Breaking 2

Lors de son week-end, David Binet a pu rencontrer la légende du sprint Carl Lewis (crédit photo « Melo » Yoann Guerini).

 

Samedi matin à Monza, l’entreprise Nike, par l’intermédiaire de ses champions, a tenté de casser la barrière des 2 h sur marathon. Finalement, Eliud Kipchoge a coupé la ligne en 2h00’25. Un temps d’extraterrestre pour une expérience qui aura tenu en haleine la planète running. Présent en Italie pour l’occasion, l’athlète David Binet, également coach au Nike Run Club à Paris, revient sur ce week-end « fou ».

« C’est l’une de mes meilleures sensations de course à pied. » C’est par ces mots que David Binet, coureur confirmé et coach au Nike Run Club, résume son week-end italien. Invité par la firme américaine avec une centaine d’autres « influenceurs » comme il est coutumier d’appeler les blogueurs ou les runners investis auprès des marques, le Français a passé un moment spécial. « C’a commencé dès le vendredi (5 mai) avec un relai devant la Cathédrale de Milan. On a dû essayer de faire deux heures sur un marathon en se relayant. »

Réveil à 3h dans un camp de yourtes

Le cadre du week-end était fixé. Ensuite, la tribu estampillée Nike a quitté Milan pour un camp de yourtes installé spécialement pour l’événement à 700 m du circuit de Monza, là où devait avoir lieu la tentative le samedi (6 mai). « Quand on s’est levés à 3h du matin, il n’y avait pas un bruit dans le camp, se souvient David Binet. C’était une ambiance mystérieuse. On n’était pas loin du circuit donc on y est allés en marchant. »

Ce n’est qu’une fois sur place que les invités découvrent le site, seulement éclairé par quelques projecteurs. « D’un seul coup, tu vois les lièvres et les coureurs s’échauffer. C’était bizarre car habituellement, lors des courses traditionnelles, il y a du monde partout. Là, le seul objectif était de faire moins de 2h. »

Le ballet des pacers

Installé à l’arrivée, le Français voit donc la course se lancer sur les écrans géants. « Très vite on a vu que Lelisa Desisa et Zersenay Tadese étaient moins en jambes qu’Eliud Kipchoge. » L’occasion également d’apprécier le travail des lièvres, réglés comme des danseurs de ballet. « Chaque pacer faisait deux tours (2,4 km le tour). A chaque fois, les trois nouveaux arrivants venaient se placer derrière les trois déjà en place. Cela avait été travaillé à l’entrainement. C’était joli à voir! »

Et entre les 17 passages du train fou, David Binet et les autres invités découvrent sur les écrans géants toute l’histoire du projet Breaking 2, histoire de passer le temps, alors que sur la piste, les secondes commencent à s’échapper du mauvais côté. « Jusqu’à six bornes de l’arrivée, on y a cru, explique Binet. On se disait qu’il pouvait nous faire un dernier tour de folie pour combler les quelques secondes qui lui manquaient. Mais quand il a attaqué le dernier tour avec vingt secondes de retard, on a compris que c’était fini. »

Un air de déception

Kipchoge franchissait finalement la ligne en 2h00’25, un temps venu d’une autre galaxie mais pas encore dans celle où voulait l’emmener Nike. « Sur le coup, il y a eu un air de déception sur le circuit. Mais ensuite, on s’est rendu compte de la performance. Cela ne s’était jamais fait. »

Jamais fait et un peu controversé à la vue des conditions idéales dans lesquelles s’est réalisé ce record du monde officieux du marathon. « Le concept est un peu bizarre, convient David Binet. Tu peux ne pas être pour. Mais rien que pour les avancées qui vont en découler de ce projet, ça valait le coup. »

Un coup de pub pour le running

Tout comme le fait de partager un footing avec les lièvres, de fouler la piste du circuit de Monza ou de partager des moments avec Carl Lewis ou Allyson Felix. Finalement seules les chaussures magiques de Kipchoge, qui ne seront probablement jamais commercialisées, du moins sous cette forme, n’ont pu être testées. « On a pu les toucher quand même. Quand on les plie dans les mains , on sent vraiment qu’il y a un ressort. »

Une chose est sûre, le ressort du marketing a fonctionné au maximum. « C’est un gros buzz. Mais il faut voir ça comme une expérience. Il y avait plein d’interrogations. Le but n’était pas de battre le record du monde mais de montrer que c’était possible de casser cette barrière. Là, on a vu que, même avec des conditions parfaites, ce n’était pas encore possible. Ca viendra peut-être mais pour l’instant, ça montre qu’il existe encore une barrière. Il faut se féliciter de tout cet argent investi dans le running. On parle partout du marathon grâce à ça. Il faut voir le truc comme une expérience et ne pas chercher à tout analyser. »

Une expérience qui a marqué la planète running.

Retrouvez notre article sur la tentative Breaking 2.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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