Alexandra Tavernier

En ce début de saison estivale, la médaillée de bronze des derniers Championnats du monde du lancer de marteau n’a pas fait mieux que 68,76 m

 

La médaillée de bronze des derniers Championnats du monde connaît un début de saison compliqué. Toujours à la recherche des minima olympiques au lancer du marteau (72,00 m), elle espère vite les réaliser afin de pouvoir enfin se lâcher.

En revenant à Forbach, Alexandra Tavernier espérait peut-être profiter des ondes positives du meeting lorrain pour, au moins, rééditer sa performance de la saison passée au même endroit (72,37 m). Une distance qui lui aurait permis de valider son billet pour Rio (minima 72,00 m). Mais avec cinq essais mordus et un seul jet mesuré à 68,76 m, le compostage du ticket attendra encore un peu. « La dernière fois que j’ai mordu autant d’essais, c’était aux Championnats d’Europe espoirs à Tampere en 2013 (elle avait mordu ses 3 essais de qualification). C’est dommage car j’avais du jus par rapport à mes précédentes sorties de Pékin (66,35 m) et aux Interclubs (68,14 m). Mais on va dire que je ne m’en suis pas trop mal sortie, car je sors quand même une performance qui permet de rentrer dans un grand championnat. C’est plutôt positif dans ce sens là. »

Le stress des minima

Garder le positif et surtout ne pas penser aux centimètres la séparant encore du Brésil. Mais comme elle l’avoue, la chasse aux minima n’est pas son truc. « Les minima ça reste un stress car il faut les faire quoi qu’il arrive. C’est simple, si on ne les fait pas, on ne part pas. Et chez moi, ç’a toujours été comme ça. Pourtant, cette année, ça devrait être la saison la plus facile pour moi car j’ai plus deux mètres d’avance sur les minima. »

En 2015, Alexandra Tavernier a lancé onze fois à plus de 72,00 m, dont une pointe à 74,79 m (record personnel), de quoi aborder la saison olympique sereinement. Même pas. « Je psychote sur la performance à réaliser. C’est un cercle vicieux. Tant que je ne la fais pas, je tourne en rond. Mais une fois que je l’aurais faite, les autres performances vont suivre. Il faut que je le fasse, c’est tout ! »

Changement de vie

Il faut dire que depuis le début de la saison, la championne d’Europe espoirs 2015 a changé beaucoup de choses, voire tout. Coachée précédemment à l’INSEP par Walter Ciofani, elle a migré à Lannion en Bretagne pour rejoindre Gilles Dupray, recordman de France du lancer du marteau et manager des lancers à la Fédération française d’athlétisme. « J’ai changé d’entraineur, j’ai changé de lieu d’entrainement, j’ai changé de vie, lâche Tavernier. Et depuis janvier, je me consacre complètement à l’athlétisme. Ca fait énormément de changements l’année des Jeux. Il faut le digérer. »

Fini donc l’INSEP et ses installations pour un retour vers un athlétisme plus rural. « C’est vraiment autre chose, une autre vie. Par exemple, pour une séance médicale je dois faire des kilomètres. J’étais un peu livrée à moi-même au début. Ce sont des choses qu’il faut digérer. Mais Gilles ne pouvait pas venir sur Paris donc c’est moi qui suis venue à lui. Je m’entendais bien avec lui donc pourquoi ne pas essayer ? »

Tout ou rien

Un risque qu’Alexandra Tavernier a décidé de prendre malgré la perspective olympique. « La peur n’y est pas car c’est mon choix. J’aurais pu rester à l’INSEP mais j’ai décidé de partir. Je l’assume complètement. Je n’aurai pas de regrets en tout cas. De toute façon, cette saison peut être super “méga“ bien comme l’année dernière ou alors, complètement plantée comme 2013. Il n’y a pas de juste milieu avec moi. C’est tout ou rien. »

Pour elle et l’athlétisme français, on espère que ce sera « tout ». Surtout que la forme semble pointer le bout de son nez. « A Forbach, le jus était là mais pas la technique. Et des fois c’est l’inverse, donc c’est frustrant. Mais ça ira mieux prochainement car le jus va continuer de monter. J’attends juste Montreuil (7 juin) avec impatience. J’ai très envie de lancer. J’attends juste que ça tombe pour que je puisse me lâcher complètement. »

L’attente prendra peut-être fin dès ce mardi à Montreuil.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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