Agadir

Les sprinteurs français sont actuellement en stage à Agadir au Maroc.

 

Lieu d’entrainement de Pierre-Ambroise Bosse juste avant de décrocher son titre mondial l’été dernier, Agadir est devenue en quelques mois le nouveau lieu d’entrainement à la mode, qui, en ce début d’année, accueille le stage de l’équipe de France de sprint.

Sous l’ère Ghani Yalouz, c’est l’Afrique du Sud et son site imprononçable de Potchefstroom qui avait la cote avec des stages où toute l’équipe de France se retrouvait en début d’année pour préparer la saison. L’ère Patrice Gergès, le nouveau DTN de la FFA, sera peut-être celui d’Agadir.

Plus de 80 membres de l’équipe de France

En effet, la station balnéaire marocaine est devenue, depuis la saison dernière, une destination à la mode pour se préparer. Il faut dire que le coup de communication de Pierre-Ambroise Bosse a été inestimable, puisque le recordman de France du 800 m y a effectué un stage en juin dernier avant de décrocher le titre de champion du monde à Londres deux mois plus tard. « A la suite de la réussite de Pierre-Ambroise, j’ai été contacté par la Fédération française d’athlétisme au début du mois de novembre, explique Cyrille Poireaud, gérant de la société Agadir Elite Sport, qui gère l’organisation des stages à Agadir. Pour savoir si c’était possible d’organiser un stage Equipe de France à plus grande échelle. »

Deux mois plus tard, c’est plus de 80 membres de l’équipe de France (athlètes, entraineurs, staff) qui vont se retrouver au Maroc, puisque, en plus des sprinteurs et hurdleurs (dont Christophe Lemaitre, Jimmy Vicaut ou Pascal Martinot-Lagarde, entre autres) déjà sur place, les triple-sauteurs (Benjamin Compaoré, Jean-Marc Pontvianne, Jeanine Assani-Issouf, entre autres) vont se joindre au regroupement à partir du 7 janvier. Un vrai test pour le site qui pourrait concurrencer les traditionnelles destinations hivernales des Français comme Tenerif (Iles Canaries), Potchefstroom (Afrique du Sud) ou Monte Gordo (Portugal). « Au niveau du climat, on est sur des températures tempérées qui vont entre 14 degrés au plus froid et 30 degrés au plus chaud, actuellement il fait 25 degrés, explique Cyrille Poireaud qui est également le président de l’AC la Roche-sur-Yon. Ce climat est hyper porteur et les installations sont très intéressantes pour l’athlétisme. »

Un stade de 48 000 places

En effet, construit pour la CAN 2015 que le Maroc n’a finalement pas organisée, le stade de 48 000 places est doté d’une piste en Mondo et la salle de musculation flambant neuve comprend tout le confort qu’on peut demander à ce type d’équipement. « Le seul souci qu’ont ces installations, c’est qu’elles sont sous-exploitées, juge Poireaud. Il n’y a pas de club d’athlétisme résident et seul le football l’utilise. Mais c’est ce qui a plu à la FFA puisque, à la différence des autres destinations, ici il n’y a personne. »

Pas besoin donc de réserver son créneau horaire sur le stade perché sur les hauteurs d’Agadir. Et même si, de l’avis même des organisateurs, il manque un peu de matériels pour bien bosser et que les liaisons hôtel-stade et hôtel-salle de musculation prennent plus de temps que sur d’autres sites où tout est sur place, tout le monde semble satisfait. « On travaille avec les autorités marocaines pour créer à terme un centre spécifique pour recevoir tous les sports. »

Pas encore fait pour les demi-fondeurs

Cyclisme, golf, tennis mais également le demi-fond, puisque à ce jour, hormis pour des coureurs qui ne font pas beaucoup de bornes, comme Pierre-Ambroise Bosse , il est impossible de venir en stage à Agadir, à moins d’aimer courir sur la plage ou sur la caillasse. « On est en train de travailler pour créer un parcours spécifique pour le demi-fond et le fond, avance Poireaud. Il faut trouver des endroits arborés avec un sol souple. Car, hormis la plage à marée basse qui est assez agréable (6 km de long), pour le long c’est limite. »

Néanmoins, situé à moins de 4 heures d’avion de Paris et avec seulement son heure de décalage, la ville marocaine a de quoi séduire les responsables de la Fédération. D’ailleurs, du 12 au 14 janvier prochain, le président André Giraud, le DTN Patrick Gergès et le responsable de la performance Mehdi Baala, seront présents  sur le site. « Ils viennent prendre la température, lance Cyrille Poireaud. Il y a une nouvelle équipe en place, ils veulent changer de destination. »

En point de mire, peut-être une convention signée avec Agadir pour en faire un camp de base régulier de la FFA. Alors que pour Pierre-Ambroise Bosse, déjà revenu en novembre, le lieu n’a plus ses preuves à faire puisque le champion du monde du 800 m devrait y revenir avant les Championnats d’Europe de Berlin en août prochain.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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