Alessia Zarbo

Alessia Zarbo a remporté cet hiver les Championnats de France de cross chez les cadettes.

 

Championne de France de cross cet hiver pour sa première année chez les cadettes, l’athlète Alessia Zarbo a déjà frappé fort cet été en signant un 9’30’’41 sur 3 000 m, soit quinze secondes plus vite que les minima demandés par la FFA pour les Mondiaux cadets. A quinze ans, celle qui pratique aussi le triathlon semble marcher sur les pas d’une certaine Cassandre Beaugrand, dont le père est son entraineur.

Cet hiver, quand son gabarit de poche a débarqué dans la dernière ligne droite du parcours de Saint-Galmier, peu de monde connaissait Alessia Zarbo, future championne de France cadettes de cross (voir article). A peine touchée par l’effort, la cadette première année semblait avoir géré sa course de A à Z, se permettant de repousser des adversaires plus âgées et plus expérimentées qu’elle. A l’arrivée, la jeune Antiboise se présentait comme une triathlète de quoi accentuer la domination de ce sport chez les jeunes sur le cross.

Entrainée par Ludovic Beaugrand

Une triathlète néanmoins nuancée puisque même si c’est par ce sport qu’elle est venue à l’athlétisme, Alessia Zarbo préfère avant tout la course à pied. « Au départ je faisais de la natation mais j’en ai eu trop marre, je détestais, explique-t-elle. Mais j’aimais bien courir aussi. Et j’avais vu qu’il y avait des épreuves de triathlon. Donc je me suis inscrite en club à Antibes. »

Les premiers résultats ne se font pas attendre mais c’est en course à pied qu’elle souhaite vraiment s’exprimer. Et après avoir signé un 2’56’’48 prometteur au 1 000 m en minimes, elle décide de rejoindre Ludovic Beaugrand à la rentrée pour avoir un entrainement spécifique en athlétisme. « Jusqu’à l’année dernière, je me suis toujours entrainée avec mon club de triathlon. Car avant, dans mon organisation, la pratique en compétition du triathlon et de la course à pied était à égalité même si j’avais déjà de meilleurs résultats en course à pied. Cette année je voulais mettre l’accent sur la course à pied donc j’ai voulu avoir un entraineur spécifique. »

Les mêmes objectifs que Cassandre Beaugrand

Basé à Antibes, Ludovic Beaugrand semblait donc tenir le profil idéal d’un entraineur de demi-fond très au fait du triathlon. Celui-ci n’est autre que le père et a été l’entraineur d’une certaine Cassandre Beaugrand, qualifiée pour les Jeux olympiques de Rio sur triathlon mais également athlète au palmarès déjà conséquent (championne de France de cross tous les ans depuis son arrivée en cadette 1 en 2013). Autant dire qu’Alessia Zarbo a de qui s’inspirer. « C’est marrant car j’ai les mêmes objectifs que Cassandre quand elle était cadette. Du coup, forcément, on fait les mêmes séances. Et même si Ludovic ne veut pas me le dire, j’essaie de savoir les chronos que faisaient Cassandre pour me comparer un peu à elle. »

Avec ses 9’30’’41 signés le 12 mai dernier à Marseille, Zarbo peut déjà tenir la comparaison avec son illustre aînée. Car, même si Beaugrand n’avait pas couru de 3 000 m lors de sa première année chez les cadettes, elle avait terminé la saison avec un 4’27’’86 sur 1 500 m. Un chrono qui pourrait être à la portée de Zarbo, déjà auteure de 4’34’’67 cette saison pour son premier essai sur la distance.

Une préférence pour la course à pied

Mais, même si Cassandre Beaugrand a toujours clamé son amour pour la course à pied et notamment le 1 500 m (record de France cadettes avec 4’17’’04), c’est bien en triathlon qu’elle a décidé d’investir tout son potentiel, au contraire de Zarbo qui penche plus vers la course à pied. « A terme, c’est sûr que je veux faire de l’athlé. le triathlon j’aime bien ça, j’en fais selon mes envies. C’est par ça que j’ai commencé et je ne me verrai pas arrêter. Même pour l’équilibre du corps je trouve que c’est important. Mais c’est difficile de faire du triathlon à fond, surtout qu’il faut beaucoup d’entrainement en natation. »

Cela ne l’empêche pas de tenir un rythme hebdomadaire d’entrainement très axé sur le triple effort avec en moyenne trois entrainements de natation, deux sorties à vélo et cinq de course à pied. Un volume intéressant pour une athlète de quinze ans, qui lui a permis de remporter les France de cross et de rentrer un peu dans le grand monde de l’athlétisme. « Les France de cross m’ont ouvert plein de portes car j’ai notamment été sélectionnée pour le stage au Portugal avec l’équipe de France au mois d’avril. C’est là que j’ai vraiment découvert le monde de l’athlétisme. Des stages comme ça, dans des cadres pareils, je n’en avais jamais fait. Ca m’a permis notamment de faire cette performance sur le 3 000 m. »

Un peu de 1 500 m

Et c’est loin d’être fini puisque dès demain (samedi 27 mai) elle sera alignée au meeting d’Oordegem en Belgique sur 1 500 m, pour son deuxième essai sur la distance. « Je pensais que je n’allais pas du tout aimer le 1 500 m, que ça allait être trop rapide. Et en fait j’ai bien aimé et j’ai demandé à mon entraineur d’en faire un. Surtout que je sais qu’aux France je ferai le 3 000 m. »

Un 3 000 m sur lequel elle a déjà fait les minima pour les Championnats du monde cadets (9’45) et où elle pense avoir encore un peu de marge. « J’étais bien, ça tournait tout seul. J’ai réussi à finir fort. Je me dis même qu’il m’en restait un peu. Il faudra le tester pour le savoir. »

« Je n’aime pas me projeter »

Tout comme il faudra attendre pour savoir si l’Antiboise arrivera à suivre le rythme imposé par Beaugrand qui en est actuellement à 9’08’’54 sur 3 000 m, 16’07’’85 sur 5 000 m et 33’12 sur 10 km (record de France juniors et espoirs). « Ludovic ne veut jamais me dire les temps que je peux faire, avoue Zarbo. Avant mon 3 000 m, j’essaierais de lui soutirer des informations en lui demandant à quoi correspondaient mes temps en séances. Mais il ne préfère pas me dire de temps. De toute façon, je ne suis pas quelqu’un qui aime beaucoup me projeter dans le sport. »

La seule chose dont elle sûre c’est qu’elle voudrait défendre les couleurs de la France, elle qui a le choix en tant que Franco-Italienne, son père étant italien. Pour le reste, seul le temps nous dira si Alessia Zarbo peut suivre Cassandre Beaugrand, du moins en course à pied.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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