Benjamin Malaty

Benjamin Malaty sera en lice ce dimanche au marathon de Berlin.

 

Après être revenu à son meilleur niveau au printemps en signant 2h13’06 au marathon de Paris, l’international Benjamin Malaty remet ça ce dimanche du côté de Berlin avec l’objectif de battre son record personnel (2h12’00 en 2013). Sur un parcours ultra-rapide, où le record du monde pourrait être battu, le Français a toutes les cartes en main après une bonne préparation.

– Benjamin, comment s’est passée votre préparation ?

« Tout s’est bien passé sinon je ne serais pas à Berlin. J’avais un peu peur d’une préparation en été car il fait souvent chaud dans le Sud-Ouest, mais ç’a été cette année. J’ai décidé de ne pas trop partir car, pour moi, c’est comme si j’étais en stage toute l’année avec les conditions de Talence. La préparation a confirmé ce que j’avais fait au printemps. Maintenant, je croise les doigts pour avoir la bonne course et des bonnes conditions à Berlin.

« J’ai bien récupéré après le marathon de Paris »

– Pourquoi avoir choisi de courir à Berlin, seulement cinq mois après votre marathon de Paris ?

Après Paris, je me suis posé la question. Soit de refaire le même marathon, soit d’en refaire un deuxième dans l’année. J’ai calculé mon calendrier et comme l’année prochaine il y a les Europe (à Berlin également), je me suis dit que si je suis qualifié, je ne courrai pas au printemps 2018. Et si je devais attendre le printemps 2019 pour refaire un bon chrono, j’allais trouver le temps long. Puisque la forme est désormais revenue, j’ai voulu tenter le coup à l’automne, même si au début, Berlin me paraissait un peu tôt. Mais j’ai bien récupéré après Paris. J’ai repris doucement et c’est très vite revenu. Il faut surfer sur la vague.

– A Paris, on vous avait vu prendre des risques avec un départ rapide, tout en réussissant à finir d’une belle manière. Est-ce que cette course a été un déclic ?

A Paris, au 30e km, je me suis dit que j’allais péter, que j’allais finir en 2h16, car c’est vraiment parti vite. Je ne regardais même plus le chrono dans les derniers kilomètres pour ne pas me faire peur. Et quand au loin j’ai vu le chrono, je me suis dit que j’avais pas mal résisté. Ca m’a étonné. Car j’ai vraiment fini dans le dur. Donc en maitrisant plus les allures, il y a moyen de faire quelque chose de sympa. Les kilomètres ça ne me fait pas peur. C’est plus la densité qui m’aidera à aller chercher un gros chrono un jour. Paris, ça m’a fait passer un palier car je sais que je peux faire mieux que mon record. Faire 2h13 en courant comme ça, ça valait mon record perso. Dans le dernier 10 bornes, il y a facile 1’, 1’30 à récupérer si je pars moins vite.

« Je sais que ce que j’ai fait à l’entrainement, c’est costaud »

– Avec 2h13’06, vous avez déjà un chrono de référence pour les prochains Championnats d’Europe en août prochain, vous pouvez donc prendre des risques ce dimanche pour tenter un très gros chrono.

Plus de risques qu’à Paris, je ne sais pas. Là, c’est sans pression. L’objectif c’est d’aller chercher un gros chrono. A Paris, j’avais envie de faire un énorme chrono mais il fallait avant tout que je refasse dans mes temps. J’ai effectivement pris des risques car ce jour-là, je voulais vraiment un bon groupe pour aller le plus loin possible. Et donc j’ai pris le train 64’30 (au semi-marathon) mais malheureusement c’est allé plus vite (64’10). Là, ça partira moins vite (65′-65’30 prévus). Et j’ai vraiment hâte de voir ce que ça peut donner en partant un poil moins vite, de passer vraiment très facile au premier semi – voire jusqu’au 30e – et voir ce j’ai dans le ventre sur la dernière partie de course. Je sais que je suis en forme. Je suis peut-être mieux que sur la dernière préparation. Et le fait qu’il y ait un groupe avec des mecs qui peuvent aller jusqu’au bout, je vais pouvoir également courir à une allure régulière tout au long de la course alors que je suis plutôt un partisan du positive split.

– Vous n’avez pas voulu faire un semi-marathon test comme cela se voit beaucoup dans les préparations marathon, pourquoi ?

On a vachement bossé à l’entrainement en faisant des séances tests qui ont quasiment remplacé des compétitions. J’ai fait un petit 10 km fin juillet sur un parcours très difficile. Je n’ai pas besoin de courir beaucoup dans une prépa. Je sais que ce que j’ai fait à l’entrainement c’est costaud. Par contre derrière le marathon, je vais très peu couper pour essayer d’enchainer et aller courir un peu sur la fin d’année. C’est une période que j’aime bien. Donc je vais faire quelques compétitions avec des cross, tenter les Europe, voir si je suis capable de courir après le marathon.

– Ce dimanche, le record du monde sera l’objectif de Eliud Kipchoge. Qu’est-ce que cela vous inspire de vous retrouver dans cette course ?

Là, je ne vais pas jouer dans la même cour. De toute façon, à Berlin, il y a une tentative de record du monde tous les ans. Là, en plus avec le plateau, s’il y a des bonnes conditions, ça risque de fumer. Moi derrière, je vais essayer de faire le boulot. Et j’aimerais bien battre aussi mon record comme ça je pense qu’il y aura moyen d’avoir une belle équipe l’année prochaine aux Championnats d’Europe. Même individuellement, on sera loin d’être ridicule. Pourquoi ne pas remettre le marathon français sur orbite ?

Jean-Damascene Habarurema et Paul Lalire présents
Alors que Yohan Durand et Timothée Bommier, retardés par des blessures ne seront pas à Berlin comme initialement prévu, le clan tricolore pourra également compter sur Jean-Damascene Habarurema et Paul Lalire dans les rues de Berlin.

 

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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