Basile Rolnin

Basile Rolnin a remporté le match international espoirs d’épreuves combinées ce week-end avec 8 087 pts.

 

Lors du match international d’épreuves combinées à Caorle (Italie), l’Amiénois Basile Rolnin a pulvérisé son record personnel au décathlon pour franchir la mythique barrière des 8 000 points. Retour sur un week-end record.

Le rêve aurait pu s’arrêter très vite. Engagé ce week-end au match international espoirs d’épreuves combinées à Caorle (Italie), Basile Rolnin comptait franchir un nouveau cap au décathlon. Mais après un 100 m « quelconque » (11’’28), il se faisait une première frayeur à la longueur en mordant ses deux premiers essais. Finalement auteur de son record sur sa troisième tentative (7,25 m), l’Amiénois pouvait se présenter sur le plateau du poids avec ambition. Mais comme lors du concours précédent, il n’arrivait pas à se mettre tout de suite dedans.

Quatre jets au poids

D’ailleurs, sans un petit coup de pouce du destin, il aurait quitté le concours avec une performance aux alentours des 12 m. « Mon deuxième essai a été jugé mordu mais sur une photo prise par un ami de mon entraineur on a vu qu’il ne l’était pas. Mon pied s’est posé contre le butoir et non au-dessus du butoir. On a fait une demande au jury mais je ne comptais pas trop dessus. J’allais donc partir à la hauteur dégouté mais à ce moment-là, la juge arbitre m’a attrapé par le bras pour me dire que je pouvais retenter un essai. C’était la chance de ma vie ! »

Une chance que le combinard validait avec un jet à 14,18 m, de quoi le laisser sur l’autoroute des 8 000 points. La suite de sa première journée était idéale avec un saut à 2,04 m à la hauteur (record personnel) – « j’étais en confiance car je n’avais plus les douleurs ressenties l’année dernière » – et un 400 m sans complexe (50’’17, record personnel). « J’étais métamorphosé pour le 400 m. C’est la première fois que j’avais envie de courir cette épreuve. »

Cinq records sur dix épreuves

En avance de 200 points sur son record personnel (7 679 pts en 2015) à mi-parcours, Rolnin pouvait rêver en grand pour la seconde mi-temps. « Le dimanche ce n’était pas fait. Mais j’ai réussi à bien enchaîner. » 14’’45 au 110 m haies – « j’assure ce qu’il faut » -, puis 48,22 m au disque – « mon record sur un décathlon » – avant de s’attaquer à la perche, l’une des épreuves charnières des dix travaux. « Le concours a vraiment été très long. Il a débuté à 15h et je n’ai commencé à sauter qu’à 18h30. »

Un nouveau record personnel plus tard (5,00 m), il se présentait au javelot, une discipline qu’il avait du mal à aborder depuis son entorse du coude la saison passée. « Comme à la longueur et au poids, j’ai eu du mal en début de concours. Je fais n’importe quoi au deuxième essai. Mais sur le troisième, je ne pouvais pas en rester-là. J’ai vidé ma tête et j’ai mis tout ce que j’avais dans le javelot. » 57,50 m plus loin, le plus gros du travail était fait.

Un 1 500 m avec le coeur

Il ne restait plus que le 1 500 m, une épreuve redoutée, mais qu’il a beaucoup travaillée cette saison sous les conseils de l’un de ses entraineurs Hakim Belhachemi (voir article sur sa préparation). « Il fallait juste que je cours avec mon cœur. J’ai eu des lièvres de luxe (ses coéquipiers de l’équipe de France) et tous les membres de l’équipe de France (équipes juniors et espoirs filles et garçons) m’ont encouragé. J’en avais des frissons. Et comme j’avais encore du jus et tellement d’envie, j’ai pu relancer à 500 m de la ligne. »

Un nouveau record personnel à la clé (4’41’’91), son cinquième en deux jours, qui lui permettait de rentrer un peu dans l’histoire du décathlon français avec 8 087 points (1er du match devant Axel Martin, un autre Français). « C’est une grosse étape qu’il fallait franchir. J’ai passé un cap psychologiquement avec ce décathlon, confesse-t-il. Même quand ç’a été chaud, j’ai su me mobiliser. Ce n’était seulement que le septième décathlon de ma carrière. C’est la première fois que j’arrive à être aussi régulier dans un déca. J’ai fait une grosse première journée et une deuxième solide. J’étais au top ! »

3e espoirs de tous les temps

Avec Jean-Paul Bourdon, son entraineur, ils avaient en effet ciblé le mois d’août comme pic de forme, que ce soit pour les Jeux olympiques ou pour ce match international. « On s’était dit en début de saison que même s’il n’y avait pas de JO, on voulait être prêt en août pour préparer les prochaines saisons car les grands championnats sont toujours tard. Et donc la forme était ascendante en août. Le jus est monté dès le lundi (1er août). J’avais de la fraîcheur physique et psychologique. »

Troisième meilleur performeur français de tous les temps chez les espoirs (17e performeur toutes catégories confondues), Basile Rolnin confirme qu’il faudra compter avec lui lors des prochaines saisons. « Pour l’an prochain, les minima pour les Championnats du Monde vont être à 8 100 points. Je me dis que j’ai fait un super décathlon mais qui peut être encore amélioré. L’année prochaine, on va accentuer le travail sur le développement de la force. J’ai de la marge. »

Engagé au Décastar de Talence (17-18 septembre), Basile Rolnin va pouvoir étrenner son nouveau statut de “vrai“ décathlonien dans une autre dimension, à laquelle il appartient désormais.

Tous les résultats du match.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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