Antony Yaïch

Antony Yaïch a décidé d’arrêter sa carrière d’entraineur.

 

Antony Yaïch, l’entraineur notamment des internationaux Yoann Rapinier, Mickaël Hanany et du prodige Heather Arneton, a décidé de quitter le milieu de l’athlétisme à la fin de la saison. Après une vie à entrainer, cet ancien professeur d’économie qui avait décidé, il y a sept ans, de tout sacrifier pour l’athlétisme et devenir coach professionnel, veut passer à autre chose. Une décision difficile à prendre surtout à l’heure où, avec notamment Heather Arneton, il tenait peut-être l’athlète d’une vie puisque la jeune sauteuse est tout simplement la recordwoman du monde minimes du saut en longueur en salle. Mais comme il le dit : « Ce sont des cycles de vie qui donnent envie de faire autre chose ». Interview.

– Antony, pourquoi avez-vous décidé de quitter le milieu de l’athlétisme et votre rôle d’entraineur ?

« Ça fait un moment que je me pose la question de continuer ou pas. Les conditions optimums n’étaient pas réunies pour que le projet de la « Mentor Academy » (structure privée d’entrainement) soit une totale réussite. Mais peut être que je suis trop exigeant.

« Heather franchira la barre des 7 m »

– On a du mal à comprendre votre décision alors que vous étiez en train de développer votre projet « Mentor Academy » et que vous aviez un groupe d’athlètes réputés dont la prodige Heather Arneton, dont vous annonçez qu’elle sera un phénomène.

Je tiens à préciser que la Mentor Academy c’est un groupe de plusieurs athlètes (dont Mickaël Hanany, Yoann Rapinier, Mouhamadou Fall) à fort potentiel et non pas une seule athlète. Il est vrai que Heather est une athlète hors norme avec qui j’ai une très grande connexion. C’est un réel plaisir de travailler avec elle. Ses bases techniques sont bien en place, elle franchira la barre des 7m dans un futur proche. Je ne me fais aucun souci sur son avenir et sa future réussite.

– Est-ce l’aspect financier qui a joué ?

La réalité c’est que l’aspect financier n’est qu’un paramètre. Certes important mais qui n’a jamais pris le dessus sur l’envie et la passion. Et concernant le projet de la Mentor Academy, il avançait à son propre rythme.

« C’est une décision mûrement réfléchie »

– Vous n’avez pas l’impression de partir sur un coup de tête ?

C’est une décision mûrement réfléchie. Elle n’a pas été prise sur un coup de tête mais sur une accumulation de plusieurs facteurs dans le temps. Déjà en quittant mon poste de professeur il y a sept ans pour l’athlétisme, j’avais une ambition en rapport avec mon niveau d’exigence, qui est peut-être d’ailleurs excessif. Mais j’ai constaté que l’environnement général n’était pas propice pour atteindre cet objectif. Ce sont des cycles de vie qui donnent envie de faire autre chose.

– Comment ont réagi les athlètes ?

Ce n’était pas la joie. Je les ai prévenus il y a quelques temps dans le souci qu’ils puissent déjà prospecter à trouver un nouveau groupe d’entrainement. Mais je finis la saison avec eux jusqu’aux championnats du monde, je l’espère. Je crois que l’on a fait du bon boulot ensemble, qu’ils ont tous progressé et ils représentent des bonnes recrues pour leur futur groupe d’entrainement.

« Revenir pour travailler pour une fédération étrangère »

– Quel bilan faites-vous de ces années au bord des stades ?

Je retiendrai de belles rencontre humaines avant tout. Je ne veux garder que le coté positif de ce que l’athlé m’a apporté. Tous ces moments m’ont profondément enrichi humainement.

– Avez-vous des regrets, comme celui de ne pas avoir remporté un titre mondial avec l’un de vos athlètes comme vous nous le disiez lors de notre précédent entretien ?

Quand on est perfectionniste on a toujours des regrets. Même quand un athlète battait un record je voyais toujours ce qu’il manquait pour aller plus loin. Donc des regrets, oui j’en ai, c’est certain. Mais, après tout, je n’ai que 38 ans. L’histoire pourra peut-être recommencer un jour. Mais je ne sais pas quand. Les connaissances, l’expérience et les acquis je les ai. Ils ressortiront peut-être de leur boite à un moment opportun, mais dans l’état actuel ce n’est pas possible. Ma vision et les moyens que l’on me donne ne me permettent pas de faire ce que je veux. Et d’ailleurs, la seule chose demain ou après-demain qui pourrait me faire revenir dans le milieu est, soit de travailler dans une structure qui me donne les moyens, soit de travailler pour une fédération étrangère.

– Donc pour vous, pour le moment, l’athlétisme c’est fini ?

Je veux m’aérer la tête, réfléchir, prendre du temps pour moi. Je vivais H24 pour l’athlé et, à cet instant, je n’ai aucun projet concret. Peut être que je repartirai dans l’enseignement, ou vivre une nouvelle expérience dans un domaine qui m’est totalement inconnu. »

Heather Arneton aux FOJE
Entraineur jusqu’à la fin de la saison, Antony Yaïch prépare ses athlètes pour leurs différentes échéances. Yoann Rapinier, pourtant en grande forme, tentera lors des France Elite de se rapprocher des minima au triple saut. « Yoann a gagné en vitesse. Il court vite, mais a du mal à contrôler son cloche. Mais tout est possible aux Elite. » Concernant Heather Arneton, seulement minimes mais auteure cette saison d’un bond à 6,45 m, elle devrait participer aux Festival Olympique de la jeunesse chez les cadets. Sachant que sa performance lui permettrait d’être qualifiée pour tous les championnats internationaux jeunes, jusqu’aux espoirs.

 

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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