Claudia Saunders

Sous les couleurs de l’Entente Sarthe Athlétisme, Claudia Saunders a terminé septième du 800 m des derniers Championnats de France Elite.

 

La spécialiste du 800 m (2’00’’63 en 2015) est née et a toujours vécu aux Etats-Unis. Pourtant, elle a choisi depuis la saison dernière de courir pour la France. Un maillot qu’elle espère découvrir prochainement.  Rencontre.

Solide deuxième de sa série (2’05’’69) juste derrière Rénelle Lamote lors des Championnats de France Elite ce week-end à Angers (24-26 juin), Claudia Saunders n’a pas réédité sa performance en finale, terminant seulement septième (2’05’’18). Une petite déception pour une athlète en qui reposent beaucoup d’attentes depuis ses 2’00’’63 claqués la saison dernière aux Etats-Unis. Surtout pour une Américaine, qui a choisi de courir pour la France. De quoi laisser rêveurs les sélectionneurs. Mais pour la voir enfiler la tunique bleu-blanc-rouge, il faudra attendre au moins un an, puisque, malgré une dernière tentative ce mardi à Sollentuna en Suède (2’02’’14), elle n’a pas rempli les modalités de sélection (2’01’’00 pour les Championnats d’Europe). « L’année dernière j’étais assez proche des minima pour les Jeux olympiques. Le problème aux Etats-Unis c’est que en NCAA (compétitions universitaires) ce sont des courses souvent très tactiques. J’avais eu de la chance l’année dernière car les courses s’étaient courues vite. Cela n’a pas été le cas cette année. »

« J’adore la France »

D’ailleurs, ses 2’00’’63 avaient créé un petit chamboulement dans sa vie puisqu’étant proche des minima pour les Jeux olympiques (2’00’’00), la question du choix de la nationalité s’était posée. « Il y a deux ans, je ne pensais pas aux Jeux olympiques, que ce soit en tant que Française ou Américaine, avoue Claudia Saunders. Mais après mon chrono de l’année dernière, je me suis dit : “bon, il faudrait que je choisisse“. Et j’adore la France. C’est bizarre car je n’ai pas grandi ici. Mais plus je vieillis et plus je me sens Française. »

En effet, née à Oxnard (Californie), elle a toujours vécu aux Etats-Unis mais a toujours visité la France durant les étés. « J’ai la double nationalité franco-américaine. J’ai grandi aux Etats-Unis mais une grande partie de ma famille est française (du côté de sa mère). Certains viennent de Paris, d’autres de Clamart, j’ai même une tante en Bretagne. Et chaque année, nous revenons en France. »

Dans la même équipe universitaire que Justine Fedronic

Son lien avec l’athlétisme français s’est même renforcé durant ses années d’université où elle a côtoyé à Standford l’internationale Justine Fedronic, une athlète qui possède quasiment le même profil qu’elle (née en Allemagne et ayant réalisé ses études aux Etats-Unis, Fedronic a choisi la France pour courir au niveau international sur 800 m). « Avec Justine, on était coéquipières pendant deux saisons. J’ai beaucoup appris d’elle. »

Et alors que Fedronic participera aux Championnats d’Europe et aux Jeux olympiques, Claudia Saunders sera quant à elle déjà rentrée aux Etats-Unis. « Au début, quand je pensais aux Jeux olympiques, c’était super excitant. C’est arrivé tout de suite, comme ça. Ce n’était même pas sur mon radar. Et d’un coup, on m’a dit que je pourrais aller aux JO. Ca m’a intimidée. »

Une pression qu’elle avoue avoir eu du mal à gérer cette saison. « Je cours mieux quand je ne pense pas à des temps. J’essaie juste d’être engagée, enthousiasmée. C’est là où je fais des chronos. »

Passage à l’athlétisme professionnel

A seulement 22 ans, elle a cependant le temps devant elle. Surtout qu’elle va pouvoir passer professionnelle après quatre années d’études supérieures. « En tant qu’athlète NCAA, tu n’as pas le droit d’avoir d’agent, de négocier pour les meetings. L’idée c’est que la NCAA s’occupe de toi, de ton école, de tes besoins. Là, j’ai fini. Je suis en transition entre athlète universitaire et athlète professionnelle. J’ai donc commencé à travailler avec un manager irlandais. »

Fin d’études, dit également nouvelle vie. Et pourquoi pas en France, puisqu’elle a signé depuis le début de la saison avec l’Entente Sarthe athlétisme, le club de Laurent Boquillet, qu’elle avait rencontré lors du meeting de Paris en 2015. « Le but est de courir au niveau international pour la France dans les années à venir. Mais je ne pense pas venir habiter tout de suite en France (elle habitera à Seattle la saison prochaine). Ca serait un trop grand changement de faire la transition athlète universitaire – athlète professionnelle et en plus de changer de pays. On fait une activité très physique donc c’est bien d’être à un endroit où on est à l’aise. »

Dans tous les cas, sa culture américaine devrait lui permettre de rapidement porter le maillot de l’équipe de France. « On a tendance à dire qu’avec la mentalité américaine, on peut tout faire. Je sais que je ne vais pas faire 1’50 au 800 m. Mais si on ne se fixe pas d’objectifs, si on n’y croit pas, on ne risque pas d’y arriver. Il faut être réaliste, mais il y a de la valeur dans ce type de pensée. »

Une mentalité américaine qui devrait faire des ravages prochainement en France.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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