Benjamin Choquert

Benjamin Choquert aimerait descendre sous les 29′ sur 10 km ce dimanche lors de la Corrida de Houilles.

 

En grande forme depuis le début de la saison, le duathlète Benjamin Choquert (30 ans) sera l’un des Français à suivre ce dimanche à la Corrida de Houilles. Déçu par sa performance au cross d’Allonnes, alors qu’il visait une place aux Championnats d’Europe de cross, le Nancéien a reporté ses ambitions sur 10 km en cette fin d’année, avec comme objectif de casser la barrière des 29’, pour, pourquoi pas, se rapprocher du record de Lorraine détenu par Bob Tahri (28’52 en 2006). Entretien.

– Track and Life : Benjamin, comment vous sentez-vous à la veille de la Corrida de Houilles ?

« Je ne me sens pas trop mal en ce début de saison. A part ma contre-performance d’Allonnes, j’ai réalisé de bonnes choses et notamment sur le 10 km de Nancy (le 27 novembre), où j’ai fait 29’41 en passant aux premiers cinq kilomètres en 15’05. Je suis plutôt bien en ce moment, malgré le fait que j’ai dû reprendre assez tard l’entrainement (début de septembre) parce que j’ai été blessé en juillet-août. Je réalise mon meilleur début de saison depuis longtemps.

« Je me suis préparé pour les Europe mais ça n’a pas payé »

– Justement, que s’est-il passé au cross d’Allonnes, alors que vous visiez une place dans les quatre premiers pour les Championnats d’Europe (il a terminé 22e et 15e Français) ?

A Allonnes, c’était un jour sans. Je ne suis arrivé que quelques heures avant la course en train parce que la veille il y avait le Téléthon à la piscine et je ne pouvais pas y échapper (il est maître-nageur à Nancy). J’ai travaillé toute la journée debout et j’ai perdu pas mal d’énergie la veille. Donc le lendemain ce n’était pas terrible !

– Vous aviez vraiment fait des Europe de cross votre objectif principal ?

Oui, j’étais parti pour viser la sélection pour les Europe de cross. Je me suis préparé en conséquence mais le jour J ça n’a pas payé. J’aurais pu tenter de faire le cross de l’Acier mais j’avais perdu un peu la motivation. A Allonnes, c’était plus simple, car il y avait quatre places pour une quinzaine de mecs, alors qu’il y avait une dizaine de personnes à l’Acier pour une ou deux places. Ca n’a pas marché cette année, ça le fera peut-être une autre fois.

« Je fais les championnats en athlétisme pour faire plaisir à mon entraineur »

– Vous dites avoir coupé entre juillet et août à cause d’une blessure. Que vous-est-il arrivé ?

Pendant ma préparation pour les Monde de duathlon j’ai senti une petite douleur au pied. Le lendemain de la course des Mondiaux (où il a fini 5e) je ne pouvais plus trop marcher. J’ai trainé un peu ça. Je me suis aperçu que c’était une bursite au pied. Le médecin m’a fait une infiltration fin août. J’étais blessé au pied gauche et en parallèle, j’avais une légère inflammation au pied droit donc je me suis bien reposé. Je n’ai rien fait juillet-aout. Surtout que j’avais chuté à vélo fin juin sur une manche de grand prix par équipes ce qui m’avait déjà privé des France Elite sur piste.

– Vous étiez d’ailleurs le tenant du titre sur 5 000 m après une année 2015 où vous aviez tout raflé en athlétisme (il a remporté les Championnats de France de 5 000 m et de cross court en 2015) alors que justement vous aviez choisi le duathlon pour vous éloigner de ce monde là.

Je fais les championnats en athlétisme pour faire plaisir à mon entraineur (Frédéric Fabiani). Il sait très bien que je ne suis pas trop championnat et tout ça. C’est plutôt lui qui est à fond sur ça. C’était un peu pour le récompenser lui et le remercier de son investissement. Et ça s’est bien goupillé. Après c’est dommage, l’année dernière, j’aurais aimé rejouer le titre sur 5 000 m mais avec ma chute je n’ai pas pu y aller. On verra cette année si je suis au niveau ou pas.

« Il n’y a pas de reconnaissance en athlétisme »

– Pourquoi avoir choisi le duathlon au lieu de persévérer en athlétisme ?

Il n’y a pas de reconnaissance en athlé, tu n’as rien. Il n’y a que les grands championnats et encore, il faut faire des Monde et des JO pour avoir un peu d’aides. Mais tant qu’il n’y a pas ces aides, on ne peut pas viser ces grands championnats. C’est l’investissement et l’entrainement qui font qu’on peut viser plus haut. Là, je vais pouvoir m’investir plus en duathlon car on m’a détaché.

– En quoi va consister cet aménagement ?

Au lieu d’être à 100 % (temps complet), je vais passer à 60 % et je vais pouvoir avoir mes week-end car avant j’en avais un sur trois. Il fallait que je jongle pour les compétitions. Et je vais pouvoir me libérer plus de temps pour pouvoir surtout rouler car je l’ai moins fait l’année dernière et ça s’est ressenti. Après, je ne vais pas forcément m’entrainer beaucoup plus, mais je vais pouvoir surtout mieux récupérer et éviter des blessures bêtes comme j’ai pu avoir ces dernières années.

« Je profite de l’entrainement croisé pour encore m’améliorer »

– Votre choix du duathlon est-il définitif ?

Maintenant, le duathlon est le plus important. Je suis sur les listes de haut niveau, ça m’offre un aménagement du travail, donc c’est le duathlon qui va primer. Après, à la base, je suis plutôt athlète. J’ai toujours aimé l’athlétisme. Il y a quelques années, ça m’avait un peu fatigué, je n’y trouvais plus mon compte c’est pour ça que je m’étais mis au duathlon. Maintenant, je trouve que les deux fusionnent très bien. Le vélo m’a vraiment permis de progresser à pied. Je profite pleinement de l’entrainement croisé pour encore m’améliorer.

– Une progression qui vous donne beaucoup d’ambition pour Houilles.

Les moins de trente minutes ça fait un moment que je les fais assez régulièrement (record sur 10 km route en 29’30 en 2015). Maintenant, il faut tenter quelque chose. Jusqu’à l’année dernière, je ne pensais pas que les moins de 29’ étaient réalisables pour moi. Mais quand j’ai fait 29’08 sur piste (vice-champion de France du 10 000 m en 2016) je me suis rendu compte que les moins de 29’ ce n’était pas si dur que ça. Il faut partir d’entrée de jeu sur les bonnes allures. Donc tant qu’à faire, autant les tenter tout de suite. »

Pour tout savoir sur la Corrida de Houilles.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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