AnouarAssila_OuestFrance

Anouar Assila avait participé au cross Ouest-France, le 17 janvier dernier.

 

Suspecté d’avoir refusé un contrôle antidopage inopiné à son domicile du Mans le mardi 16 février à 6h45, le demi-fondeur Anouar Assila (Entente Sarthe Athlétisme) est dans le flou total concernant sa situation. Un temps pré-sélectionné par la Fédération française pour les Championnats du monde de semi-marathon (le 26 mars à Cardiff), suite à son temps de 1h04’33 réalisé au semi-marathon de Paris (minima 1h04’30 mais une équipe devrait être envoyée), il s’est vu depuis le mercredi 9 mars, et l’annonce de cette affaire sur le site Spé15.fr, notifié par Jean-François Pontier, le manager du hors-stade à la FFA, qu’il n’était pas sélectionnable dans l’état. Mais il attend toujours la convocation de la FFA pour s’expliquer sur son cas. Nous avons pu le joindre pour qu’il nous raconte sa version des faits.

– Track and Life : Anouar Assila, pouvez-vous nous expliquer dans quelle situation vous vous trouvez aujourd’hui (lundi 14 mars) ?

« Je suis dans l’attente. Je me pose pas mal de questions par rapport à toute cette histoire. Je n’ai à ce jour rien reçu de la Fédération française d’athlétisme. J’ai essayé d’appeler un peu partout mais personne ne veut me donner de réponse. Mais tous les échos que j’ai eu de la part de personnes que je connais sont qu’il n’y a rien contre moi.

– Pouvez-vous revenir avec nous sur l’annonce de cette procédure sur Internet ?

Après ma course de dimanche (12e au semi-marathon de Paris en 1h04’33 le 6 mars), j’étais content de moi. Et le mardi (8 mars), Jean-François Pontier (manager du hors-stade à la FFA) m’a appelé pour me demander si j’étais intéressé pour faire partie de la sélection française pour les Championnats du monde de semi-marathon. C’était une grande joie car j’attends de courir pour la France depuis que j’ai obtenu la nationalité française. Mais le mercredi, ma femme m’a appelé pour me dire qu’on parlait de moi sur Internet. Au début, je croyais que c’était pour la sélection. Mais quand j’ai vu l’article, j’ai été surpris. Je suis parti faire ma séance car j’avais besoin de me vider la tête.

« Je n’étais pas chez moi »

– L’article en question revient sur un contrôle antidopage inopiné que vous auriez refusé le mardi 16 février à 6h45. Est-ce le cas ?

Je n’étais pas chez moi. C’est ça qui me fait le plus mal. Que le contrôleur de l’AFLD (agence française de lutte contre le dopage) dise que j’ai refusé alors que ce n’est pas vrai. Je suis parti le lundi 15 février en fin de journée en voiture pour rejoindre l’Espagne. Le lundi soir, j’ai dormi dans le Sud de la France. J’ai plusieurs témoins qui peuvent valider ma présence. Et ensuite, je suis allé rejoindre mon frère dans le Sud de l’Espagne. Je suis rentré chez moi dix jours plus tard.

– Mais que s’est-il passé dans votre pavillon du Mans, ce mardi matin ?

Ma femme m’a raconté qu’on avait sonné à 6h45 et qu’elle avait ouvert à un homme se présentant comme un contrôleur antidopage. Elle lui a dit que je n’étais pas là. Il a insisté avant de repartir. Le voisinage étant petit, mes voisins m’ont raconté qu’ils avaient vu cette personne rester toute la journée près de chez moi pour m’attendre. Ma femme a regretté après-coup de ne pas l’avoir laissé entrer chez nous pour qu’il voit que je n’y étais pas. »

« J’ai déjà été abordé au marché pour un contrôle antidopage »

– Faites-vous partie du dispositif ADAMS de localisation des sportifs de haut niveau ?

Non, je ne fais pas partie d’ADAMS. Je vais où je veux, sans devoir le déclarer. Je ne suis pas obligé de rester chez moi. Mais si j’avais été là, j’aurais répondu favorablement à ce contrôle, comme je l’ai toujours fait.

– En tant que sportif affilié à une fédération vous devez néanmoins répondre favorablement à toute demande de contrôle antidopage.

Je fais toujours attention au quotidien. Je ne prends jamais de médicaments et je ne laisse jamais trainer une bouteille d’eau. Car je sais que je suis souvent contrôlé. Depuis le mois de septembre, j’ai été contrôlé plusieurs fois, dont au moins cinq fois sur mes lieux d’entrainement au Mans. Par exemple, je faisais une séance au stade et un homme est venu me regarder. Une fois ma séance terminée, il m’a demandé comment j’allais, si l’entrainement s’était bien passé avant de me demander d’effectuer un contrôle anti-dopage. Je n’ai jamais refusé. Ca ne me dérange pas. Ce sont les règles. Il y a même une fois où j’ai été abordé en pleine rue alors que j’étais au marché. Un contrôleur m’a demandé de le suivre et nous sommes allés faire le contrôle au local du service des sports de la ville.

« Après les France de semi, je dis bye-bye »

– Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

C’est dur mais je veux rester calme et zen, comme je le suis d’habitude. Ca fait plusieurs années que je veux porter le maillot de l’équipe de France. Je veux rendre la monnaie à un pays qui m’a donné une pièce. J’ai porté le maillot de l’équipe nationale du Maroc et donc j’aimerais finir ma carrière en portant celui de la France. Mais pour cette fois, je n’attends plus la sélection pour les Monde de semi-marathon. En plus de cette histoire, je me suis fait une petite déchirure à l’ischio-jambier qui me contraint à m’arrêter une dizaine de jours. Mais je vais me défendre. J’ai contacté un avocat et je vais tout faire pour prouver que je suis innocent. J’ai hâte d’être convoqué par la Fédération française pour pouvoir m’expliquer.

– Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

Depuis 2014, je sais que cette saison (2015-2016) sera la dernière de ma carrière. Je m’étais dit que je voulais arrêter après les Championnats d’Europe où j’ai une chance de me qualifier sur le semi-marathon. Après, je pousserai jusqu’aux Championnats de France de semi-marathon en septembre et ensuite, bye-bye ! »

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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