Axel Chapelle

Axel Chapelle a battu son record personnel lors du Perche Elite Tour de Rouen.

 

Ce samedi soir dans le bouillant Kindarena de Rouen, Axel Chapelle a battu son record personnel au saut à la perche en franchissant 5,70 m. Une performance de niveau mondial qui le propulse dans une nouvelle sphère. Très attendu depuis son titre de champion du monde juniors 2014, ce dernier a eu des difficultés pour se soumettre au rythme de vie d’un sportif de haut niveau, enchaînant les blessures ces deux dernières années. Mais son début d’hiver probant, après un été déjà convaincant (5,65 m), lui ouvre les portes des grands. Et à la vue de son envie, il devrait vite les ouvrir. Interview.

– Axel, êtes-vous surpris de votre performance lors du Perche Elite Tour de Rouen ?

« J’ai beaucoup de régularité à l’entrainement. Même sur élan réduit, je passe 5,50 m tous les jours. Je fais 5,60 m aussi régulièrement donc ça ne m’étonne pas de faire 5,70 m. Après je suis actuellement en galère sur mes perches car je change de gamme. Parfois, il y a un saut qui part et un autre qui ne part pas. Je vais essayer de régler ça au plus vite.

« Je ne me mets jamais de barrières »

– Surtout qu’à la vue de vos tentatives à 5,78 m (minima européens), on peut penser que vous les avez dans les jambes.

5,78 m ce n’est pas loin. C’est un truc qui est faisable. Je ne me mets jamais de barrières. Je viens toujours pour sauter le plus haut possible. Quand je suis en face de la barre à 5,78 m, je suis sûr à 100 % de la franchir. Après, je ne l’ai pas fait mais je sais que ça va le faire bientôt. Je ne me fais pas de souci là-dessus.

– Lors de notre dernier entretien à la suite de votre record (5,65 m, le 10 juin à Pierre bénite, voir article), vous disiez être « encore sur un fil » par rapport à votre corps et les blessures. Depuis, vous avez pu enchaîner les compétitions, laissant vos problèmes physiques derrière vous.

Là, je n’ai plus peur de me blesser. Quand je suis en bout de piste, je sais que je vais aller au bout et que je serai au moins au-dessus de la barre. Après, je la passe ou pas. Alors qu’il y a un an, quand j’étais en bout de piste, j’avais peur de me faire mal. Je suis traumatisé des séances de kiné. J’en ai marre ! Il y a beaucoup de travail derrière moi pour régler ce problème. Mais c’est bien que ça soit réglé car je peux m’amuser maintenant.

« Etre athlète de haut niveau c’est dur »

– Qu’avez-vous entrepris pour contrer cette spirale de blessures dont huit déchirures aux ischio-jambiers depuis 2014 ?

J’ai fait beaucoup de renforcement. C’est ce que je ne faisais pas avant. Il y a des choses que je ne fais toujours pas comme les étirements. C’est ma phobie, mais j’essaie de m’améliorer. J’essaie aussi de toujours bien m’échauffer. Le but c’est de sortir de chaque séance sans être blessé.

– Est-ce une prise de conscience sur les sacrifices que demande une vie de sportif de haut niveau ?

Oui, c’est une prise de conscience. Je me suis rendu compte que c’était dur d’arriver au haut niveau. Je suis arrivé vite très haut sans faire les choses qui ne me plaisaient pas. Je me suis rendu compte que ces choses là, il faut que je les fasse tous les jours. Là, depuis septembre 2015, j’ai perdu huit kilos, je fais attention à tout. Etre athlète de haut niveau c’est très dur. Je ne sais pas encore si j’en suis un. D’arriver à 5,80 m, ça serait déjà une grande victoire par rapport à là d’où je viens.

« Il faut que je m’amuse »

– Vous avez d’ailleurs interrompu vos études pour vous investir à 100 % dans l’athlétisme.

J’ai essayé de faire les deux mais j’en suis incapable. J’ai essayé d’aller en cours et d’aller à l’entrainement. Là, je ne vais pas en cours, je mets tout sur l’athlé. J’ai la chance d’avoir des parents qui sont cool. Ils ne m’ont jamais vraiment emmerdé. Ca fait plus d’un an que j’ai arrêté les cours. Quand j’y allais, je n’y allais pas vraiment. J’ai passé mon bac à l’INSEP mais je suis allé en cours deux mois. Je n’arrive vraiment pas à faire les deux. J’ai envie de prendre mon temps avec l’athlétisme et après je reprendrai les cours quand j’en aurai envie.

– A la suite de votre performance, pensez-vous aux Championnats d’Europe en salle de Belgrade ?

Les Europe j’y pense sans vraiment y penser. Je prends les trucs les uns après les autres. Ca fait vingt minutes que j’ai fait 5,70 m et je suis déjà en train de penser à mon entrainement de mercredi. J’ai envie de sauter ! Là, j’aimerais que tout le monde quitte la salle, qu’on mette un fil et que je saute encore. Je me fais plaisir, je vais essayer de sauter le plus haut possible et on verra.

– Il y aura également les Championnats d’Europe espoirs cet été. La médaille d’or sera votre objectif ?

J’ai envie de me dire que je sais que je peux gagner. Même s’il y aura des mecs capables de sauter 5,70 m. Moi j’irai pour gagner. Après, j’irai aussi pour m’amuser. Le maitre mot cette année c’est qu’il faut que je m’amuse. »

Retrouvez notre article sur le Perche Elite Tour de Rouen.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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