Antoine De Wilde, le Vrai Runner Professionnel

Antoine De Wilde était au départ du cross Ouest-France, « un événement incontournable », selon lui.

 

Très proche de la communauté running, Antoine De Wilde possède toutes les caractéristiques de l’athlète moderne : de bons résultats sportifs mêlés à un contact particulier avec les marques et ses fans.

Quand on se rend sur la page Facebook d’Antoine De Wilde le constat est simple : cet athlète est autant, voire mieux, suivi (plus de 10 000 fans) et accompagné (plusieurs partenaires comme Mizuno ou la ville de Nevers) que la plupart des athlètes de haut niveau. Pourtant, comme il le dit lui-même : « je suis un athlète de bon niveau mais pas de très haut niveau ».

En effet, jamais sélectionné en équipe de France A, le Neversois peut se targuer d’être dans le groupe de tête des athlètes de la sphère running. Rien d’un hasard à la vue de l’énergie qu’il y déploie. « J’ai toujours eu la chance d’avoir des partenaires fidèles, résume le longiligne (1m92) coureur. On fait un bon travail en commun. J’aime savoir sur quoi travaille mon équipementier, rencontrer les personnes qui développent les produits. J’estime que le partenaire n’est pas bon qu’à envoyer des colis. Il faut que certains athlètes arrivent à casser l’image qu’ils ont des partenariats où seuls les colis remplis d’affaires comptent. Il y a un travail de fond à faire. »

«Le partenaire n’est pas bon qu’à envoyer des colis »

Une relation au quotidien qu’il apprécie, que ce soit avec les sponsors ou la communauté running, avec laquelle il partage énormément. « Je ne suis pas forcément passionné de course à pied, de la discipline en elle-même. Par contre, j’adore la communauté running et tout ce qui l’entoure comme les rencontres avec les joggeurs, les grandes classiques, les voyages. On me pose beaucoup de questions sur les chaussures, les produits de récupération. Le joggeur peut s’inspirer des athlètes qui ont un certain niveau. Mais moi j’aime bien savoir et fouiner dans les comptes rendus et les expériences des pratiquants. »

Un partage qui passe beaucoup par les réseaux sociaux, un univers qu’il maitrise particulièrement. « Si j’ai quelques photos, je vais effectivement essayer de choisir la mieux. Mais je veux publier une photo qui fait passer un message, qui correspond à l’environnement dans lequel je suis, sur mes sensations. J’aime faire cela pour faire partager aux personnes qui me suivent mes expériences et non pas pour partager une information égocentrique. C’est toujours fait dans une quête de partage. »

Une proximité avec le public qui lui permet de se démarquer d’athlètes plus cotés que lui. « L’important c’est de partager et d’être accessible. Les champions sont peut-être plus isolés, ils évoluent dans une autre sphère. Le runner a peut-être du mal à s’identifier à ces personnes-là. Cette harmonie qu’il y a avec la communauté running, c’est ce qui me fait toujours être présent aujourd’hui. S’il n’y avait pas cette masse de 99 % de joggeurs, je pense que j’aurais peut-être arrêté. »

Champion de France juniors de cross devant Mekhissi

Un arrêt de carrière qui aurait été un gâchis tant le garçon a du talent. Champion de France juniors de cross en 2004 (à Saint-Quentin-en-Yvelines) devant un certain Mahiedine Mekhissi, Antoine De Wilde a porté à trois reprises chez les jeunes la tenue tricolore dans les labours. Un don qu’il n’a pas réussi à traduire complètement sur la piste (8’47’’51 au steeple en 2008). « Je suis un athlète issu de l’école du cross-country. C’est une discipline que j’adore. J’avais de bonnes dispositions pour le 3 000 m steeple de par ma taille, et mes qualités de relance et de pieds liées à ma pratique du cross. Mais j’ai rapidement eu des soucis aux tendons d’Achille. J’ai dû écourter mes saisons de piste. »

Avec un virage assez rapide vers la route, il a pu pleinement plonger dans le monde du running qu’il apprécie tant. Une immersion qu’il avait déjà entamée dès son sacre en juniors. « Ma victoire aux France de cross juniors a changé ma vie. Si ce jour-là je fais deux, j’ai une vie totalement différente. Ce titre m’a ouvert des portes. J’ai eu la chance d’avoir un équipementier tout de suite derrière, d’être invité sur des manifestations, de découvrir l’univers du running qui m’était complètement inconnu. »

Objectifs : marathon du Médoc et équipe de France

Cependant, en cette saison 2016, l’appel de la piste s’est fait de nouveau ressentir et avec lui, celui de l’équipe de France. « J’espère bien reprogresser sur 5 000 et 10 000 m cette saison. Et j’aimerais rentrer en équipe de France A à moyen terme. Je me prépare pour depuis quelque mois. J’espère passer un cap. Pourquoi pas la Coupe d’Europe de 10 000 m, une sélection sur semi-marathon ou en cross, avec des distances entre 30’ et une heure d’effort qui correspondent mieux à mes qualités physiques. »

Sans oublier le marathon du Médoc, duquel il est « tombé amoureux » et qui représente sa vision du running, lui qui se définit comme « un athlète épicurien ». « J’ai fait 4e en 2012 et 2e en 2015. Forcément j’espère passer ce cap pour succéder à Thierry Guibault. »

Des courses à l’organisation exceptionnelle – tout comme le cross Ouest-France, auquel il a participé cette année – dont il s’inspire pour son rôle de manager des événements sportifs à la ville de Nevers. « J’ai créé en 2013, La Bottine, une marche-course contre le cancer du sein et La Moustache en 2015, un rando-trail qui sensibilise l’opinion publique sur les maladies masculines. »

« La communauté running casse les codes de la société »

Un engagement qui repose encore une fois sur les dynamiques du running. « Cette communauté casse les codes de la société. On peut-être amené à discuter avec des cadres, des chômeurs, des personnes de toutes les nationalités. C’est la seule discipline où on peut trouver ça. J’ai envie de pérenniser cette harmonie de cultures qui existe dans le running et qui n’est pas forcément la même dans le monde en générale. »

Une vraie bouffée d’oxygène qu’il respire chaque dimanche lors des rassemblements de runners dans sa ville de Nevers qu’il a lui-même mis en place. « Quand on aime le running et qu’on se donne dans cette discipline, elle vous le rend bien. C’est une vraie récompense de voir des gens contents de pratiquer la course à pied. »

Un plaisir au quotidien qui fait de lui un ambassadeur de choix.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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