Bastien Auzeil

Très friand des épreuves par équipes, Bastien Auzeil était présent ce week-end à la Coupe de France des spécialités et relais.

 

Treizième des Jeux olympiques de Rio, le décathlonien Bastien Auzeil était déjà sur le front ce week-end lors de la Coupe de France des spécialités et relais à Niort. Au repos depuis le Décastar de Talence, l’athlète de l’Entente Athlétique Grenoble a néanmoins réussi 7,11 m à la longueur et 5 m à la perche  – « on n’a pas traversé la France pour cueillir du muguet » – pour conclure dans la bonne humeur une saison 2016 riche. A bientôt 27 ans, son regard est déjà tourné vers Tokyo 2020 et le travail qu’il lui reste à accomplir pour améliorer son record personnel (8 191 points). Interview.

– Track and Life : Bastien, aviez-vous repris l’entrainement pour préparer cette Coupe de France ?

« Je n’ai pas repris l’entrainement. La dernière fois que j’ai fait de l’athlé c’était au Décastar de Talence. Depuis, je n’ai vraiment rien fait, à part un ou deux footings comme ça pour m’entretenir. C’était un peu le point d’interrogation. Je ne savais pas comment c’allait se passer. Finalement ça s’est bien passé donc c’est très bien (2e à la Coupe de perche avec son club).

« La saison avait mal commencé »

– Vous avez d’ailleurs signé des performances intéressantes avec 7,11 m en longueur et 5 m à la perche.

Cette année j’ai eu un peu de mal en longueur donc au moins je finis sur une bonne note. Ca montre bien que je n’ai pas vraiment fait ce que j’aurais dû faire en longueur (c’est la deuxième meilleure performance de sa saison en longueur après ses 7,14 m des Championnats de France Elite). Et ça montre aussi que j’avais besoin de repos et de récupérer de la saison. Et je vais continuer à récupérer.

– Quel bilan tirez-vous de votre saison ?

La saison avait mal commencé parce que je pensais faire les minima pour les Jeux olympiques très tôt et m’en débarrasser assez rapidement. Finalement j’ai galéré. Je me suis blessé à l’épaule et je ne pouvais plus sauter à la perche. Il y a tout un tas de chose qui a fait que ça s’est compliqué. Mais tout s’est bien goupillé aux Championnats de France (lire article) donc j’étais content de pouvoir faire quand même les minima. Même si, dans mon esprit, je m’étais dit que ce n’était pas grave si je n’allais pas à ces JO, qu’il y aurait d’autres occasions. Mais j’avais évidemment quand même envie d’y aller. J’ai fait en sorte de pouvoir y aller et ç’a été une super expérience. Maintenant je n’ai qu’une seule envie, c’est d’y retourner.

« J’aimerais garder un meilleur souvenir de Tokyo »

– En quoi les Jeux olympiques se démarquent-ils des autres championnats ?

En terme d’ambiance c’est au-dessus d’un grand championnat parce qu’il y a tous les sports, ça brasse beaucoup plus de monde. Après l’ambiance dans le stade est la même par rapport à des championnats du monde mais ce qui change, c’est qu’il y a les anneaux olympiques sur la piste. Et à partir de là, ce n’est plus du tout la même compétition. C’est vrai que ça fait quelque chose quand on rentre sur la piste pour la première fois car qu’on y est. C’est le rêve de tout sportif. C’est la consécration. Après, ce n’est qu’une étape. On a aussi envie d’être bon sur le championnat. Aller aux JO c’est bien mais si c’est pour en garder un mauvais souvenir parce que ça ne s’est pas bien passé c’est dommage. J’en ai gardé un bon souvenir mais j’aimerais bien en garder encore un meilleur à Tokyo.

– Justement, pour être meilleur à Tokyo, il vous faudra passer un cap et vous rapprocher des 8 300 – 8 400 points à l’instar de Romain Martin et Gaël Quérin entre autres.

« C’est exactement ça. Pour jouer quelque chose en grand championnat il faut être régulier au moins à 8 300 points. Je sais que j’en ai les capacités. Après cette année, je pense que j’étais capable de le faire mais ça s’est plus ou moins bien goupillé. Et je n’ai pas réussi. Mais je pense que c’est jouable. Mais c’est sûr qu’il faut réussir à gravir une marche supplémentaire pour jouer quelque chose en grand championnat.

« Il faut que je travaille sur des placements, de la régularité »

– Que vous manque-t-il aujourd’hui pour franchir ce cap ?

Ce sont des petites histoires, des petits placements, des petits trucs. Il faut essayer de peaufiner tout ça. J’ai ce qu’il faut aujourd’hui pour faire 8 300 points. Après, pour aller taquiner des podiums et les 8 500 points il faut que je travaille sur des placements, de la régularité, des choses comme ça, qui vont faire qu’à un moment donné, tout va s’enchainer.

– Votre retour à l’entrainement est prévu pour quand ?

Je vais reprendre l’entrainement début novembre. Là, j’ai encore trois semaines de repos devant moi. Ca ira bien, ce sera suffisant. »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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