Antoine Senard

Antoine Senard, à 17 ans, s’est qualifié pour les Championnats d’Europe de cross juniors.

 

Né en l’an 2 000, Antoine Senard a réussi à se hisser dimanche dernier dans la sélection pour les Championnats d’Europe de cross juniors face notamment à des athlètes ayant deux ans de plus que lui. Une belle performance dont le Franco-belge se savait capable à la suite d’un stage fédéral bien mené. Et alors qu’il n’a finalement pas été sélectionné cet été pour les Mondiaux cadets bien qu’il ait réussi les minima, le Liégeois a pris sa revanche pour découvrir à 17 ans, l’équipe de France.

Les échos remontant de Hyères et du stage fédéral de cross de la Toussaint se sont donc vérifiés. Très à son aise en compagnie des meilleurs juniors et espoirs français, Antoine Senard savait qu’il aurait sa chance lors du cross de sélection pour les Championnats d’Europe de cross (Samorin, 10 décembre). « C’était mon premier cross de sélection, explique celui qui vit à côté de Liège en Belgique. Je venais d’être convoqué en stage avec l’équipe de France de cross. Et je voyais que j’étais bien, que je faisais de bonnes séances et que j’étais au moins au niveau des juniors. Ca m’a mis en confiance et je suis parti à Gujan-Mestras dans l’idée que j’avais quelque chose à jouer au cross de sélection. »

Prise de risques

Pour jouer, il l’a fait pleinement, prenant le risque d’accrocher la foulée très rapide de Yani Khelaf, taulier des équipes de France jeunes et champion de France juniors de cross en titre. « Yani est parti hyper vite. Je me suis mis dans sa foulée et je me suis dit : « tente le tout pour le tout ». Quand Louis (Gilavert) est revenu sur moi j’ai essayé de l’accrocher. Et ensuite, j’avais la qualification en tête et je n’ai pas voulu la lâcher. »

Solide troisième devant des coureurs plus confirmés que lui comme Ilyes Boum ou Pierre Proust, Antoine Senard s’offrait un ticket direct vers la Slovaquie (les 3 premiers étaient sélectionnés et les 3 autres devaient attendre le choix de la DTN). « Evidemment j’étais un peu euphorique et très content après la course par rapport au résultat. Maintenant, il faut garder la tête froide et se rendre compte que ce n’était pas le plus dur. Maintenant il y a les Europe et on continue à bien travailler pour être en forme là-bas. »

Oublié pour les Mondiaux cadets

De retour à l’entrainement – « les jambes tournent très bien » – Antoine Senard peut commencer à rêver en bleu, lui qui pensait déjà pouvoir porter la tunique tricolore cet été à l’occasion des Championnats du monde cadets (Nairobi au Kenya). Auteur des minima sur 1 500 m (3’51’’77 contre 3’53’’00) lors du meeting d’Amiens (voir notre reportage), il n’avait finalement pas été sélectionné, la faute à un championnat de France manqué (4e du 1 500 m).

Un choix fédéral très surprenant surtout que le jeune Français n’était pas en pleine possession de ses moyens à Dreux à cause d’un vaccin (contre la fièvre jaune), justement réalisé en prévision du voyage au Kenya… « Cet été, j’ai fait une contre-performance aux Championnats de France sur 1 500 m. Mais j’avais mal réagi au vaccin qu’on m’avait conseillé de faire pour partir au Kenya. Et malheureusement c’est tombé sur le week-end des Championnats. J’y suis quand même allé mais j’ai fini quatrième. Quand ils ont sorti la liste, je n’étais pas dessus. La semaine après l’annonce a été compliquée. Mais je suis parti en stage avec des amis et ça m’a remis sur ma lancée. J’avais l’impression d’avoir quelque chose à prouver donc j’ai décidé de prolonger mon été en refaisant deux courses (un mile en 4’19’’62 et un 1 500 m en 3’54). J’ai remis entre guillemets les choses à leur place. »

Le choix de la France

Mais cette fois, il sera bien au départ d’un grand championnat avec le maillot bleu de la France et non celui noir, rouge et jaune de la Belgique. Français par son père et belge par sa mère, Antoine Senard a choisi depuis deux ans de courir pour la France. D’ailleurs, le fait de venir à Gujan-Mestras scellait son choix puisque le cross de sélection belge se tenait le même jour. « J’ai la double nationalité. J’habite, je m’entraine (avec Sébastien Gérardy et Francis Bertrand) et j’étudie (terminale) à Liège. Mais il y a deux ans on a décidé de venir courir en France. L’ambiance et l’accueil m’ont incité à choisir cette nationalité. »

Un choix qui pourrait lui rapporter une première médaille internationale dès ce dimanche avec l’équipe juniors. L’armada bleue, déjà double championne d’Europe en titre, sera au départ pour conserver son titre, bien emmenée par ses leaders Yani Khelaf et Louis Gilavert. A savoir maintenant qui sera le troisième à pouvoir jouer devant pour l’équipe (les 3 premiers comptent dans le classement par équipes). « C’est une fierté de porter ces couleurs et d’intégrer cette équipe qui devra être soudée pour aller chercher la boite. On va tout faire pour aller chercher un troisième titre. »

Sans pression

De son côté, il est difficile d’évaluer son niveau à l’échelle européenne. « Evidemment c’est compliqué de se dire que je vais faire une grosse performance en individuel cette année. Mais avec l’absence de Alexis Phelut, j’ai envie de faire quelque chose de bien pour l’équipe. »

Pour cela, l’athlète du Villeneuve d’Ascq Frétin Athlétisme semble avoir trouvé la formule. « A Gujan, je ne me suis pas mis la pression. Je me suis dit de faire ma course, de me faire plaisir. Je pense que c’est la clé, ça m’a servi dans cette course là et que j’essaierai d’appliquer cela dans le futur. »

Une approche qu’il va pouvoir tester dès le week-end prochain, dans un championnat où il sera l’un des plus jeunes.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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