Abderrazak Charik

Abderrazak Charik a réussi les minima sur 10 000 m pour les Championnats du monde juniors.

 

En réalisant les minima pour les Championnats du monde juniors lors des Championnats de France de 10 000 m, le Dunkerquois Abderrazak Charik est quasiment certain d’être du voyage en Pologne avec l’équipe de France en juillet prochain.

Les deux seuls juniors garçons au départ des Championnats de France de 10 000 m, les Nordistes Abderrazak Charik (Elan 59) et Pierre-Louis Detourbe (Artois Athlétisme) savaient qu’ils ne pourraient obtenir le titre dans leur catégorie (il faut au moins 6 juniors inscrits au départ pour décerner le titre). Mais l’enjeu était ailleurs, avec une qualification à décrocher pour les Championnats du monde juniors de Bydgoszcz (19-24 juillet 2016), sur une distance peu courue chez les jeunes.

Relâché pendant six kilomètres avant d’accélérer

Et Abderrazak Charik n’a pas manqué sa cible. Auteur de 30’25 en octobre dernier sur 10 km lors du match international juniors à Cremone (Italie), le protégé de Georges Moreau à Dunkerque se savait largement capable de courir en moins de 30’45 sur la piste. « J’avais déjà fait 30’25 sur route et on m’avait dit que sur piste je devais pouvoir aller plus vite, raconte le Dunkerquois. Mais je n’ai pas voulu prendre de risque. De toute façon, j’aime bien partir tranquillement, histoire de bien chauffer et de ne pas trop m’affoler. Et on m’avait prévenu de ne pas partir trop vite car c’était mon premier. Le but était de partir en-dedans puis de relancer. Je fais à peu près le même temps que sur route mais je sais que j’ai fait six kilomètres en étant bien relâché et en contrôlant. J’ai joué avec ma tête et pas avec mes jambes. »

Abderrazak Charik

Parti prudemment, le Nordiste Abderrazak Charik a accéléré dans les derniers tours.

 

Parti prudemment en queue d’un peloton lancé sur des bases de moins de 29’ au 10 000 m, « Zak », comme le surnomment ses amis, prenait rapidement son rythme de croisière sans se préoccuper de l’adversité. Longtemps en compagnie de Julien Devanne (Aix Athlé Provence), le Nordiste relançait dans les derniers tours pour venir échouer tout près de Mehdi Frère (Athlé Sud 77), premier espoir de la course en 30’17’’30. Finalement classé deuxième espoir (alors qu’il n’est encore que junior), Abderrazak Charik réalisait le niveau de performance requis pour les Mondiaux juniors en 30’22’’80. « Je suis très satisfait car c’était les mondiaux que je voulais. Je savais que j’avais les minima carrément dans les jambes. »

Tenter les minima sur 5 000 m

La seule inconnue résidait dans sa faculté à assimiler le travail effectué en stage à Monte Gordo (Portugal) avec ses collègues de l’équipe de France durant les deux semaines précédant l’événement. « J’ai bien géré la deuxième semaine de stage en ne doublant pas. Car on avait bien chargé la première semaine. Je me suis même massé deux fois par jour. »

Des précautions qui lui ont permis d’être l’un des premiers juniors à décrocher son ticket pour les Mondiaux. De quoi aborder la suite de la saison en toute confiance. « Je vais tenter quand même la qualification sur 5 000 m. Mais si j’ai la qualif sur les deux, je privilégierai le 10 000 m. Je me sens mieux sur cette distance. »

Entrer dans la vie active

Très affecté par sa onzième place aux derniers Championnats de France de cross alors qu’il aurait voulu jouer les premiers rôles jusqu’au bout, Abderrazak Charik a déjà rebondi, étant quasiment assuré d’une sélection en équipe de France pour un grand championnat. Une belle récompense pour un athlète qui a débuté l’athlétisme en 2012. « C’est ma quatrième année d’athlétisme. La première année, je ne faisais que 4’25 au 1 500 m (4’24’’33 en 2013). En cadets, j’étais à trois, quatre entrainements. Et je me suis dit qu’en juniors il fallait vraiment que je me donne et je suis passé à cinq entrainements. »

D’ailleurs, cet Algérien d’origine (il est arrivé à huit ans en France), aimerait trouver un compromis pour allier carrière sportive et vie professionnelle. « Quand je suis arrivé en France, j’ai eu des difficultés en classe. J’ai donc arrêté l’école en seconde car je préfère directement entrer dans la vie active. J’aimerais bien être animateur sportif avec des horaires aménagés où je pourrais vraiment m’entrainer plus sérieusement. »

Une participation aux Championnats du monde juniors devrait pouvoir lui apporter un éclairage susceptible d’attirer des employeurs. Même si en Pologne, face à l’armada des pays de l’Afrique de l’Est, il sera difficile de tirer son épingle du jeu. « Pour les Mondiaux, je ne pourrai pas jouer devant, mais je vise quand même le top 3 européen si c’est possible. »

Une projection vers les Mondiaux que lui seul peut se permettre à ce jour. Car pour connaître le nom des camarades qui le rejoindront, il faut encore attendre un peu.

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Journaliste professionnel. Fondateur et rédacteur en chef de Track and Life.

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