronométrage Matsport.

 

Ex-international juniors sur 1 500 m, Benoit Calandreau a depuis quelques mois mis l’athlétisme entre parenthèses pour se consacrer à sa carrière professionnelle et notamment à la création d’une entreprise de chronométrage.

Dans le petit milieu du demi-fond français, la fratrie Calandreau est connue de tous. Julien, l’aîné (28 ans) et Benoit (tout juste 27 ans) ont arpenté les labours et les pistes au plus haut niveau national, portant tous les deux le maillot de l’équipe de France juniors, et participant plusieurs fois aux Championnats de France Elite. Mais alors que Julien (3’43’’02 au 1 500 m) continue toujours – « il s’entraine toujours mais c’est différent, il privilégie le plaisir à la performance », selon son frère -, Benoit (3’43’’87) est quasiment dans l’incapacité de prolonger sa passion. La faute à une vie professionnelle débordante. « Ce n’était pas prévu que je ralentisse fortement l’athlétisme, avoue-t-il. Mais à un moment, il faut bien gagner de l’argent. »

« J’ai privilégié le boulot »

En janvier 2014, alors en stage en Afrique du Sud pour accompagner Mahiedine Mekhissi-Benabbad, le cadet des Calandreau se sent pousser des ailes. « Je me sentais super bien. J’étais facile sur des grosses allures. J’avais des sensations que je n’avais jamais connues. » Sa première compétition confirme son bon état de forme (8’11’’73 au 3 000 m en salle en janvier 2014) avant qu’une blessure vienne plomber l’envol. « Après la blessure, j’ai privilégié le boulot. Et je me suis dit pourquoi pas tenter le coup d’une petite société avec création de courses et chronométrie. Avec le réseau que j’ai dans l’athlétisme, il y avait quelque chose à faire. »

Employé pendant un an à la Ligue Rhône-Alpes d’athlétisme (avril 2014 – avril 2015), Benoit Calandreau s’initie au monde de l’événementiel sportif et au chronométrage. « Ca m’a tout de suite plu. » Avant de parfaire ses contacts et de monter Perf Event, sa société qui a aujourd’hui une vingtaine de clients dont l’entreprise Matsport. « J’ai commencé en tant que prestataire l’année dernière avec Matsport. C’est une bonne opportunité pour moi de bien me former dans ce milieu. »

« C’est très frustrant de ne pas pouvoir faire les compétitions »

Car avant de se retrouver à gérer la centrale de faux départ et d’aider le starter aux Championnats de France Elite d’Aubière en Février dernier, Benoit Calandreau se destinait plus à une carrière dans la préparation physique, avec un Master 2 STAPS en poche. Mais la vie a fait qu’il s’est retrouvé derrière un chronomètre, mais pas pour suivre les chronos d’athlètes en séances comme il a pu le faire un temps avec Hassan Chahdi. Maintenant, il sillonne le monde pour travailler sur les plus grands événements sportifs aux côtés de Matsport. « J’étais au marathon de Dakar en février puis aux Championnats d’Asie handisport à Dubai. Mon calendrier est plein jusque fin juin avec le meeting de Baie-Mahault (Guadeloupe) et tous les meetings de la Ligue nationale d’athlétisme (entre autres). »

Benoit Calandreau et Julien Calendreau

Julien (à gauche) et Benoit Calandreau au meeting d’Amiens en 2013.

 

Un emploi du temps très chargé qui laisse peu de place à l’entrainement. «  En ce moment, c’est chaud pour s’entrainer, regrette Benoit Calandreau. Ca demande pas mal d’organisation entre le travail pour Matsport et la gestion de mon entreprise avec beaucoup de mailing. Mais je m’entretiens comme je peux (il courrait sur tapis roulant dans une salle à Dubai lors des Championnats d’Asie handisport). De toute façon, j’ai besoin de courir pour me sentir bien. Mais malheureusement, être bon en athlétisme en France, ça ne suffit pas à payer son loyer. C’est très frustrant de ne pas pouvoir faire les compétitions, car en plus, c’est ma génération (athlètes nés en 1989) qui courent. »

« J’ai fait le choix de la lucidité avant le choix de la passion »

Affûté en début de saison, Benoit Calandreau a dû laisser la place au boulot à partir du début du mois de février. « J’avais fait de bonnes séances dans le groupe de Bastien Perraux à Lyon avec Mounir Akbache (3’39’’81 sur 1 500 m en 2014) et Bryan Cantero (3’36’’08 en 2014). Il m’est arrivé de me rapprocher de mon meilleur niveau mais le boulot reprend vite le dessus. »

Surtout qu’il côtoie son ex-monde de très près, comme aux France Elite à Aubière. « C’est sûr que j’aurais aimé être sur la ligne de départ avec les gars. Mais j’ai fait le choix de la lucidité avant le choix de la passion. Mais la frustration que j‘ai par rapport à l’athlétisme, je la passe dans le boulot. Je veux être le meilleur ! »

Il vit de sa passion

Une ambition et une motivation qu’il déploie également pour la Sport 2000, une course qu’il a montée à Moirans (38). « C’est un 10 km avec un parcours ultra rapide. J’ai envie d’y accueillir au mieux les personnes avec qui j’ai couru pendant ma petite carrière. »

Une carrière qu’il n’a pas définitivement stoppée puisque, selon son agenda, il espère pouvoir participer à quelques courses. « J’ai également des périodes creuses où j’aurai le temps pour m’entrainer. Je vais simplement redéfinir mes objectifs. »

Finalement, malgré le manque de la course à pied de haut niveau, Benoit Calandreau est satisfait d’être passé derrière le chronomètre. « Je vis de ma passion. Le matin, quand je me lève, je n’ai pas l’impression d’aller au boulot. »

 

Pour plus d’informations sur le 10 km de la Sport 2000.

Partager cet article

Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

Facebook Comments

Website Comments

Post a comment